LEP
suffisante pour fixer les limites d’extension de la lésion du plancher.
OBsEervaTION VI (D' M. Racer)
Le Docteur K..., dont l’histoire de la maladie remonte à l’hiver 1939, nous est adressé par un confrère stomatologiste.
À ce moment on note l’apparition d’algies sourdes, continues, dans la région de la 2° prémolaire supérieure droite, algies qui ne cèdent pas au traitement de la dent, cette dernière devant être extraite par la suite.
En 1941, à l’occasion du traitement des dents voisines en vue de la construction d’un bridge, notre confrère remarque une petite fistule buccosinusale discrète.
La radiographie dentaire révèle alors une zone douteuse du plancher s'étendant de la 1" prémolaire à la dent de six ans gauches. La radiographie des sinus antérieurs montre une zone suspecte, mais encore très imprécise.
Nous décidons alors d'intervenir et le 3 juillet dernier nous pratiquons une incision haute dans le sillon vestibulaire, incision qui nous permet d’avoir une vue assez étendue du plancher. Nous
constatons alors l'existence d’une granulomatose avec ostéite du plancher, s'étendant de la région apicale de la première prémolaire à la région apicale des racines de la dent de 6 ans.
Après un curettage limité et ayant pris soin la veille de faire obturer les canaux avec une pâte définitive, nous pratiquons les résections apicales nécessaires dans le sinus, et nous faisons ensuite une plastique d’obturation au niveau de l’alvéole de la deuxième prémolaire causale.
Après cette intervention, notre confrère stomatologiste a pu édifier un bridge sur les deux dents qui ont subi la résection apicale.
Une radiographie extra-buccale de contrôle, pratiquée depuis, nous a permis de constater que les planchers des sinus sont symétriquement nets, et l’examen clinique nous a permis d’affirmer qu'il n'existe plus de communication buccd-sinusale.
Voici donc deux cas où la radiographie strictement dentaire a nettement permis de trancher un diagnostic.
CONCLUSIONS ee
Par ce travail nous avons essayé de montrer combien il est difficile d'interpréter radiologiquement les lésions du plancher du sinus maxillaire.
I — La radiographie dentaire ne permet pas toujours de déceler des lésions ayant un rapport direct entre les dents causales et le plancher du sinus; ou si elle nous permet d’entrevoir une lésion de l’os, elle ne nous renseigne pas suffisamment sur son extension dans le plancher.
IL — La radiographie plane des sinus de la face peut donner des images de lésions inexistantes, et ceci par le simple jeu des superpositions osseuses de la base du crâne. (Les radiographies n* 4, 5 et 6 que le Docteur Marcel RACHET nous a communiquées peuvent nous convaincre.)
III. — Nous souhaitons que la radiographie stéréoscopique en se perfectionnant et en se généralisant vienne bientôt combler une lacune incontestable, et qu’elle permette de repérer efficacement ces petites lésions pathologiques du plancher, qui restent encore indécelables sur les clichés.
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Peut-être ne sommes-nous pas si loin du jour où nous pourrons repérer radiologiquement au plancher du sinus ces petites lésions, que le Docteur CHaussé, grâce à son centreur radiostéréographique, expérimenté dans le service de M. le Professeur LEMAITRE à Lariboisière, a réussi à déceler, avec une richesse de détails pleins de finesse, dans la région otique.
IV. — La fistule bucco-sinusale n’est pas visible sur la radiographie, on ne peut en suivre le trajet que si un témoin métallique la cathétérise.
V. — N’attendons pas tout de la radiographie : pour nous permettre de poser un diagnostic. L’interrogatoire et l’examen du malade ont une importance primordiale, et les conclusions que l’on peut en tirer pourront quelquefois suppléer à l’interprétation déficiente d’un seul cliché. Telle notre observation de ce spécifique, blanchi depuis plusieurs années et dont la fistule bueco-sinusale continue à suppurer malgré le traitement local. Le terrain semble avoir une influence prépondérante sur l’évolution d’une ostéite chronique du plancher.
L’oto-rhino-laryngologiste n'est appelé à la dépister que quand elle constitue une lésion du sinus, mais l’odonto-stomatologiste doit le préciser dans cette voie, au stade où la lésion étiologique est encore stomatologiquement curable.
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À cette fin, nous devons pratiquer systématiquement la radiographie de toutes les dents antrales à traiter. Cette méthode préventive nous instruira de l’existence de toutes ces petites lésions inflammatoires chroniques qui constituent le point de départ de la plupart des sinusites d’origine dentaire, quand elles sont méconnues et négligées.
Si le malade n’a pas subi cette surveillance prophylactique, et si la radiographie révèle une zone douteuse du plancher, il ne faut pas hésiter à recourir à toutes les épreuves radiologiques en usage dans les deux spécialités : dentaire et rhinologique, et prévoir par un examen clinique approfondi les conséquences de l’intervention dentaire dans le domaine sinusal. Cette notion des difficultés et des pièges que présente l’interprétation des radiographies du plancher du sinus doit fatalement conduire à la collaboration étroite de l’odonto-stomatologiste et du rhinologiste dans l’intérêt du malade.
Vu, Le Doyen : Vu, Le Président :
BAUDOUIN. VELTER.
Vu ET PERMIS D’IMPRIMER, Le Recteur de l’Académie de Paris :