VASCULAIRES
ARTICLE PREMtER.
* DU MODE dAbSORPTïOM*
iLes végétaux n'étant pas doués de la faculté locomotive , ne peuvent exister que par nnè orgânisntion au
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moyen de laqueOe ils. s'emparent, facilement et en toat lieu , des matières propres à les nourrir.
L'eau , substance assurément très-commone dans k nature , leur sert de nourriture , soit en elleHanème , soit par les corps étrangers qu'elle tient en suspension ou en dissolution.. Elle est absorbée facilement par les extrémités cellulaires des racines , que Ton nomme spongioles.
Sans doute le tissu de tous les organes peut absorber une certaine quantité d'eau. On sait qu'il y a des rég^ taux parasites , dépourvus de racines , qui absorbât la sève d'autres végétaux par une adhérence complèle de la tige des deux espèces. On sait aussi que des branches coupées et mises dans l'eau absorbent assez de liquide pour que leur vie se prolonge quelques jours. On a même prouvé (i) que les feuilles placées sur Tean, principalement du côté où il y a le plus de stomates , se conservent fraîches pendant assez long-temps, gr&œ à une absorption locale. Après une longue sédie^esK, les feuilles absorbent en quantité notable les premières gouttes de pluie , et les tillandsia , les ^idendrm et autres orchidées , vivent facilement dans une atmch sphère humide , même sans avoir de racines dans k sol , grâce à une absorption lente et habituelle de Thomidité par les feuille^ Tous ces faits sont vrais et in* téressans , mais ce sont des exceptions dans les lois générales de la nutrition.
Les spongioles, au contraire ^ sont les organes qui, dans le cours régulier des choses et dans la très-grande majorité des végétaunk , absorbent les liquides nécessaires
(i) BoifRiTy Rech. sur Posage des feuill» un vol. îq-4«., Leyde*
à la vie. EUes remplissent même cette fonction avec une énergie dont les autres parties de la plante ne peuvent guère donner Fidée. On ne peut leur comparer sous ce rapport que les suçoirs de quelques plantes parasites, et le stigmate , dans un certain moment de son existence. La faculté absorbante des spongioles tient évidemment à la capillarité et à l'hygroscopicité de leur tissu, qui se renouvelle toujours^ vu le mode d'accroissement des racines par l'extrémité. La contractilité vitale est peut-être nécessaire pour expliquer le redoublement d'activité des spongioles au premier printemps.
DU LIQUIDE ABSOUBÉ FAR LES SPONGIOLES.
Les spongioles absorbent tous les liquides , en proportion seulement de leur degré de limpidité. M. Th. de Saussure (i) a remarqué , par exemple , que lorsque des racines plongent dans de Teau gommée , sucrée , saline , etc. , le liquide s'épaissit plus que par Teffet de la simple évaporation , ce qui prouve que la partie la plus liquide était absorbée. Il a vu aussi que des liquides nuisibles à la plante, comme le sulfate de cuivre, sont absorbés en plus forte proportion que des liquides plus visqueux qui contiennent des matières nutritives avantageuses à la plante, comme la gomme, le sucre, etb. Il en est de même des eaux chargées de substances pulvérulentes en suspension. Les plus chargées sont absorbées moins aisément. L'eau de fumier, par exem-
(i) Th. de Savsi.; RjBch* cbim. , ch» 8.
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pie 9 lie s'absorbe pas comme de Teau pare. Il pafilt même que les particules charbonneuses qu'elle cootint obstruent quelquefois les méats intercellulaires , car on voit souvent les arbres périr quand on laisse séjourner près d'eux une grande abondance d'eau grasse.
Les spongioles agissent donc d'une manière parement mécanique , absorbant ', non ce qui coDTient i la plante , mais ce qui se prête le mieux a passer entre leurs cellules. Il en est de même de l'absorption par les branches coupées , les feuilles , et par tout autre organe mis accidentellement en contact avec un liquide.
Il ne faut cependant pas croire que les spongioles n'absorbent que de l'eau et séparent de ce liquide tout ce qui lui est étranger. C'est une erreur que des expériences anciennes et inexactes de Van-Helmont avaient accréditée , et que Duhamel et Bonnet ont combattue par des faits incontestables. Ils ont montré que des plantes arrosées avec de l'eau distillée ne prospèrent pas , et que des graines ou tubercules placés en vase clos , avec de l'eau distillée uniquement , ne peuvent pas végéter au-delà d'un premier développement imparfait.
L'analyse chimique des végétaux montre qu'ils contiennent une infinité de substances que l'eau dbtillée et l'air ne peuvent pas leur fournir. Tels sont le carbone et les terrés dont la plus grande partie du tissu est composée, et les métaux dont on trouve une faible proportion.
Leur présence dans les végétaux s'explique par le fait que les liquides absorbés ne sont jamais de l'eau pure. Les spongioles absorbent plus ou moins les matières dissoutes et suspendues dans l'eau , et dans la nature il n'existe pas d'eau exactement pure. L'eau
de pluie , qui approche le plus de Teau distillée , contient quelque mélange , notamment de Tacide carbonique. Celte substance , répndue dans Tair , trèsabondante dans les débris de matières animales et yëgétales , a une afBnilé remarquabl(3 pour Teau •, elle constitue la partie la plus utile des engrais. L'eau, telle qu'elle est dans le sol , contient aussi de Tair atmosphérique ( azote et oxigène) , des carbonates de soude , de potasse, de chaux, etc., en plus ou moins grande proportion. Les oxides métalliques et la silice sont aussi solubles dans Veau , en faibles doses sans doute , mais assez pour comprendre comment ces matières entrent dans les végétaux. Il faut remarquer que dans le cours de sa yie une plante absorbe et exhale une immense quantité de liquide. Or , si un arbre absorbe , dans un certain temps , mille livres d'une eau dans laquelle entre un millième de substance étrangère, ce qui est bien peu , Tarbre aura acquis une livre de cette substance ^ à moins que des sécrétions ou exhalaisons ne lui en aient fait perdre une partie , ce qui n arrive pas.
On comprend ainsi comment un sol où la silice do' mine peut nourrir des plantes qui contiennent de la chaux et autres substanres , et comment des matières rares dans tous les terrains ( le fer , le cuivre , etc. ) se trouvent , même en assez forte proportion , dans l'analyse chimique des végétaux. H suffit que le sol ne soit pas uniquement composé d'une seule substance, comme cela arrive habituellement dans la nature. Il vaut mieux cependant que le terrain soit composé de beaucoup d'élémens divers, et que par le mélange de matières animales et végétales , il devienne un sol propre à la culture. Il faut surtout que l'eau ne manque pas , car elle est le véhicule de toutes les matières nutritives.