‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 1 sur 130 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La marche actuelle des sciences exige fréquemment la publication d'ouvrages qui servent à la fois d'introduction pour les comra encans, et de résumé pour les personnes déjà initiées dans une brancne. D'un côté, en effet, le nombre des cours augmente notablement dans tous les pays ; de l'autre , les travaux scientifiques deviennent de jour en jour plus nombreux , plus spéciaux , plus difficiles à étudier , parce qu'ils sont rédigés en langues diverses , et paraissent dans un grand nombre de collections académiques ou ae journaux.

La botanique présente ces difficultés comme toutes les sciences. Elle en a d'autres qui lui sont propres. Au lieu de se subdiviser chaque année davantage en sciences distinctes , comme la physique , par exemple , qui se partage aujourd hui en optique, électro-magnétisme , etc., on sent plus que jamais la nécessité de lier en un faisceau compacte les branches , autrefois séparées, de l'étude des végétaux. La physiologie se rattache directement à la connaissance des organes et des familles naturelles , de même que la description et la classification ne peuvent plus être isolées de la comparaison théorique et de l'examen physiologique des organes. Ainsi, cette science de la botanique , où le vulgaire ne voit que des noms, et où les adeptes s'efforçaient autrefois de restreindre l'espace de leurs re-

cherches , est devenue en même temps bien plus vaste et bien plus philosophique.

Je me suis proposé d'en esquisser le tableau , en donnant sans doute moins de détails que dans un traité complet , qui serait un ouvrage immense, mais en précisant néanmoins quel-

Ïnes faits que Timproyisatiou ne permet guère 'approfrmdir dans les cours. JDans 1 ^ travail j'ai eu toujours en vue ce qui peut ren( 3 un livre utile aux commençans. J'ai tout çacri é à Tordre et à la clarté des idées. Je me suis peut-être exposé par cela même à la critique de quelques savans , en ne multipliant pas les citations 5 les recherches historiques, nécessaires dans un mémoire pour rendre justice a chacun ^ mais qui , dans un livre élémentaire , deviennent ujie source de longueurs, d'obscurité et de fatigue.

Les ouvrages (i) de mon père , qui est aussi mon maître et mon guide dans la science , ont servi de base à ce travail. Je ne crains pas de le dire , malgré la partialité bien naturelle dont on pourra me taxer , j'y ai trouvé les développemens les plus complets sur les parties essentielles de la botanique 5 et surtout des vues générales, au moyen desquelles on peut apprécier sainement les faits et les théories qui , chaque jour , viennent ajouter de nouveaux rameaux à l'arbre de la science. Je me suis aidé de notes pi'ises dans un des cours de mon père , et des direc-

(i) DC. , Principes élcm. de bot. , en tête de ]a Flore française , ^•' Tol., Paris, 1806 j Théor. élém. , in-8» , Paris, i8i3 , et seconde édil. , 1819 ; Essai sur les propr. mtfd. des pi., in-8° , Paris, i8o4 , deuxième éditioq, 1816 j Re^niveg. systema, 2 vol. in-8'', Paris, 1828 et i83i ; Prodromus , 4 vol. , 1824 à i83o ; Organographic , 2 vol. i»-8*, Paris, 18^7 j Phj^siologie , 3 vol. in 8", Paris, i832.

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lions qu'il a bien touIu me donner sur quelques sujets qui ne sont pas encore développés dons ses écrits. J^ai aussi consulté habituellement les ouvrages élémentaires publiés par d'autres botanistes , notamment par MM. Lindley (i) et Richard (2) ; ainsi que les mémoires , opuscules et ouvrages spéciaux, utiles à l'intelligence de chaque point. J'ai dû, par conséquent, étudier les travaux encore assez récens de MM. Meyen, Ad. Brongniart , Bischoff et Mirbel , sur le^ organes élémentaires , ceux de M. Mohl , sur l'organisation des monocotylédones, le mémoire de M. Âl. Braun , sur la disposition relative des feuilles, les écrits de MM. Tréviranus, R. Brovrn, Ad. Brongniart , Amici et Mirbel , sur les or-

fanes reproducteurs des végétaux , de MM. Ecardt et Bisschoflfsur les cryptogames, de M. E. Meyer sur la géographie botanique, et un grand nombre d'autres ouvrages dignes d'attention.

Autant ou doit rechercher les idées nouvelles! qui se présentent à vous , dans un travail destiné à l'avancement de la science , autant, ce me semble , on doit peu s'y livrer dans un ouvrage de la nature de celui-ci. L'état actuel des connaissances, l'opinion des auteurs le plus généralement estimés , voilà ce que demandent les élèves, et avec raison. Si quelquefois j'ai innové, c'est dans la manière de comparer et d'estimer les opinions émises par divers auteurs , c'est aussi dans les sujets dont je me suis souvent occupé, comme la géographie botanique, c'est

(i) LiffDt. , Introâ, to the natural sfstem , i Yol. iii*8<* > Londrti iSBo j Inlfod. to botany, i vol. in-S», Lond,, iSda.

(2) Ach. RicH.y Nouy. élémens de botaq. , i vol. iii<-8*, éiû(l* éài^ Paris» i833.

enfin dans la taxonomie ou théorie des classifications, qui, depuis la seconde édition delà Théorie élémentaire de mon père , n'a pas été reprise avec les modifications qui résultent des progrès récens de la botanique.

La division que j'ai suivie est celle que mon

5 ère a adoptée dans ses cours, et qu'il a indiquée ans la préface de sa Physiologie végétale.

Je commence donc par V organographie , ou description des organes , qui forme le premier livre. C'est la base de la science , puisque les fonctions , les propriétés et les rapports naturels entre les êtres , résultent de l'existence , de la position et de la nature de leurs organes.

Le second livre traite de la physiologie , ou de l'étude de la vie végétale et des fonctions de chaque organe.

Le troisième livre , celui de la méthodologie , comprend l'examen des méthodes relatives à Tétude des végétaux, en particulier leur description, leur nomenclature et leur classification.

Le quatrième livre est un exposé de la ^eographie botanique^ c'est-à-dire de la distribution des végétaux vivant à la surface de la terre.

Le cinquième est une revue abrégée des végétaux fossiles , c'est-à-dire un aperçu de l'histoire du règne végétal avant la dernière révolution du globe.

Je donne ensuite un exposé de Vhistoire de la botanique , et je termine par quelques principes de la botanique médicale^ objet accessoire sans doute à la botanique proprement dite , mais dont l'importance est très-grande pour la plupart des personnes qui s'occupent de cette science.

Genève, i" novembre i834.

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