PAS D’OXYGÈNE
10. On ne connaît pas jusqu’à ce jour de combinaisons avec l’oxygène plus compliquées que celles du quatrième ordre, que nous venons de passer en revue : aussi ne nous reste-t-il plus qu’a étudier les règles de la nomenclature des composés qui ne renferment point d’oxygène.
Nous avons dit plus haut que la nomenclature chimique avait été créée à une époque où l’on croyait que l’oxygène était le seul corps capable d’imprimer, en se combinant avec d’autres corps , un caractère basique ou acide à ses composas. Aussi les combinaisons nombreuses dans lesquelles l’oxygène n’entre pas comme principe constituant, furent-elles désignées d’une manière générale par la terminaison ure , ajoutée assez arbitrairement au nom de l’un des éléments qui entrait dans une combinaison , et que l’on faisait suivre du nom de l’autre corps. C’est ainsi qu’on disait sulfure de phosphore ; sulfure de carbone, proto- chlorure de phosphore, deuto-chlorure de phosphore , etc.
Les expériences de plusieurs chimistes distingués, entre autres celles de MM. Gay-Lussac et Berzélius, ont démontré depuis que le chlore, le brome, 1 iode, etc., peuvent, aussi bien que l’oxygène, donner naissance à des composés binaires du premier ordre, faisant fonction de bases ou d’acides. Il a donc fallu trouver des règles pour exprimer la nature de ces différents com-
posés et le rôle qu’ils peuvent jouer dans les combinaisons dont ils font partie.
M. Berzélius, à qui nous devons ces règles, a divisé les corps qui résultent de l’union du chlore, du fluor, du brome, etc., en composés binaires du premier, deuxième et troisième ordre. Les principes qui l’ont dirigé dans les dénominations des divers composés, cadrent bien avec ceux qui ont présidé à la nomenclature des composés oxydés.
Composés binaires du premier ordre formés par des corps électro-négatifs autres que l’oxygène.
1 1 . Comment n’a pas été possible de faire de distinctions correspondantes à celles des suroxydes , on s’est attaché seulement à distinguer les combinaions se comportant à la manière des oxacides, de celles qui jouent le rôle de base. Pour la dénomination des premières, on s’est servi du nom du corps électro-négatif terminé en idej, et on en a fait un nom générique auquel on a ajouté le nom spécifique affecté d’une terminaison correspondante à celle du degré d’oxydation. Pour désigner les combinaisons se comportant comme des oxybases , on s’est encore servi du nom du corps électronégatif pour en faire le nom générique; mais au lieu d’affecter ce dernier de la terminaison ide > on lui en a donné une en ure. Quant à l’application du nom spécifique, on suit les mêmes règles que dans le cas précédent.
Pour savoir le rôle que joue une combinaison ne renfermant pas d’oxygène , il suffit de se rappeler que toute combinaison correspondante à un oxacide fera elle-même fonction d’acide, et que celle qui correspond à un oxybase fera aussi de son côté fonction de base.
•U>) .• : ÎC/i
j :vsi ;i o i
• v ; ■ :fj ns' ol
-i iiir l -, , V
ymnnmifsn M î f
VI r
.vjpisjr,;,:. .
: î. ; .. U. . üîOi
; - . Oi' q
: \ : rc -f- ? • :h
; jj; ■
, OoTcb 0 rjiirè îO . :■ ■ "
.xrrj'ioxîqaro?!-:'; •
.ou p . :>
Zi ■'■M.rin Jvk •••• .
.or i ; :
Tableau A.
TABLEAU COMPARATIF DE LA NOMENCLATURE DES COMPOSÉS BINAIRES DU PREMIER ORDRE.
(Page 21.)
[FORMULES
NOMS DES COMPOSÉS