PRIE TES
Chlorure de sodium : 0 gr. 98 par vingt-quatre heures. 4
Acide phosphorique: 1 gr. 17 par vingt-quatre heure
Urée : 12 gr. 12 par vingt-quatre heures (diminution de l’urée).
Azote urique : 1.727 centimètres cubes :
Azote totale : 2.086 centimètres cubes.
Rapport azoturique : 85/100 (abaissement du rapport azoturique).
Albumine : faible quantité.
Sucre: néant.
Pigments biliaires : notable quantité.
Indican: forte proportion.
Skatol: petite quantité.
Plomb: très faible proportion.
AUTOPSIE. — Îl était très intéressant de connaître les effets produits par le plomb sur l'organisme dans l'intoxication aiguë, ou plutôt de contrôler si les lésions étaient bien les mêmes que celles occasionnées par les sels de plomb.
L’autopsie a été faite dans les conditions suivantes :
Le matin à 8 heures, nous lui avons fait prendre 00 grammes de plomb de chasse n°12; au bout d'une heure, c’est-à-dire en pleine digestion, nous l'avons abattu.
Examen de l'estomac. — Après avoir incisé l'estomac suivant son axe, nous avons prélevé les matières en voie de digestion. Jetées sur un filtre, nous avons examiné
le suc gastrique.
Le filtratum était acide. Il ne nous a pas donné la coloration jaune avec le réactif de Uffelmann, c’est-à-dire qu'il n’y avait pas d’acide lactique libre. Le violet de méthyle et le réactif de Günzburg nous ont permis de constater l’absence d’acide chlorhydrique libre.
Nous avons obtenu avec le filtratum les réactions des sels de plomb.
Les grains de plomb avaient perdu leur brillant ; les uns étaient d’un noir mat, les autres avaient un aspect blanchâtre dû sans doute à une petite pellicule de chlorure de plomb ou d’albuminate de plomb.
Les lésions inflammatoires étaient caractéristiques. La portion de l’estomac voisine du cardia, ne présentait qu une légère teinte rosée.
La région de beaucoup la plus enflammée était la région pylorique ; ce que nous expliquons par le fait que c’est la partie la plus déclive où se réunissent presque toujours les grains de plomb. C'est d’ailleurs dans les replis de cette région que nous avons retrouvé à peu près tout le plomb ingéré une heure avant.
Cette inflammation consistait en congestion de la muqueuse, mais sans ulcérations.
Examen de l'intestin. — L'intestin présentait des lésions inflammatoires très nettes. La muqueuse était parsemée de suffusions sanguines nombreuses. Tous les 3 ou 4 centimètres on apercevait de petites plaques d’un rouge violacé ayant en moyenne 3 à 5 millimètres de diamètre, ce qui donnait à cette face un aspect marbré.
La portion du tube digestif voisine du pylore nous a paru la plus touchée.
Notre attention s’est portée particulièrement sur le gros intestin, puisque ce serait, selon Orfila, cette portion du tube digestif qui présenteraitle maximum deslésions. Dans notre Cas, nous devons avouer qu’au contraire, sauf deux ou trois plaques de congestion, très petites, le gros intestin ne présentait aucune lésion de quelque nature que ce soit.
Jusqu'au niveau de VS du colon, le gros intestin ainsi que l'intestin grêle étaient vides, ou plutôt ne contenaient que quelques matières mélangées à beaucoup de bile d’un jaune clair; mais à ce niveau nous avons rencontré un grand nombre de grains de plomb, et les matières subitement étaient devenues noires. Quant aux grains de plomb ils étaient ternes et très noirs, ce qui s’explique par la présence de l’acide sulfhydrique dans l'intestin.
Examen des poumons. — Le lobe moyen du poumon droit présente sur la face interne trois taches brun noirâtre de la largeur d’une pièce de cinquante centimes ayant l'apparence d’un caillot de sang.
Le lobe supérieur et le lobe inférieur ne présentent rien d’anormal.
Les deux lobes du poumon gauche présentent sur la face externe ou costale un certain nombre de taches ecchymotiques noir violacé, les unes de quelques millimètres de diamètre, les autres comme des pièces de cinquante centimes à un franc.
La face interne de ces deux lobes est normale, c'est-à-dire de coloration rosée et uniforme.
En faisant une incision dans le parenchyme pulmonaire au niveau des taches, on constate que la partie sousjacente présente le même aspect ecchymotique alors que