Résumé des opérations de B, pour son inventaire
Doit COMPTE DB CANTAL. Avoir.
1,100 fr. Débit de ce compte au 31 décembre.
Crédit de ce compte au 31 décembre. 1,000 fir.
Perte sor ce compte, que B ne peut payer qu'au moyen d'un emprunta 1 00
1,100 fr. 1,100 fr.
Tous les autres travailleurs, se trouvant dans les mêmes conditions que B, leurs comptes présentent individuellement le même résultat. Pour l'intelligence du fait que j'ai voulu faire ressortir, savoir, le défaut d'équilibre dans la circulation générale, par suite de prélèvements du capital, il est donc inutile de reproduire cjiacun de ces comptes.
Le tableau qui précède, bien autrement instructif et démonstratif que celui de Quesnay, est l'image fidèle , présentée algébriquement, de l'économie actuelle de la société. C'est là qu'on peut se convaincre que le proie* tariat et la misère sont l'effet, non pas seulement de causes accidentelles, telles qu'inondation, guerre, épidémie; mais qu'ils résultent aussi d'une cause organique, inhérente à la constitution de la société.
Par la fiction de la productivité du capital, et par les
prérogoUroB sans nombre que s'atroge le moaopolêui^) il arrire toujours et nécessairement Tune de ces deux choses :
Ou bien c'est le monopoleur qui enlève au salarié partie de son capital social. B, G» D, E, F, G, H, 1, K, L, ont produit dans Tannée comme 10, et ils n'ont consommé que comme 9. En autres termes, le capitaliste a mangé un travailleur. — En outre, par la capitalisation de Tintéréty là position des travailleurs s'aggrave chaque année de plus en plus; de telle sorte qu'en poussant la démonstration jusqu'au bout ,\ on arrive, vers la septième année, à trouver que tout l'apport primitif des travailleurs est passé, à titre d'intérêts et de bénéfices, entre les mains du propriétaire-capitaliste- entrepreneur, ce qui signifie que les travailleurs salariés, s'ils voulaient payer leurs dettes, devraient travailler chaque septième année pour rien.
Ou bien, c'est le travailleur qui, ne pouvant donner de son produit que le prix qu'il en a lui-même reçu, pOusSe le monopoleur à ta baisse » et par conséquent le met à découvert de tout le montant des intérêts, loyers et bénéfices dont l'exercice de la propriété lui ftisait un droit et une nécessité.
On est donc amené à reconnaître que le crédit, dans le système de l'intérêt, a pour résultat inévitable la spoliation du travailleur, et pour correctif non moins inévitable la banqueroute de Tentrepreneur, la ruine du capitaliste propriétaire. L'intérêt est comme une épée à deux tranchants : de quelque côté qu'il frappe, 11 tue.
Je viens de vous montrer comment les choses se passent dans le régime de Tintérêt. Voyons maintenant comment elles se passeraient sous le régime de la gratuité.