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Marcré son ütre d'/ntrodudljon a l'Entomologie, qui semblerait indiquer que cet ouvrage traite de l’ancienne classe des Insectes de Linné, il est en réalité restreint à celle des Insectes proprement dits, telle qu'elle se trouve maintenant limitée, depuis qu'on a retranché les Crustacés, les Arachnides et les Myriapodes. Les motifs qui m'ont obligé à borner ainsi ce travail sont puisés dans la nature même de la collection dont il fait partie. L'éditeur des Suites à Buffon , désirant que les amimaux articulés y fussent traités avec toute l'étendue que réclame l'importance qu'a prise de nos jours leur étude, a dù répartir les diverses classes qu'ils constituent entre plusieurs auteurs spéciaux, afin de diviser un fardeau qui eût été au-dessus des forces d'un seul homme. Ainsi les Crustacés, médiocrement nombreux en espèces, sont tombés en partage à M. Milne Edwards, qui en a fait une étude particulière, et qui, dans un premier volume déja publié, a fait précéder leur division méthodique de considérations générales sur leur organisation. Les Arachnides et les Myriapodes seront traités sur le même plan, par M. Walcknaer, dont les ouvrages, sur les premiers de ces animaux,
INTR. A L'ENTOMOLOGIE, TOME I. a
i} PRÉFACE.
sont devenus classiques aussitôt après leur apparition. Quant aux Insectes trop nombreux en espèces pour être embrassés par une seule personne , il a fallu les répartir entre plusieurs; mais de cette division même il est résulté que chacune d'elles n'ayant à s'occuper que d'un ordre , ou de deux au plus, ne pouvait donner une exposition générale de l'organisation e ces animaux. Cette exposition a donc dù faire l'objet d'un ouvrage à part, qui est celui que joffre en ce moment aux entomolonistes, surtout à ceux qui, débutant dans la carrière, ont besoin de trouver réunis dans un même cadre les premiers principes qui doivent les diriger plus tard dans l'étude de la méthode. Quoiïqu : n'embrasse qu'une partie de l'entomologie, jai cru pouvoir lui donner le nom qu'il porte, ce qui est d'ailleurs sans inconvéniens, ce nom tendant chaque jour à ne s'appliquer qu’à la science qui traite des véritables Insectes.
Lorsque l'éditeur des Suites à Buffon voulut bien s'adresser à moi pour l’exécution de cet ouvrage, je ne consentis à m'en charger qu'après de longues hésitations. Plus que personne je connais les difficultés de l’entomologie, et je crois que ce n'est pas trop de l'étude de toute une vie pour la saisir dans son ensemble, et coordonner les innombrables détails dont elle se compose. Je me suis cependant décidé, pensant que ce travail ne serait
pas entièrement inutile, principalement par la considération suivante,
PRÉFACE. 11} Quoique l'entomologie doive aux savans français la plus grande parte des progrès qu’elle a faits depuis un demi-siècle , et qu'on puisse lui appliquer, jusqu'a un certain point, ce qu'on a avancé de Ja zoologie en général, qu'elle est une science toute francaise , 1l est vrai de dire que nous ne possédons point d'introduction à l'étude des Insectes pareille à celles qui ont été publiées à diverses reprises sur la botanique. Sans aucun doute , celui qui voudra cultiver cette science trouvera, surtout dans les ouvrages de Réaumur, d'Olivier et de M. Latreille, tous les renseignemens désirables; mais, outre que le premier de ces auteurs ne contient guëres que des observations de mœurs, que le second a vieilli, et que le troisième s'est plus spécialement occupé de perfectionner la méthode naturelle dont il est le créateur pour l'entomologie, que de peines ne faut-il pas prendre pour réunir en un seul faisceau tous les détails disséminés dans leurs volumineux ouvrages, sans parler de ceux qui existent alleurs ?
L'Angleterre est plus avancée que nous sous ce rapport ; elle possède , dans l/ntroduction à l'Entomologie (1) de MM. Kirby et Spence, le
traité le plus vaste qui ait encore paru sur les
(1) JZatroduction to Entomology , 4 vol. in-8e.
Cet ouvrage a déjà eu quatre éditions, dont la dernière date de 1828. Malgré son prix élevé. l'éditeur en a vendu, dit-on, près de cinq mille exemplaires.
1v PRÉFACE.
généralités de la science, un véritable monument d'érudition entomologique, digne de la réputation de ses savans auteurs. Je ne fais que remplir un devoir en lui rendant cette justice, car les personnes qui la connaissent verront sans peine que je ne me suis pas fait scrupule d'y puiser fréquemment. Ces emprunts, que je suis le premier à signaler, m'ont paru d'autant plus permis , que cet ouvrage, qui a obtenu un succès mérité en Angleterre et les honneurs de la traduction en Allemagne , est à peu près inconnu en France. M. Latreille lui-même , qui l'a cité quelquefois avec éloge , n’en avait probablement pris qu'une idée imparfaite ; faute de savoir l'anglais. Toutefois ce travail nnportant n'est pas à l'abri de tous reproches; la forme épistolaire que MM. Kirby et Spence ont cru devoir adopter , les a entrainés dans des longueurs qui seraient peu du goût du public français; souvent il faut chercher dans deux ou trois volumes ce qu'on aimerait à trouver réuni sur un seul point : enfin, ce qui est plus grave, on y remarque avec peine une absence de généralisation, qui était cependant indispensable dans un sujet de cette nature. Mais, malgré ces défauts , il n'existe, je le répète, encore rien de plus complet sur la matière.
Cet aveu fait, je crois convenable d'exposer en peu de mots la marche que j'ai suivie. Dans un premier chapitre, je définis aussi nettement qu'il n'a été possible la classe des Insectes , et je signale les caractères qua la séparent des classes voisines des
FKHEFACE. Ne Annelides, Crustacés, Arachnides et Myriapodes, qui, comme elles, font partie des articulés; puis je passe à la métamorphose, en indiquant ses diflérens degrés, et en quoi elle diffère de la mue. Les trois états d'œuf, de larve et de nymphe, par lesquels l’Insecte passe avant d'arriver à sa perfection, sont ensuite le sujet d'autant de chapitres distincts dans lesquels j'ai tâché de ne rien omettre d'essentiel, sans y comprendre néanmoins l'organisation intérieure. L'ouvrage de MM. Kirby et Spence m'a été particulièrement utile dans cette première partie, par le grand nombre de faits qu'il n'a présentés, et qui ont beaucoup abrégé mes recherches.
Arrivé à l'Insecte parfait, deux voies se présentaient pour létudier : lune, physiologique , prenant pour point de départ les fonctions vitales dans l’ordre de leur importance, et examinant les divers organes äu moyen desquels elles Sexécutent; l'autre, anatomique > commençant par l'organisation extérieure , c’est-à-dire les différentes pièces du squelette, puis passant aux autres systèmes organiques. J'ai adopté cette dermière, qui ma paru plus élémentaire, et je commence par le système tégumentaire, après quoi jindique les divisions primaires du corps des Insectes en trois parties, la tête, le thorax et l'abdomen. Chacune de ces parties est ensuite traitée en détail dans autant de chapitres séparés. Lei j'ai fait principalement usage des travaux de MM, Straus,
v| PRÉFACE.
Audouin, Latreille, Kirby, Mac-Leay, Marcel de Serres, Jurine, Chabrier, ete. Ce que je dis sur le thorax est en particulier conforme aux recherches de M. Audouin, que j'ai vérifiées sur un grand nombre d'espèces.
Les diverses pièces du squelette, qui jouent le principal rôle dans la classification, étant ainsi connues, je passe à l'examen de l’orgamisation intérieure, en m'y étendant beaucoup moins quesur ce qui précède. Généraliser eût été 1c1 impossible , anatomie entomologique sortant à peine de l’enfance, de l’aveu même des savans à qui elle doit ses progrès actuels J’ai done dù me borner aux notions les plus saillantes et les mieux établies, qui sont le résultat des travaux de MM. Cuvier, Léon Dufour, Straus, Marcel de Serres, Audouin, etc., et des anatomistes allemands , tels que MM. Hérold , Sprengel, Muller, Ramdhor, etc. Mon ignorance de la langue allemande ne m'a pas permis de consulter les écrits de ces derniers dans l'original, mais j'ai pu en prendre une connaissance suflisante dans les extraits qu'en ont donnés quelques-uns de nos recueils scientifiques, ainsi que dans l'ouvrage de MM. Kirby et Spence. Je ne dois pas omettre surtout Lyonnet, dont l'admirable Traité de la Chenille du saule n’a pas encore été égalé. Ses œuvres posthumes, publiées par M. de Haan, m'ont également été trèsutiles.
Les sens des Insectes offrant cela de particulier,
PRÉFACE, vi] que pour trois d’entre eux, le gout, l'odorat et l’ouïe, on ignore encore quels sont au juste les organes qui en sont le siége, j'ai dû leur consacrer un chapitre pour faire connaitre les diverses opinions des auteurs à cet égard; mais comme ce chapitre eût été nécessairement fort court, j'y ai joint quelques autres particularités qu'offrent ces animaux , tels que les lueurs phosphoriques qu'ils émettent, les divers bruits qu'ils produisent , ete.
De là je passe à l'instinct et à l'intelligence des Insectes, et aux actes qui en sont le résultat, en déterminant la part de chacune de ces facultés dans ces actes qui se partagent naturellement en deux grandes divisions, ceux relatifs à la conservation de l'individu , et ceux qui ont pour but celle de lespèce. Les sociétés plus ou moins parfaites de ces animaux, leurs ruses, leurs guerres, leurs travaux, etc., trouvent naturellement place dans ce chapitre , que j'aurais pu sans peine étendre indéfiniment;,mais pour ne pas répéter des faits déjà bien connus, j'ai fait un choix des plus saillans, auxquels j'en ai ajouté quelques autres nouveaux , observés par moi sur des espèces exotiques.
Le chapitre suivant est consacré à un essai de géographie des Insectes. Fabricius et M. Latreille ont déjà traité ce sujet, le second, surtout, avec sa supériorité accoutumée. Tout en tirant parti de leurs travaux, ainsi que de quelques idées mises en avant sur cette matière par MM. Mac-Leay et Kirby, je crois avoir donné un tableau plus
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complet de la répartition des espèces sur le globe. Mes voyages en Amérique, et létude des principales collections de Paris, qui sont deux ou trois fois plus riches qu’à D Lo où M. Latreille écrivait sur cette question ; m'ont mis à même: de l'éclaireir par quelques faits nouveaux.
Enfin, je termine mon travail par un résumé de l’histoire de l’entomologie, et des rire systèmes de classification proposés jusqu’à ce jour.
La synonymie anatomique des Insectes n’est guères moins embrouillée que celle de leurs genres et de leurs espèces, chaque auteur semblant avoir pris à tâche de se servir d’un autre langage que ses devanciers; j'aurais voulu la donner aussi complète que possible; mais outré que ces auteurs donnent des noms différens aux mêmes organes, très -souvent ils ne sont pas d'accord sur le nombre de ces organes ni sur celui des pièces qui entrent dans leur composition. Après bien du temps et des ef= forts perdus pour débrouiller ce chaos, j'ai reconnu que cela était au-dessus de mes forces et j'y ai renoncé, sauf dans un petit nombre de cas.
J'avais d’abord cru que l'exécution du plan qui précède n’exigerait qu'un seul volume; mais je me suis promptement apercu, qu'à moins de donner à celui-ci une ampleur extraordinaire, ou de me borner à une sèche nomenclature sur une matière déjà assez aride par elle-même, cela était impossible. J'ai, au contraire, à l'exkdiole de MM. Kirby et Spas appuyé chaque fait avancé par de nom-