‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 58 sur 104 · D€ ÏMjUaraison comparée avec tépKHpie · texte numérisé non relu

D€ ÏMjUaraison comparée avec tépKHpie

de taruiée,

Cest le jhic^smia^ qui correspond aa rut des anî* maux. Dms les deux règnes^ du moins pour le plus grand nofliiire des espêo» , la reproJuclion s^ëublit d^une manière a peu près périodique, d^ accord avec le climat. La réguiaiflé est moins grande dans les pre* mîèrcs années que dans la suite de la \ie , et certains retours de froid , comme le transport dans un lieu moins chaud , peuvent caoser des anomalies occasionelles.

Dans les arbres firuitiers , une récolte abondante diminue celle qui soit et empêche même la Beuroîson, ce qui tient sans doute k Tabsorption par les fruits de la nourriture élaborée en été , qui devait servir à la fleuraison suivante. Ces différences sont d'autant plus sensibles que les fruits restent plus tard sur Parbre ; ainsi les récoltes de pommes et de poires sont plus souvent bisannuelles que celles de cerises et de framboises. Quelquefois au contraire les arbres fleurissent deux fols dans Tannée ^ par exemple, quand après une grêle ou une sécheresse qui ont détruit les feuilles et suspendu la yégétalion , il survient un temps chaud et humidet Cest alors comme le printemps aprèi Thiver.

En efftt , le retour de la chaleur, après le repos de la végétationyesl la cause déterminante de lafleuraison

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au printemps. La nature propre (idiosyncrasie) de chaque espèce et de ciiaque individu se combine aussi avec ces deux causes communes à toutes les espèces.

Le repos de la Tégétation suppose une époque antérieure d'actÎTilé , dans laquelle les sucs se sont accumulés. Après la chute des feuilles, il se fait dans la plante un travail d'élaboration et de distribution des sucs, duquel résulte, après un certain temps, que la chaleur fait fleurir, même avant que les nouvelles feuilles aient paru. Les plantes que Ton transporte d'un pays à Vautre commencent par fleurir à Tépoque où elles fleurissent dans le lieu de leur origine , mais peu à peu elles se plient au nouveau climat et changent leurs époques de fléuraison, ou méurçnt. Cette lutle dure quelquefois plusieurs années. Les fleurs doublas fleurissent avant celles de ,méii^e espèce qui sont simples. On Texplique par Tabsence de fruits, d'où résulte une accumulation plus grandedc nourriture.Par laméme raison, les dahlias fleurissent chaque année un peu plus tôt , depuis qu'ils ont été introduits en Europe et qu'ils sont devenu3 doubles.

L'organisation de chaque espèce influe nécessairement sur l'époque de sa fléuraison. Il est clair aussi que, dans - k même espèce, les individus varient à cet égard. Ainsi, dans une allée de marronniers, il y en a toujours de plus précoces et de plus tardifs que les autres, et ce sont toujours les mêmes inclividus qui offrent ces qualités. Il y a près de Genève un marronnier qui est délèbre pour se couvrir de feuilles et de fleurs un mois avant la moyenne de ceux dm pays, sans cause locale apparente. Est-ce Une diflerence habituelle dans la végétation de Tété qui produit cet effet) ou un degré diflerent d'excitabilité par la chaleur ? C'est ce qu'il est diffioite de reconnaître sans des observations bien sqîvî^si '

HZPRODUCTIOK DES PHJLNinOGAMES . 337

Les moyennes mensuelles de température étant peu yariables dans un même pays , d'une année à Vautre, il en résulte que les plantes fleurissent presque toujours à la même époque, et surtout que la fleuraison des espèces se suit dans le même ordre.

Linné a tenu note des fleuraisons successives des diverses espèces à Upsal. Il nommait un tableau de ce genre le calendrier de Flore, On en a fait de semblables ailleurs , et toutes les Flores locales font mention des époques de fleuraison.

L^amandier, qui fleurit à Smyrne dans la première moitié de février, fleurit en Allemagne dans la seconde moitié d'avril, et à Christiania dans les premiers jours de juin. MM. Schubler (i) et Gœppert (a) ont recueilli beaucoup de faits de ce genre et ont reconnu que plus les fleuraisons sont printanoières , plus il y a de diflférence selon les climats.

Les diversités d'époque dans le même . pays , pour chaque espèce, rentrent dans les considérations données ci-dessus pour la vernation des feuilles , seulement Thumidité a ici moins d'influence que la chaleur.

§ 4* "** ^^ lajleuraison dans ses rapports avec

Vheure de la journée.

Beaucoup de fleurs s^ouvrent régulièrement à une certaine heure et se ferment à une autre. Linné , dans sou style toujours poétique , nommait ces époques horaires, Thorloge de Flore. *

Les com^olxfulus nil et sepium s'ouvrent à 4 heures

(i) ScHVBL. f Mém. en alfemandi dans le FloraîSt i83o, p. 353* (9) M^. des cuT. de la nat., XV, part. a.

JKTR. ▲ lA BOTANIQUE. T. I* '^'X

d« miiUn, le fopw^T nudicaide à 5 l^eures, le cpnvolwius tricolor ea^re 5 et 6 , le» hieradi^ et joa*' cAitf entre 6 et 7 , VoMigraUù oiveiuis 4 8 heures , )e sooci de^ ehempa » 9, \ or^ithog^lu^^, uwbeïlaUàm (dame-d'onze-^heures) è 11, la pli^parl 4^ ficoides k midi, le sdUa pomeri^Ka^ à a heiir^ , le ^lene noctiflora entre 5 et 6 du aoir, le nyoiqço jalgpœ (belled^Quit) entre 6 et 7 du aoir, le êermu (çqcius) grau^d{floiW, YiBnothera suweolms entre 7 et 9 » enfin i 10 heures du soir le con%fohuïu5 purpurmu^ ^e Ton a nommé beUe^e-jour, paroe qu'il est toujours ouyert avant l'arrivée de roheervateur le plus matinal.

£n combinant les heures de Be^rai^ii et la durée des leuie , on distingue :

|o Z>4 fm^vs àphéwnkreHy qui ne ^'ouvrent qu'une feU, à une heure déterminée. Il y en a 4e diurnes , comme les cistes , les lins , eCc« \ et de noclurne^ , WBBime le €Mi^s grmJlifiçfW^

%^ Les fiewrs éqmuoxiahi , qui ^'ouvrent et ^ fer^ ment (dusieurs jours de suite à la même heure* i^Uos sont aussi diurnes ou upcturnea.

On nomme météonqu€s\Q% fleurs, en petit nombre, dont Tétat esl modifié par eehil de l'atmosphère. Ainsi, le calendula plmdàHs (souci de pluie) se ferme quand le temps se dispose à la pluîe. Le campanula glomûrata et d'autres campanulées se ferment quand le temps 3e couvre.

M. de Candollc (i) a démontré que ces phénomènes tiennent à l'action de la lumière et nullement à celle de la température. Ils ont lieu dans les serrer comme à l'air

(1) PC* • Mêm. des sataiis étrang^H de VlnstUut | tql. t.

libre \ mais si Von met des plantes méléoriques ou équinoûaleft dans un caveau obscur ou elles soient éclairées par des lampes pendant la nuit, elles commen* cent «par être dérangées dans leur floraison ; elles s'ou* Tvent fX se ferment irrégulièrement^ enfin elles s'arran* geat à fleurir et à se fermer selon la clarté des lampes. Dans ces expériences , les bellea-dc-nuit, à la suite de quelques jours de lutt€i, finissaient par s'ouvrir le matin après une nuit éclairée par les lampes^ et se fermaieni le soir après une journée sans lumière. D'autres espèces ne pouvaient ni se plier au nouvel ordre de choses , ni conserver Tancien 9 elles étaient désbeurées, irr^uUères dans leurs mouvemens^ ee qui confirme rinfluence de la lumière.

§ 5. •-* D^ /a fleuraisom comsidérée dams son

développement.

La rapidité du développement des fleurs varie sui-* vaut que la nourriture doiàt elles sont formées est, ou n^est pas, préparée à' avance. Ainsi, dans les plantes bulbeuses , tubéreuses , ou à tiges charnues , la hampe grandit promptement, tandis que dans les plantes ordinaires> les pédoncules se développent moins vite.

\J agave americana ( liliacée) reste dans les pays chauds trois ou quatre ans sans fleurir, et dans nos serres des pays tempérés, jusqu'à cinquante ou soixante ans; puis tout d'un coup 'elle pousse, en un mois ou deux, une tige florale de 10 à 18 pieds de hauteur.Une plante analogue, lefourcrœa gigantoa,' existAii depuis près d'un siècle au jardin de Paris , lorsque, dans l'été de 1793 , qui fut assez chaud, ^k s'aUoBge» rapidement pour fleurir. Venlenat eut soin de mesurer cette crois-

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saDce, et dit qu'elle fut de aa pieds et demi en quatrevingt-sept jours, soit un peu pkis de 3 pouces par jour. Dans certains jours chauds, rallongement était de près d'un pied. Malheureusement on ne prit pas les mesures à chaque heure \ or on sait , par les ohservadons récentes de M. Ernest Meyer, que l'allongement des tiges varie un peu selon les époques de la journée.

Les organes de la fleur croissent , eomme les feuilles, principalement par la base.

L'époque de l'émission du pollen n'est pas toujours celle de l'ouverture de la corolle ; et quand il y a plusieurs verticilles d'étamines , ils suivent , dans leur émission, un ordre tan tôt centrifuge et tantôt centripète.

La fin de la fleuraison est déterminée principalement par la direction que prennent les sucs nourriciers vers les graines. Aussi les fleurs doubles qui n'ont pas de graines durent plus long-temps. Les organes floraux les plus éloignés de l'état de feuilles vertes périssent les premiers ] ceux qui sont verts, comme beaucoup de calices, se nourrissent eux-mêmes et vivent long-temps.

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