‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 51 sur 130 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

CONSIDÉEATIONS GÉNBRAJLBS SUR LA PHTSIOtOGIB (l).

La physiologie est cette partie de la science dans la^ quelle on étudie le jeu des organes , leurs actions réciproques, leurs rapports divers avec les corps étrangers, et en général tous les phénomènes qui nous semblent les caractères , les causes ou les effets, de la yie dans les êtres organisés. Uorganographie fait comprendre la po-

(i) DC. , Flor. franc. , I , p. 160. — Physiol. vcg. , liv. I.

IJNTR. A LA ]X>TAI>riQVE. TOME 1, l5

fi6 PHYSIOLOGIE,

sitioh et la forme des organes*, la physiobgîe doit expliquer leur mode d'action. Ces deux branches OQt entre elles les paémes rapports que la stiLtique et la mécanique.

La même division se présente dans les deux règnes organisés. Il y a donc une physiologie végétale et une physiologie animale. Elles ont eBtrt tUes de curieuses analogies, mais ce u^est pas ici le lieu de les examiner.

Les causes premières qui font mouvoir les corps de la nature nous sont inconnues dans leur essence. Nous les appelonsj;^^brce5, et nous en comptons quatre qui nous paraissent distinctes : i® F attraction^ qui détermine les phénomènes physiques; a^ ïajfinitéjqm cause les effets chimiques : 3^ la force vitale, qui est b cause des phénomènes physiologiques ^ et 4* la f<HW intellectuelle, qui comprend Tinstinct et Tintelligence des animaux.

Tous les corps de la nature sont soumis aux deux premières forces , les végétaux aux trois premières , les animaux à toutes les quatre réunies.

Expliquer un phénomène, cVst le classer parmi les effets que Ton attribue à Tune de ces quatre causes; mais évidemment nous ne comprenons pas mieux pourquoi noas pensons ou nous vivons , que nous ne comprenons pourquoi les molécules des corps se combiaent. ^eloa certaines proportions , et pourquoi elles s^attirent d Câpres certaines lois mathématiques.

On peut être embarrassé pour rapporter un certain ph^ nomène à Tune des quatre forces élémentaires , d^autant plus que trois d'entre elles n'ont pas été, comme Taltr^ction , réduites à une loi simple , qui donne Texplication de tous les phénomènes , qui permet même de les prévoir. Lorsqu'il s'agit d'attribuer un fait à Tune des qui-

CONSIBEBATlOIft PRELIMINAIRES. ttT

tre forces, on n'a que deux moyens de procéder, Tânalogie et la voie d'exclusion ^ c'est-à-dire que l'on compare le phénomène àd^autres qui sont plus clairement du domaine de Tune de ces quatre forces , ou bien qu'on cberche à l'expliquer d'abord par les lois les plus générales, puis par celles qui sont spéciales à certains corps. On cherche donc à expliquer le fait d'abord ptr les lob de l'attraction, qui sont les mieux connues ; puis, si Ton échoue, par celles de l'affinité. Que si les lois qui règlent ces deux forces ne suffisent pas pour rendre compte du phénomène, on le rapporte, dans l^^égétaux, à la force vitale ; dans le règne animal, à cette même force, si cela se peut , sinon en définitive à la force intellectuelle (i). C'est ce qui explique comment la physiologie avance avec les progrès de la physique et de la chimie, et comment elle doit elle-même servir de point de départ pour la vraie psycologie. Cette dernière, pour être étudiée d'une manière logique, suppose la connaissance de la physiologie , laquelle suppose évidemment la connaissance de la chimie et de la physique.

(i) Il y a^ par exemple, dans la digestion , la respiration , la circulation, etc., beaucoup de faits que la chimie ne peut pas expliquer, dans r^tal aetud de oette science. On les rapporte à la force yitale , mais lesjprogrcs de la physique el de la chimie montreront peut-être un jour que Ton s^est trompe , et que les phénomènes dont il s''agît résultent de Vattraction moléculaire ou de Taflinité. Les limites entre la forée yitale et la force intellectuelle sont bien plus difficiles à tracer » parce que la première est moins connue que TafOnitë. Ces considérations sur la philosophie des sciences sont développées dans les onvrages de M. de CandoUe , en particulier au commencement data Physiologie végétale. Elles expliquent comment il y a des sciences à peu près stationnaires depuis trois mille ans , tandis que d^autres oat avança. Les unes devaient être précédées par d'autres, mais Tes^ nrit hiiQuin n'est pas assez patient pour suivre cette marche logique.

L'attraction et Taffinité peuvent agir sur les Tégétaux de deux manières :

I* Directement^ comme elles agiraient sur un corps brut. Ainsi un fruit tombe , il est attiré par la masse du globe terrestre. Un fruit devient sucré , c'est une Gombinaison de molécules, telle qu'un chimiste pourrait la produire.

2® Indirectement^ par Teffet combiné de ces forces et de la structure des tissus végétaux. Ainsi une branche agitée par le vent se courbe sans se rompre, parce que k tissu dont elleifist composée est élastique. Il y a donc des propriétés dites de tissu^ résultant de la nature mène des organes , qui modifie l'action directe des forces.

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