Ihid,, Série IV, p. vi-vii
LES THÈSES DE l'iMPRESSIONNISME 211
Une page de Michelet fut un jour tournée en dérision par de bons critiques, parce qu'ils n'en savaient pas Torigine. « Cette page est admirable, mais, pour être admirée d'un consentement unanime, faut-il encore qu'elle soit signée . » « Par contre, ce qu'un grand nom recommande a chance d'être loué aveuglément. Victor Cousin découvrait dans Pascal des sublimités qu'on a reconnu être des fautes du copiste. Il s'extasiait, par exemple, sur certains « raccourcis d'abîme » qui proviennent d'une mauvaise lecture. On n'imagine pas M. Victor Cousin admirant des <c raccourcis d'abîme » chez un de ses contemporains ». Autre mésaventure bien connue : « Ossian, quand on le croyait ancien, semblait l'égal d'Homëre. On le méprise depuis qu'on sait que c'est Mac Pherson*. »
Ainsi, ou bien la tradition universelle dont se réclame pratiquement le dogmatisme n'existe réellement pas, ou bien elle n'est qu'une routine machinale, sans valeur et peu respectable.
« Faut-il donc ne faire ni esthétique ni critique ? Je ne dis pas cela. Mais il faut savoir que c'est un art, et y mettre la passion et P agrément sans leS" quels il n'y a point (Tart^. »
« On ne peut prévoir aujourd'hui, quoi qu'on dise, le temps où la critique aura la rigueur d'une