‹ Intoxication par le plomb métalliqueChapitre 19 sur 47 · PEN · texte numérisé non relu

PEN

fait prendre 10 grammes de plomb comme précédem-

ment.

é Température : 38°.

Inspirations : 9.

Pulsations : 80.

Poids : 10 kilogs. à Samedi 15. — Avec le même artifice nous avons pu

lui faire absorber 10 grammes de plomb.

Très abattu. Diarrhée dans la journée. Matières noires.

Température : 38°4.

Pulsations : 110.

Inspirations : 16.

Poids : 19 kilog.

Dimanche 16. — Il à pu prendre encore 10 grammes de plomb à son premier repas. Toujours abattu. Diarrhée dans la Journée.

Inspirations : 18.

Poids : 18 kilogs.

Il est à remarquer que le chien a perdu 6 kilogs c’est-àdire le quart de son poids en quelques jours.

Lundi 17. — Le matin à 8 heures on lui a donné 10 grammes de plomb.

Chose curieuse, il était moins abattu et moins triste que les jours précédents. Il est sorti de sa niche dans la journée, a commencé à être caressant et a mangé le soir avec appétit. Nous ne pouvons expliquer cette amélioration, apparente ainsi que nous allons le voir.

Rec

Température : 383.

Pulsations : 100.

| Inspirations : 15.

Poids : 17 kil. 300.

Mardi 18. — Le matin à 8 heures 1/2 le chien parait aller mieux. [Il est doux et caressant. On lui donne une clernière dose de plomb qu'il prend très bien sans manifester le moindre symptôme douloureux ou nerveux.

Nous devons toutefois signaler une certaine hypéresthé sie cutanée de la région dorsale (l’hyperesthésie est un fait connu chez les saturnins) car à chaque contact de la main, 1l pousse un cri occasionné sans doute par de la douleur.

À peineavait-il] fini de manger, tout d'un coup, comme poussé par un ressort il se précipite dans sa niche en aboyant.

I se jette à droite et à gauche, il tourne sur lui-même puis reste dans le calme quelques minutes, et recommence. Il est halluciné ; 1l regarde autour de lui et le poil hérissé il s'élance comme sur un agresseur.

Les yeux ternes et tristes dans les moments d’accalmie, s'irritent et s’illuminent pendant l'accès. Quand on lui parle il semble ne pas entendre. Il ne reconnait plus ceux qui lui portent sa nourriture.

Vers neuf heures et quart, ces accès se rapprochent et sont plus forts.

Il s’élance furieux et brise sa chaine de fer: C’est dans cet état de liberté qu'il nous a été permis d'assister à des scènes réellement curieuses d'accès nerveux, que l’on pour-

rait rapprocher des accès tétaniques par les contractions

ae rÈRe.

musculaires, mais qui en différent par certains points, ainsi que nous le verrons.

Il va et revient sur lui-même en courant ; renverse les objets qui se trouvent sur son passage comme s'il ne les voyait pas, puis se jette contre les murs comme pour les escalader.

Vers neuf heures et demie, c’est-à-dire une heure seulement après le début de son accès, nous constatons un tremblement des membres antérieurs et postérieurs, mais surtout de ces derniers. Ce tremblement n’a duré que quelques minutes.

Subitement, la démarche est devenue chancelante, les jambes fléchissent et il tombe comme une masse en faisant des mouvements désordonnés. Il essaye de se relever, fait quelques mètres puis retombe.

La paralysie des quatre membres est manifeste, mais elle paraît intéresser particulièrement les membres postérieurs.

De temps en temps, il rentre dans un calme relatif. Alors la tête se renverse en arrière en faisant un angle de 90° à 100° avec la position normale, les jambes se raidissent, les mächoires se contractent en laissant passer une certaine quantité d'écume.

Au bout d’un instant, une détente se produit et les contractions tétaniques font place à des accès Lonvulsifs.

La série de ces accès alternativement ténatiques et convulsifs à duré environ une heure et demie.

Le chien est alors rentré dans une espèce de coma ou plutôt de résolution musculaire. Presque inerte, les membres flasques, il est encore sous le coup d’hallucinations qui le font aboyer de temps en temps.

La respiration, par moment semble suspendue, puis elle reprend péniblement pour devenir extrêmement rapide.

Nous avons compté jusqu’à 250 inspirations par minute tandis qu'à l’état normal nous en comptions 15 en moyenne.

Vomissements bilieux. Diarrhée fétide et sanguinolente.

Nous avons vivement regretté, en raison du danger, de ne pouvoir prendre sa température pendant les accès. Nous savons, en effet, que pendant les accès tétaniques, on observe généralement des températures très élevées de 40, 42 et même 44°. On sait aussi que dans l’hydrophibie, le délire furieux et les hallucinations se présentent sous forme d'accès pendant lesquels la température s'élève au-dessus de 40°.

Quand le calme s’est produit et que nous avons pu l’approcher, nous avons trouvé les chiffres suivants :

Température rectale : 33,5.

Pulsations : 80.

Inspiraätions : 14.

N.-B. — Nous avons pris cette température deux fois avec deux thermomètres différents, tant elle nous paraissait invraisemblable. |

. Enfin il ne bouge plus; les inspirations sont rares, à peine visibles. Il meurt à 4 heures du soir, soit 7 heures après son premier accès.

AUTOPSIE. — Elle a été faite immédiatement après la mort,

= (Or —

Estomac. — Comme dans l’autopsie précédente il à été facile de constater l’hyperhémie de la muqueuse. Les parties voisines du cardia étaient blanchâtres et n’étaient pas touchées. La grande courbure présentait au contraire des plaques lie de vin.

C'est la région pylorique qui offrait le maximum des lésions inflammatoires, probablement comme nous l’avons dit, au sujet de notre premier chien, en raison du plus long contact du plomb avec la muqueuse.

Nous n'avons pas examiné le suc gastrique parce qu'il était mélangé d’une forte proportion de bile passée dans l'estomac à la faveur des vomissements que nous avons signalés quelques heures avant la mort.

Examen de l'intestin. — Il est enflammé sur toute sa longueur, mais la portion qui fait suite au pylore est certainement la plus atteinte.

[ei les lésions ne sont plus superficielles, elles sont représentées par ulcérations tellement nombreuses qu’elles se touchent presque.

Leur surface est recouverte de sang.

Le reste de l'intestin grêle est également atteint, mais cette inflammation diminue d'intensité à mesure que l’on s'approche du gros intestin.

Subitement au niveau de l’appendice illéo-cœcal les lésions deviennent plus nombreuses et plus profondes. La muqueuse du gros intestin sur une longueur d'environ 20 à 30 centimètres est recouverte de sang adhèrant aux plaques ulcérées sous-jacentes.

Ces ulcérations nous expliquent les selles sanguinolentes que le chien a rendues avant de mourir.

sir ee

Examen du poumon. — Les deux lobes du poumon gauche sont également atteints. Le lobe supérieur ne présente aucune lésion ; le lobe inférieur présente, sur sa face interne, cinq ou six taches livides de la largeur d’une lentille.

.Le poumon droit est beaucoup plus atteint que le poumon gauche. Ses trois lobes offrent des lésions, mais c’est surtout le lobe inférieur qui a le plus souffert. On voit sur la face interne plusieurs plaques noires larges comme des pièces de 20 centimes.

Foie:Il ne présente rien de particulier. Il pèse 450 grammes.

Rein : Rien à signaler. Poids : 90 grammes.

Rate : Elle est dure. Poids : 42 grammes. Elle a attiré notre attention.

Toute sa surface était couverte de plaques faisant relief, presque noires ; les unes de 2 à 3 millimètres de diamètre, les autres de 5 à 8 millimètres.

En incisant le parenchyme au niveau des taches nous avons constaté, sur une profondeur d’un demi centimètre, la même teinte noire ; l’ensemble figurant un caillot de sang.

Nous n'avons trouvé, chez aucun auteur cette lésion signalée.

Cœur: Il était très mou.

Cerveau : Grisâtre et de consistance anormale. Ferme, résistant et comme élastique. Nous avons trouvé une infiltration séreuse de la pie-mère.

Le liquide y était en petite quantité, de couleur

roussâtre.

Page 1