ORGANISATION DES CRYPTOGAMES
Les sporanges sont quelquefois entremêles de filets cloisonnés {paraphyses); quelquefois ils contiennent avec les spores des fils élastiques (élatères) qui paraissent les uns des sporanges, les autres des spofes imparfaitement développés , et qui ressemblent, pour la forme à des trachées déroulées et très-grosses.
On a attribué souvent à ces organes el à d'autres les fonctions d'étamines , de pollen , de fovilla , en un mot, dWganes mules. Mais la diversité même des organes auxquels on a attribué un rôle aussi important montre que Ton est loin de connaître la vérité. Cei n'est pas que des observateurs d'un rare mérite , qui se sont occupés des fougères, des mousses et autres familles analogues , aient négligé ce sujet important. La plupart ont passé leur vie à chercher des organes sexuels dans ces végétaux et à démontrer leur présence ou leur absence , mais il faut convenir que leurs recherches ont été infructueuses jusqu'à présent. Et comment avoir une opinion, quand on voit M. Hooker terminer son admirable Monographie des jungermannes par ces mots : « Je sens a que plus j'avance dans la connaissance de ces petits « végétaux si curieux , plus je trouve de difficultés dans (i la détermination de leurs organes sexuels, et je de- R mande de déclarer que je ne suis partisan, ni du a système d'Hedwig quelque ingénieux qu'il soit, ni « de celui de Richard sur les agames, etc. (i). »
(i ) HooK., Monogr. jung. , in-4° , avec 85 pi. colop. Appendix sur le genre Blasia, — Ployez, pour le système d'Hedwig , Tartide des Wpatiqties , dans rénumëration des familles.
Par le terme de agames y Richard affirmait que Torganisation sexueUe manque à une certaine classe de plantes, tandis que d^autres botanistes préfèrent des expressions douteuses , et se contentent de dire qii^ils n'ont pas vu clairement une organisation sexuelle.
Ht OROANOORAPHU.
Il serait aisé de trouver des phrases ana^logues dans les ouvrages où les fougères, les mousses et autres œthéogames sont le mieux décrites.
Mais il ne faut pas en conclure que certainement ces végétaux manquent d'une reproduction sexuelle. Rien n est plus difficile que de prouver qu^une chose n'existe pas. Il faudrait pour cela qu elle fût incompatible avec tel autre point de Torganisation , car le fait que Ton ne connait pas certains organes ou le rôle de certains organes , ne prouve pas leur absence réelk ou celle des. fonctions qu ils peuvent remplir. Avant les travaux de quelques observateurs, on ignorait que les plantes phanérogames eussent une reproductioB par fécondation ^ affirmer alors qu elles en manquent aurait été téméraire, et, dans le fait, bien erroné. La position est la même aujourd'hui pour les cryptogames. Malgré les efforts d'iledwig et d'autres botanistes, il n est pas démontré qu'elles aient des étamines , du pollen , un système régulier de fécondation , mais le contraire aussi n'est pas prouvé. Il pourrait y avoir un fluide fécondant , une aura seminalis^ qui échapperait maintenant aux observateurs à cause delà petitesse de ses molécules , de leur forme ou de leur position très-différente de ce que l'on suppose. Sur ce point comme sur beaucoup d'autres, on peut dire : « Et adhuc subjudice lis est. ))
Le même genre de raisonnement s'étend à toutes les plantes cryptogames. Cependant, il faut convenir que dans les dernières familles qui constituent la classe des cellulaires ou amphigames, les spores sont entourés d'organes moins nombreux , moins compliqués , moins variés dans leur forme, que ceux des semi-vasculaires ou œthéogames. Ainsi, tout eu conservant les formes du