XIII. Antlata
Un simple coup d'œil sufïit pour révéler combiep peu sont naturels la plupart de ces groupes primaires. Les Insectes les plus voisins sont souvent placés à d'immenses distances les uns des autres , tandis que d'autres , qui n'ont presque rien de commun, se trouvent rapprochés dans le même groupe. Ainsi la Puce se trouve plsçép s^ye,ç Jies Iîéraipt|ère§ dapà l.e«
lîyngota, quoiqu'elle subisse une métamorphose complète , et que ses organes buccaux soient tous difïérens. La classe des Antliata est encore plus hétérogène , les Poux s'y trouvant associés aux Arachnides et aux Diptères. Le caractère assigné aux Eleutherata convient également aux Piezata et à plusieurs autres classes. Ceux assignés à ces mêmes Piezata , aux Odonata et aux Sjnistata ne conviennent qu'à quelques-uns des genres compris dans ces diverses classes , ou même à aucun d'eux. Ces rapprochemens contraires à la nature étaient inévitables dans une classification où toute considération étrangère à un seul ordre d'organes était complètement bannie. Fabricius , du reste , ne se faisait pas illusion à cet égard ; il était un des plus déclarés partisans de l'unité dans le choix des caractères, et il comparait au chaos la méthode naturelle qui prend les siens dans tous les organes. La méthode, selon lui , devait être artificielle pour ce qui concerne les classes et les ordres , et naturelle pour ce qui regarde les genres, les espèces et les variétés (1). Aussi est-ce principalement dans l'établissement de ces groupes secondaires qu'il se montre supérieur. Les genres nombreux qu'il a créés ont tous été adoptés , quoique la plupart aient eu besoin d'être subdivisés depuis , et qu'ils soient comme les classes très - difficiles à déterminer d'après les caractères tirés des organes de la bouche qu'il leur assigne. Comme ces organes ne lui fournissaient pas toujours des différences assez sensibles, souvent il plaçait très-loin l'un de l'autre
(i) Dispositio Insectorum sistit divisiones seu conjunctiones eorum et est artificialis quas cla'sses et ordines , et naturalis quae gênera, species et varietates docet,,\Philos. entom. VI, §2.
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tloux genres voisins, aiJn de les faire paraître plu3 dissemblables qu'ils ne l'étaient en réalité. Nul cntomo* logistc n'a mieux imité la concision et le tour senten^ cieux dû style linnéen, ainsi qu'on le voit surtout dans sa Philosophia entomologica^ imitée de la Philosophia hotanica de Linné, et qui est un de ses plus beaux titres de gloire ; mais cette concision empêcherait actuellement de reconnaître la plupart des espèces qu'il a décrites , si sa collection ne s'était heureusement conservée; elle existe à Copenhague. Nul entomologiste non plus n'a plus voyagé ni visité plus de collections, uniquement dans le but de découvrir et de décrire de nouvelles espèces. Fabricius a non-seulement parcouru une grande partie de l'Allemagne, mais il a fait jusqu'à sept voyages en Angleterre et plusieurs en France.
Après avoir publié l'ouvrage dont nous avons extrait son système , il s'occupa de traités séparés sur chacun des ordres qui le composent, et il paraît que son intention était de les exposer tous à part en décrivant toutes les espèces alors connues de chacun d'eux ; mais la mort l'arrêta avant qu'il put exécuter ce projet, et il n'a paru que quelques-unes de ces monographies (1).
En définitive, quoique son système n'ait pas résisté à l'épreuve du temps , et que les noms imposés aux divers ordres par Linné aient prévalu sur les siens , il a rendu un immense service à l'entomoloûie , en mettant au nombre de ses moyens de classification les caractères empruntés aux organes de la bouche : l'a-
(i) Systema Eleutheratorum . i vol. in-8. Kiliœ, 1801. — Systmia /?>-7jg-o^orM/?2. In-8. Brnnswigae, 1801. — Systema Piezalorum. In-8. Brunswigae, i8o4- — Systema AntUatorum. In-8. Brnnswigae , i8o5.
Fabricius avait aussi commencé le Systema Glossatorum. Illiger en a donné un extrait dans son Magazia fur Iiisccktcnkunde.
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hus même qu'il en a lait a été utile , en montrant tout le parti qu'on peut en tirer. Ces caractères employés conjointement avec ceux que fournissent les autres organes, sont restés un des plus solides iondemens de la science.
Du vivant même de Fabricius , Illiger essaj^a de combiner son système avec celui de Linné (1), en conservant les noms et le nombre des ordres de ce dernier ; mais cette combinaison ne produisit qu'un résultat très- imparfait. Olivier en France peut aussi être considéré comme l'auteur d'une fusion analogue , bien qu'il n'en ait pas exprimé aussi explicitement l'intention.
Après le système de Fabricius, le seul qui mé rite uhe mention est celui proposé par Clairville , habile entomologiste anglais, fixé en Suisse, et qui parut la même année que la tentative d'illiger (2). Les ordres y sont plus nombreux que dans Linné , et ont presque tous reçu des noms nouveaux , changement inutile, et qui n'a pas été adopté ; ce système est le suivant :