‹ Intérêt de la Réaction de Fixation du Complément pour le Diagnostic de l'Infection Grippale (Application à l'étude de deux épidémies)Chapitre 59 sur 69 · I. — DEROULEMENT CHRONOLOGIQUE DES EPIDEMIES. En · texte numérisé non relu

I. — DEROULEMENT CHRONOLOGIQUE DES EPIDEMIES. En

Une première poussée épidémique a sévi, du 9 au 20 janvier, dans deux unités militaires stationnées à Valence-sur-Rhône ; elle a donné 147 cas en 10 jours et s’est éteinte rapidement sans avoir comporté aucun cas grave; sur ce nombre de cas cliniques, la FDC a permis 22 confirmations sérologiques.

Une deuxième poussée a éclaté à partir du 19 janvier dans un camp militaire à Sathonay. Elle a comporté 144 cas sans forme sévère et s’est éteinte en deux semaines : 12 cas ont comporté une

sérologie confirmative.

Un troisième groupe comprenait des sujets de Lyon ou des environs immédiats, pour la plupart hospitalisés à l'Hôpital Militaire Des Genettes, ou appartenant à des collectivités militaires stationnées en divers points de Lyon : en raison de cette dispersion, on ne peut préciser l'ampleur exacte de la morbidité dans ce groupe qui est hétérogène, contrairement aux précédents, mais 82 sujets ont présenté une réaction positive, dont une du groupe B.

Sauf pour ce dernier cas, dans ces trois groupes de malades la réaction s'est montrée positive uniquement avec un antigène du groupe A. La réaction d’inhibition de l’hémagglutination mise en œuvre avec des sérums provenant de chacun des trois groupes a été positive pour le virus du type A’ (FM 1) ; de plus, une souche a été isolée, dont l'identification, commencée au laboratoire et complétée au Centre Mondial de la Grippe à Londres a confirmé quil s'agissait d’un virus du groupe A’ (FMI), sous-type Scandinavica.

En 1954 :

Nous n’avons assisté à aucune manifestation de la grippe dans la région lyonnaise et nous avons tout lieu de penser qu'elle a effectivement été absente pendant toute cette période; en effet, nous n'avons reçu, en un an, que 13 demandes de sérologies grippales pour des sujets suspects, dont un seul présenta une fixation faible, à un titre non significatif.

En 1955 :

Contrairement aux poussées de 1953 qui ont affecté un mode épidémique caractérisé, les manifestations de la grippe en 1955 ont été plus localisées, affectant plutôt le mode inter-pandémique, voire une allure sporadique dans certains cas. Chronologiquement, la marche du virus fut la suivante :

1. - Une vingtaine de sujets présentèrent des manifestations grippales dans une unité militaire de VÉNISSIEUx, du 31 janvier au 29 mars; 4 cas furent confirmés par un examen sérologique positif en présence d’un antigène du groupe A.

2. - Parallèlement, 17 cas étaient relevés dans une caserne de Lyon (Fort-Lamothe), dont 4 grippes du groupe À confirmées, entre le 31 janvier et le 2 mars.

3. - Puis 31 cas étaient relevés dans le camp militaire de Sa- THONAY, du 1” février au 31 mars, parmi lesquels 12 sujets montrèrent une réaction positive pour le virus À et 1 pour le virus B.

4. - Dans un autre camp militaire situé à 30 km. de Lxow, à La VALBONNE, 86 sujets payèrent le tribut à la grippe entre le 27 février ct le 31 mars : 8 sérologies positives avec le groupe A permirent d’étiqueter ces manifestations Fes LR RE

BD. à Ras

5. - Un cas, confirmé par la sérologie était relevé dans la caserne lyonnaise de La Parr-Dieu le 19 mars.

6. - De plus, l'Hôpital Militaire Des GENETTES admit dans ses services à partir du mois de février, outre les malades des corps cités dont l’état justifiait cette mesure, deux catégories de malades suspects de grippe :

a) La première comportait des sujets de la région lyonnaise ou de Lyox-même parmi lesquels on relève :

— 13 grippes À’ confirmées et 1 grippe B confirmée, contem-

poraines des cas sévissant dans les collectivités précédentes ;

— En outre, une grippe à virus du groupe À et 9 grippes à

virus B furent hospitalisées à une époque où les diverses flambées de la région étaient éteintes, le cas le plus tardif étant survenu le 13 juillet. |

b) La deuxième comportait des sujets évacués sur cet hôpital, de régions plus éloignées :

__ — 5 grippes à virus du groupe À et 2 grippes à virus B provenant d’une collectivité militaire de GRENOBLE, survenus en février et mars ;

— 1 grippe B évacuée de BourG-SaintT-MauricEe (Savoie) le

RD CaNTI :

— 1 grippe B provenant de Tour (Meurthe-et-Moselle) le 12

avril.

7. - Enfin, en mai et juin furent hospitalisés 3 sujets venant de La VarBonne, dont le sérum révéla des titres d'anticorps significatifs pour l’antigène du groupe B.

De tous ces cas furent isolées trois souches de virus qui, après mise en œuvre de méthodes complémentaires et confirmation par le Centre Mondial de Lonnres, se révélèrent, comme la souche isolée en 1953, du type A prime (FMI), sous-type Scandinavica.

Il, — APPORT DE LA REACTION A UNE ETUDE EPIDEMIOLOGIQUE.

L'étude épidémiologique des cas de grippe ayant éclaté en 1953 et 1955 dans des collectivité militaires homogènes nous a permis de vérifier la réalité des caractéristiques de la propagation de l’infection grippale et la variabilité de ses manifestations.

La façon dont l'enquête fut menée dans ces collectivitée appelle quelques remarques : Chaque fois qu’un médecin d'unité signalait l'incidence probable de la grippe dans l'infirmerie dont il avait la charge, il lui fut demandé de fournir, pour la période intéressée, le relevé sur le registre d’infirmerie du nombre de malades consultants pour affection des voies respiratoires supérieures. Mais l'étude des courbes de morbidité se montra d'analyse assez complexe pour les raisons suivantes :

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