II. Insecta aquatica
Pedata : Tiinila , Tinea , Pidex.
Apoda : Fermis , Hippocampus , Ui^a marina , Stella marina, Nereis, Asterias.
Ce système , tout imparfait et artificiel qu'il était , a régné pendant assez long-temps, et a été reproduit entre autres par Jonston , dont l'ouvrage n'est qu'une combinaison de celui d'Aldrovande et de Mouflet (1).
Les écrits d'Aldrovande contribuèrent néanmoins puissamment à propager le goût de l'entomologie , et augmenter par conséquent le nombre des entomologistes. Presqu'à la même époque où parut l'ouvrage
(I) J. Jonsloni historiœ naluralis de Insectis , hbiitres. Amstelodami, i633 et 16^7.
632 HISTOIRE DE l'ENTOMOLOGIE.
ci-dessus de Jonston , Hœfnagel, peintre impérial de la cour de Vienne , publiait de belles planches représentant des Insectes , et aujourd'hui presque introuvables (1). Quelques années plus tard, l'ouvrage de Marcgrave et Pison , sur le Brésil , publié par Laet (2), faisait connaître quelques espèces du Brésil qui y sont figurées d'une façon assez remarquable. C'est le premier travail où il soit question d'espèces exotiques.
L'entomologie eût été néanmoins condamnée à une enfance éternelle , vu la petitesse des êtres dont elle s'occupe , sans un instrument qui avait manqué aux anciens , et qui est devenu un puissant moyen de dé- «^ouverte entre les mains des modernes. Le microscope *xt inventé vers la fin de la période actuelle ( 1620) , par Dobbel et Janssen. Mais cette invention ne porta ses fruits que dans la période suivante, surtout après que cet instrument eut été perfectionné en 1660 par Hooke.
§ in. Depuis le milieu du 17* siècle jusqu'en 1735. Période de Swammerdam.
Jusqu'à l'époque où nous arrivons, l'entomologie n'avait pour ainsi dire fait aucun progrès. On s'était contenté de répéter ce que les anciens avaient dit à ce sujet en y ajoutant fort peu de chose. La période actuelle est caractérisée par un esprit tout opposé. L'observation remporte sur l'érudition ; l'anatomie , l'étude des mœurs , et la classification , marchent d'un
(i) Diverses Insectorum volatilium icônes ad vivumdepiclce, Francof. Ad. M. i63o.
(a) Hisloria rerum naturalium Brasiliœ , libri VIII. Lugduni- Batavorum, 1648.
pas à peu près égal, et en peu d'années la science chano-e entièrement de face.
J. Gœdart ouvre cette période par son Traité sur les métamorphoses des Insectes (1), notamment celles des Lépidoptères, qu'il avait passé quarante années de sa vie à observer, ainsi qu'il nous l'apprend dans cet ouvrage. Ce travail, écrit dans un style naïf, a été trop surpassé pour être encore utile aujourd'hui.
Malpighi, peu d'années après, fit paraître le premier traité sur l'anatomie interne des Insectes , qui fut imprimé en 1669 , par les soins de la Société royale de Londres , dont il était membre (2). L'Insecte qui en fait l'objet est le Bombyx du mûrier à l'état de Chenille. Il découvrit le vaisseau dorsal , et le regarda comme un organe circulatoire , auquel il appliqua , sans difficulté , le nom de cœur , opinion que Latreille traitait encore , il y a peu d^innées , d'erreur capitale , et dont la vérité est aujourd'hui démontrée. Malpighi décrivit aussi les organes respiratoires, le canal intestinal, la poche copulatrice , à laquelle il n'assigna pas ses véritables fonctions , et quelquesunes des parties externes. Ses figures ont peut-être l'inconvénient de représenter les objets trop grossis.
Ce premier pas fut suivi bientôt d'un autre plus grand. La génération spontanée admise par Aristote , et toute l'antiquité pour la presque totalité des Insectes, régnait encore sans contestation. Harvey seulement venait de l'ébranler , en posant comme un axiome que tous les animaux , sans exception , naissent de parens
(i) Metamorphosis et historia nattiralis Insectoriim, etc. Medioburgi, 1662.
(2) JDissertatio tpittolica de Bombyce, in-4- Londini, l66g,
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semblables à eux (1); mais la preuve directe manquait encore pour ce qui concerne les Insectes. Redi la donna au moyen d'expériences ingénieuses , par lesquelles il montra que la viande , qui se remplit de vers lorsqu'on la laisse se décomposer à l'air libre , n'en présente aucun quand on la renferme dans un vase hermétiquement fermé. La génération équivoque de ces animaux disparut alors de la science; cependant elle a toujours conservé et conserve encore des partisans pour certaines espèces inférieures.
Ces découvertes , malgré leur importance , ne peuvent être comparées aux travaux de Swammerdam , qui doit passer pour le véritable créateur de l'anatomie entomologique. JNé en 1637, à Amsterdam, où il mourut en 1680 , une passion , pour ainsi dire invincible , le porta de bonne heure à étudier l'organisation interne des Insectes, leurs métamorphoses et leurs mœurs. Il s'y abondonna avec un zèle qui lui fit négliger les soins de sa fortune et abrégea même sa vie. Il ne parut néanmoins de son vivant que la plus minime partie de ses travaux (2); à sa mort, ses manuscrits, qu'il avait légués au célèbre Thévenot, passèrent en France , et , au décès de ce dernier , dans les mains de Duverney, de qui l'illustre Boerbave les racheta en 1729. Après les avoir mis en ordre , il les publia en 1737 et 1738 , sous le titre de Bihlia naturœ , avec une traduction latine en regard du texte hollandais , faite par Gaubius , pro-
(i) Exercitatioiies de genei-atione animalium , Amstelodami, l65l, exercit., 2«.
(2) Histoire générale de* Insectes ( en hollandais ). ln-4- Utreclit, 1669. Il en existe une traduction française imprimée dans la même ville en 1682, et plusieurs latines- — Histoire de l'Ephémère (en hollandais). In-8. Amsterdam, 1676.
HISTOIRE DE l'eNTOMOLOGIE. 635
fesseur à Leyde. Cet ouvrage admirable est encore indispensable aujourd'hui à quiconque veut connaître l'anatomie des Insectes. Un des principaux mérites de Swammerdam est d'avoir introduit la considération des métamorphoses dans la classification. Combinée avec les caractères tirés de ITnsccte parfait, elle seule peut conduire à un arrangement naturel de la classe , et on y revient aujourd'hui après l'avoir négligée pendant longtemps. La classification de Swammerdam peut être exposée en peu de mots de la manière suivante :
I. Point de métamorphoses. L'animal change de peau , mais garde sa première forme. Araignées , Poux , Myriapodes.
IL Des métamorjyhoses .
a. Incomplètes, L'animal est agile pendant toute sa vie : d'abord il est sans ailes ; il en acquiert des rudimens pendant l'état de nymphe , et d'entières sous sa dernière forme. Névropteres , Orthopteres et Hémiptères .
b. Complètes. L'animal est immobile pendant l'état de nymphe , mais il a des membres. Hyménoptères .^ Coléoptères , Lépidoptères.
c. Resserrée. L'animal à l'état de nymphe n'a ni mouvement ni membres distincts. Diptères.
Ce n'était encore là qu'une ébauche de classification, attendu que les ordres compris sous ces quatre divisions n'étaient pas même indiqués pour la plupart. Swammerdam, par exemple, ne distinguait pas entre eux les JNévroptères , Orthoptères et Hémiptères, compris dans la seconde. Eu 1705 , Ray , l'un des plus grands naturalistes que l'Angleterre ait produits, pu-
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blia un système entomologique (1) , fondé , comme le précédent , sur les métamorphoses, et qu'il avait composé en partie avec son ami Willughby. Il y confond avec les Insectes , suivant Tusage du temps , une foule d'autres animaux invertébrés de toutes les classes , et ses divisions sont extrêmement nombreuses. Voici un abrégé de ce système compliqué :