‹ Intoxication Du Mouton Par Les Feuilles De BetteravesChapitre 9 sur 14 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE

La prophylaxie est très simple : elle est basée sur les circonstances de l'accident.

Premier repas trop abondant. Donc il faut accoutumer

peu à peu les moutons aux fanes de betteraves.

D'ailleurs, si la progression est établie judicieusement, les moutons peuvent paître sans aucun danger toute la jour-

née dans les fanes.

ETIOLOGIE

Dès le prime abord nous avions été frappé par la similitude que l’on peut trouver entre l'intoxication du mouton et la fourbure d’origine toxique du cheval, et nous avons

tenté un rapprochement.

Du point de vue étiologique, quelques points peuvent paraître communs : aliments en excès, aliments nouveaux, aliments auxquels l’animal n'est pas habitué ; cependant, l'élément qui paraît le plus important chez le cheval : excès d'éléments azotés, n'existe pas chez le mouton. En effet, il ne semble pas que les fanes de betteraves doivent contenir beaucoup d'éléments azotés. C’est surtout du point de vue symptomatologique que le rapprochement est le plus frappant. Le cheval qui s’est « bourré » de grains présente dans l’évolution de la fourbure les deux phases que nous avons pu remarquer sur les moutons intoxiqués ; d’abord indigestion, puis phénomènes de fourbure. Enfin l'allure curieu-

se du mouton : marche en talons des postérieurs, est tout à

fait l'allure d'un cheval foürbu. Au éouïs dés autopsies, nous n'avons pu remarquer sur le moutôn des lésions anälogues à celles du cheval: D'autre part, si dans là fourburé du cheval on trouve à l’autopsie très souvent des lésions dé

myocardite, jàmäis on ne trouve cette lésion sur le mouton.

Ce que nous venons de voir n’est qu'un simple rapprochement qu’il nous a paru intéressant dé faire, he serait-cé que pour bien fixer dans l'esprit l'allure spéciale dé l'intoxiqué, allure du cheval foürbu.

Quelqués auteurs ont pu remarquer quelques accidents à la suite d'alimentation avec là bétterave chez différents

animaux.

NEUFELD a constaté sur des chevaux des accidents produits par des feuillés de betteraves sucrières, celles-ci étaient fermentées, d'aspect brunâtre, gluantes et d’odeur désagréable ; d'autre part, les accidents se traduisent par des troubles paralytiques de la préhension et de la déglutition: On le voit, rien dé comparable äux accidents que nous

venons de sighalér.

PivgreAu (Em., M. et R.) ünt reläté des accidents causés

pär des aliments cuits à bäse de betterave sur les pores.

Ces äliments (feuilles et tubercules) ne sont dangereux

que quelques heures après la cuisson ; ils incriminent une

fermentation déclanchée par le chauffage et persistant pendant le refroidissement. Ils remarquent enfin que les ali-

ments donnés crus ne produisent aucun accident.

Boucuer (A. et V.) signalent des accidents produits par la betterave sucrière, troubles qu'ils attribuent à la fermentation alccolique des sucres dans le rumen, ils pensent d’ailleurs qu'il s'agit autant d'intoxication par l'alcool que par le sucre en excès dans les betteraves. BEDEL à d’ailleurs signalé des accidents analogues sur des bovins ayant consommé des poires et des pommes müres quand ces fruits ont été conservés entassés et qu'ils deviennent un peu échauffés. Nous aurions pu penser à une intoxication de ce genre si la physiologie végétale n’enseignait qu’au moment de la récolte de bettraves tout le sucre des feuilles a émigré dans les tubercules, le peu qui y reste ne semblant pas capable

de provoquer des accidents par fermentation alcoolique.

L'idée d'incidents d’origine botulinique avait été écartée ; les feuilles et collets de betteraves sont coupés depuis

peu et laissés en plein air.

CARRÉ avait constaté des accidents sur des troupeaux de moutons ayant pâturé dans des fanes de betteraves : il avait incriminé certaines moisissures se développant sur les collets. Il a cultivé ces moisissures, et a fait absorber des litres de culture à des moutons témoins : ceux-ci n'ont présenté

aucun trouble (*).

(F) Travaux inédits.

PDO ES

Reprenant des travaux antérieurs sur l’action anticoagulante des feuilles de betteraves sur le sang des animaux recevant de ces aliments, travaux de Caspari: montrant que l'acide oxalique mis en cause dans ce phénomène de lenteur de coagulation a surtout une action toxique, travaux de Künwrz et Von Narausius montrant que chez les moutons la décomposition de cet acide est rapide dans le rumen sous l'action de fermentations, CARIENS arrive aux conclusions

suivantes :

1° les feuilles de betteraves contiennent un taux très

élevé d'acide oxalique : 8 gr. pour 1.000 de feuilles ;

2° l'urine, chez les bovidés nourris de ces feuilles, contient 22 mmegr. d'acide oxalique par litre au lieu de 11 mmgr.

avec la nourriture ordinaire ;

3° Ja coagulation du sang est très retardée, dix à vingt

minutes au lieu de trois à six.

Peut-être peut-on incriminer l'acide oxalique ? En effet, on peut considérer malgré les travaux de Küxrz et de Vox Narausius que l'acide oxalique n'est pas décomposé complètement dans le rumen car le mouton mange avec une telle avidité que probablement la partie importante du repas passe sans grande digestion dans l'intestin. Ainsi pourrionsnous expliquer la néphrite constatée à l’autopsie ; le rein qui na pas été accoutumé à éliminer une telle quantité

d'acide oxalique pur ou sous forme d'oxalates s’irriterait au

point détre atteint de dégénérescence. Enfin, le foie serait lui-même attaqué en voulant transformer cet excès d’acide oxalique.

Enfin il nous a paru curieux de comparer la pathogénésie homéopathique de l'acide oxalique et des troubles constatés

dans l’intoxication par les fanes.

Acide wxalique : cyanose, refroidissement, engourdissement des membres inférieurs, impossibilité presque absolue de se mouvoir. Tous symptômes que l’on retrouve dans lintoxication, sauf la cyanose que nous n’avons pas remar-

quée,

En définitive, il paraît v avoir dans cette intoxication

deux éléments :

Le premier, qui produirait des phénomènes de pseudofourbure, élément qui correspond à l'intoxication par la grande masse de matières nutritives arrivant d’un seul

coup.

Le second, différent : principe propre aux betteraves,

passant par le lait, qui parachève le rôle du premier (O. TV.

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