‹ Introduction à l'étude de la chimie par la théorie atomiqueChapitre 7 sur 46 · KS K · texte numérisé non relu

KS K

Ba

Molécules § X. A. (i) Les chimistes ont donné le nom

intégrantes i , / , . i - i '• i

et (lemolecules constitiianles auxmoleculessimples

constituantes. . , . ,

OU atomes qui entrent dans une combinaison, et le nom de molécules intégrantes à celles qui sont composées ; ainsi dans une masse quelconque d'iodure de potassium, ily a des molécules constituantes qui sont formées d'iode et de potassium, et des molécules intégrantes d'iodure de potassium , formées dans le rapport de deux d'iode et d'un du susdit métal.

(i) Pour expliquer tout ce qui suit, nous admettrons que les atomes, de quelque nature qu'ils soient, ont tous le même volume et une forme régulière, et la même pour tous.

A l'étude de là chimie. ^5

Il est très-peu de molécules intégrantes dont on puisse séparer les molécules constituantes par des moyens mécaniques ; cependant tous les corps qui détonent, qui s'enflamment, ou qui se décomposent par le choc , appartiennent à cet ordre. Au contraire, les molécules intégrantes peuvent très-bien se séparer par les mêmes moyens ; s'il n'en était point ainsi , on ne pourrait diviser les corps composés qui sont les plus nombreux. Dans les corps réputés simples, les molécules intégrantes et les molécules constituantes sont les mêmes.

B. i" Lorsqu'on fait agir de l'eau sur une solution. combinaison qui peut s'y dissoudre, il est probable que, dans la plupart des cas, elle ne fait que séparer les molécules intégrantes, sans agir aucunement sur les molécules constituantes, comme cela a lieu quand on fait fondre du sucre dans l'eau. Cette action de l'eau s'appelle solution , a.\ns'i que le résultat de cette action, que quelques pharmaciens ont cru devoir appeler un solulum ou un soluté ; mots qu'il était inutile de créer, car il est bien certain que personne n'avait jamais confondu l'action avec le résultat.

:2" Si l'on met en contact du sulfate de soude Dissolution. anhydre et de l'eau, leur température s'élève et les élémens de l'eau s'unissent en grande quan-

tité avec ceux du sel, qui, en cet état, se dissout dans l'eau excédante. Cette action, qui s'exerce sur les atomes, s'appelle dissolution. Son résultat est le même que celui d'une solution; car, dans ce cas, on a du sulfate de soude hydraté, dont les molécules intégrantes, seules, sont divisées par l'eau j résultat que l'on pourrait également obtenir en faisant fondre du sulfate de soude hydraté dans l'eau.

La distinction que l'on a établie entre la solution et la dissolution est fort peu importante; aussi un petit nombre de chimistes y prennent garde.

CristaUisaiion. § XI. A. i" Lorsquc des atomes se réunissent pour former une molécule intégrante, ils prennent un arrangement, sinon régulier, au moins symétrique. Les molécules intégrantes ont alors une forme régulière ou symétrique, résultant de l'arrangement des atomes.

2° Lorsque les molécules intégrantes sont assez écartées les unes des autres pour qu'elles puissent se mouvoir, et qu'on permet qu'elles se rapprochent très-lentement (i), elles prennent

(i) L'écartement peut avoir lieu par l'application de ' la chaleur ou par l'addition d'un liquide ; le rapprochement peut être obtenu par la soustraction de l'un et de l'autre , ou par Je refroidissement d'un liquide qui ,

A l'étude de la chimie. 25

aussi entre elles un arrangement régulier ou symétrique, et constituent alors des solides terminés par des faces qui sont inclinées sous certains angles. L'action qui détermine l'arrangement des molécules intégrantes, aussi bien que le résultat de cette action, s'appellent cristallisation. Les corps produits par l'arrangement des molécules intégrantes se nomment aussi des cristaux.

B. i*^ Dans les cristaux, il n'y a que les Formes

„ . primitives

angles qui soient constans ; les laces varient eisecondaues. beaucoup par leur grandeur relative. 2^ Les angles et les arêtes (i) sont souvent remplacés par des facettes, et les faces sont également très-souvent remplacées par des angles et des arêtes; ce qui peut compliquer beaucoup la forme des cristaux : mais en général ces dernières formes que l'on appelle secondaires peuvent être facilement rapportées à des formes plus simples que l'on nomme primitives. 3*^ Les formes primitives des cristaux sont quelquefois semblables à celles des molé-

étant saturé à chaud , se trouve sursaturé par un abaissement de température.

(i) Les arêtes sont produites par la jonction de deux faces , tandis qu'il faut au moins trois de ces dernières pour former un an^jle.

cules intégrantes, comme cela a lieu pour le carbonate de chaux rhomboëdrique j le contraire se remarque plus souvent^ mais, dans tous les cas, la forme primitive peut être construite avec les molécules intégrantes. /^ Les formes primitives sont peu nombreuses, tandis que la quantité des formes secondaires est très-considérable. 5° La science qui s'occupe spécialement de l'étude des cristaux, se nomme cristallogra^ pliie. Il est indispensable qu'un chimiste en connaisse au moins les élémens.

Relation C. Lcs cristaux étant formés de molécules 'TreTa tonne" intégrantes, celles-ci étant formées d'atomes , composition leur forme doit nécessairement dépendre du es corps. jjQjjjjjpg gj ^jg l'arrangement de ces derniers. 1° Comme on connaît déjà une immense quantité de combinaisons, et qu'il est un très-petit nombre de formes primitives, il s'ensuit nécessairement que la même forme primitive peut appartenir à des corps de compositions trèsdifférentes, relativement au nombre des atomes, à leur nature et à leur disposition relative ; mais, en général, dans les cas de cette nature, les angles de ces formes sont différens pour des composés de natures différentes. Lorsqu'on considère sous ce point de vue des corps appartenant à des prismes dont les bases sont rectangulaires, on observe des différences dans les

A l'étude de la chimie. 27

dimensions du prisme. Chez les cristaux qui appartiennent au système cubique , on ne peut apercevoir aucune différence dans la forme, car le cube a des rapports hors desquels il n'existe plus. On sait seulement qu'il doit y avoir des molécules cubiques plus grosses les unes que les autres; par exemple : le sulfure de plomb ayant cette formule S Pb, cristallise en cube aussi bien que l'alun dans lequel entrent K -4- Ar -i- S^ -h 0^" -+- l¥\ en tout quatre-vingt-quinze atomes.

D. Le nombre et l'arrangement des atomes i déterminant la forme des molécules intégrantes, il arrive souvent que l'on peut changer la nature des atomes sans changer la forme de ces molécules.

Ainsi , l'iodure de potassium = T K cristallise en cube ; le chlorure de potassium = CP K affecte la même forme : le chlore et l'iode peuvent donc se substituer dans un corps, sans que leur forme change. De même,

les carbonates ayant cette formule : C A cristallisent ordinairement dans le système rhomboédrique (i) , et l'on peut substituer

(i) A n'appartient à aucun des corps simples connus : je m'en servirai poiu- désigner un atonie de métal quelconque.

niorphisme.

Pb, Ba, Sr, Ca, Ma, Fe, Mn, à À, sans que la forme du cristal change; seulement les angles varient. On appelle isomorphes les corps qui peuvent ainsi se remplacer (i). Voici quels sont les corps chez lesquels on a observé l'isomorphisme (2) : (oxigène, soufre, sélénium); (fluoré, chlore, brome, iode);

(phosphore, arsenic); ( Pb, Ba, Sr, Ca, Ma, Fe, liïn) ; ( Al, ëi, Fe, Mn, €r, ë j ; (^l, Mn).

On peut ajouter : i" Que Cu' 0 cristallise comme V K et les autres combinaisons isomorphiques de l'iode; que, par conséquent, le cuivre devient isomorphe avec l'iode, et que le potassium le devient avec l'oxigéne ; 2° Que

S Ba cristallise comme Cr K ; que , dans ce cas, le chrome est isomorphe avec le soufre et que l'oxide de potassium l'est avec celui de baryum ; 3° Qu'il faut remarquer qu'en substituant Ma à Ca , on n'opère la substitution que sur Ma et Ca, car l'oxigéne est commun à ces

(i) Isomorphe vient deïo-oç, semblable, et de Mopcpiî, forme , comme qui dirait de forme semblable.

(2) On a mis entre deux parenthèses ceux qui se conviennent par cette propriété.

A l'étude de la Chimie, ii(^

deux combinaisons. On peut en dire autant pour tous les corps de la même série j bien plus,

la formule C A déjà employée peut être transformée en celle-ci AA , et les corps ainsi composés conservent la même forme. Ainsi les carbonates de la série que nous venons d'indiquer affectent la forme du rhomboèdre, et il

en est de même pour les corps suivans : FeFe,

fer oligiste; ÀÏÀl, alumine; SiSi , silice; ce qUi ferait yçir que le fer, l'aluminium et le silicium sont isomorphes avec le carbone , en même temps qu'avec les métaux de la série renfermant le magnésium et le calcium; d'où l'on pourrait conclure, sans craindre de dépasser les limites des probabilités, que tous les atomes simples sont isomorphes , dans le sens que M. Mitscherlich a attaché à ce mot lorsqu'il l'a créé.

E. L'eau est formée d'oxigène et d'hydro- influence

,11 . . P de l'eau t

gène dans le rapport exprime par cette tor- suriatorm* mule : 0 W. Les atomes qui entrent dans sa "ist^aux. composition sont aussi inaltérables que tous ceux auxquels on pourrait les comparer; il faut donc nécessairement qu'ils occupent un espace et que, tout aussi bien que le carbone ou le platine, ils puissent modifier la forme

d'un corps. On a cependant été fort long-temps sans en faire mention dans les ouvrapies. Cela vient de ce qu'il est impossible d'expliquer tous les faits qui constituent une science par les propres données de cette science. Comme l'eau a une grande tendance à se former, qu'il suffit qu'un corps renferme de quoi en faire pour qu'il s'en fasse dans la plupart des opérations chimiques, et que presque toutes les réactions se font dans l'eau même, celle qui peut prendre naissance devient alors insensible. Cette eau fut négligée pendant longtemps , même après qu'on eut appris que les corps en renfermaient des proportions définies ^ et l'on était étonné de voir que S Ca n'avait pas la même forme que S Ca ■+- 2 H^ 0. Groupement F. 1° Connaissant la formule et la forme

des ., ... , 1

atomes pour (1 uuc combiuaison , on peut s occuper de redes molécules chercher la manière dont les atomes sont grou-

intégrantee. . . p . .

pes pour donner naissance a cette torme j ainsi , l'on sait que le corps ayant cette formule S Pb, affecte la forme cubique (c'est la galène des minéralogistes); mais deux atomes égaux, placés les uns à côté des autres, ne forment point un cube : il faut donc en ajouter davantage, et l'on trouve bientôt qu'il en faut huit, quatre de chaque espèce, et qu'ils doivent être

A l'étude de l\ chimie. 3i

disposés ainsi : p ^;, sur chacune des faces.

On sait encore que Cl' Na , qui représente le sel de cuisine , affecte la forme cubique. Les trois atomes indiqués. par la formule, de quelque manière qu'on les arrange, ne peuvent donner naissance à un cube; il faut donc en augmenter le nombre puisqu'on ne pourrait le diviser sans changer le rapport des ëlémens, et l'on voit bientôt qu'il en faut vingt-sept, neuf de sodium et dix-huit de chlore, et qu'ils doivent être ainsi disposés pour que l'arrange-

Na Cl Na ment soit symétrique : Cl Cl Cl pour la

Na Cl Na première tranche, quelle que soit la face du cube

Cl Cl Cl par laquelle on commence , et Cl N a Cl

Cl Cl Cl pour la tranche moyenne; la troisième et dernière doit être comme la première.

2° On conclut facilement et iudubita]ilement de ce qui précède que les formules chimiques n'expriment pas toujours la somme des atomes qui entrent dans la composition d'iifie molécule intégrante , mais simplement le rapport qui existe entre eux; car on voit que , dans les huit atomes qui constituent la molécule inté^

grante de plomb sulfuré , il y en a quatre de plomb et quatre de soufre, et que Pb^ ; Pb ; * S'^ ; S; on voit de même que, dans les vingtsept atomes entrant dans la composition d'une molécule de chlorure de sodium , il y en a dixhuit de chlore et neuf de sodium , et que

cv : Cl' : : Na^ : Na.

On voit encore que, dans les deux premiers cas qui viennent d'être cités, la somme des élémens entrant dans la formule chimique était représentée par des nombres premiers ; c'est-àdire qui ne peuvent être divisés que par l'unité et par eux-mêmes , en même temps qu'elle était la racine cubique de celle des atomes des molécules intégrantes.

5° Le camphre a cette formule C^° H'^O' ; la somme des atomes = 27 (i), qui est un nombre

(1) Pour que les 27 atomes qui constituent le camphre soient rangés symétriquement , il faut que l'oxigène occupe le milieu, que le carbone fournisse six atomes pour placer au centre de chaque face du cube, et quatre atomes pour quatre des angles solides ; que l'hydrogène fournisse la partie moyenne des douze arêtes et les quatre angles solides restans , et l'on a ainsi :

C 4^'^8l*^s, 6 faces = lo atomes.

H 13 arêtes, 4'"'6^^*> "= iQ

O I centre r= i

la arêtes -f" ^ angles 4-' ^ faces + i cçntre z=. 37.

À L'ÉTUOr: DE LA CHIMIE. 55

cubique, et ses cristaux appartiennent au système cubique.

La formule chimique du camphre exprime exactement le nombre d'atomes entrant dans sa

Les huit angles solides du camphre n'étant point identiques, il en résulte une espèce de polaiisation moléculaire, et la forme cubique doit se montrer rarement, tandis que les formes , naissant par des modifications sur les angles solides , doivent se rencontrer très-souvent : aussi remarque-t-ou des lames hexagonales , des lames rhomboïdales , des trémies hexagonales , conduisant à l'octaèdre , dont elles représentent une des faces triangulaires qui a les angles coupés par les faces adjacentes; d'autres trémies conduisant à des rhomboèdres aigus, qui dérivent très-bien du cube ; on trouve encore des frondes de fougère entièrement libres , c'est-à-dire nqp. tracées sur le camphre, mais tout-à-fait dégagées comme celles du sel ammoniac que l'on fait cristalliser dans l'eau. La plupart de ces agglomérations cristalUnes ont un rachis formé de cristaux à bases hexaèdres et des folioles en lames rhomboidales , faisant avec lui des angles de 60°, et entre elles des angles de 120°; on en rencontre quelquefois sous des angles de 45° et de 90°. J'ai encore un assemblage de trémies fort remarquable , parce qu'il forme la moitié d'un solide présentant à la fois les faces du cube , celles de l'octaèdre et celles du dodécaèdre ; ce dernier cristal et les feuilles de fougère , dont les folioles sont reunies sous des incidences de f)o°, ne laissent aucun doute sur la forme de la molécule intf'giante du camphre.

t54 INTRODUCTION

molécule inlégranle, et il résulte des précédentes observations, qu'elles donnent une conjinnation mathématique à l'analyse de ce corps, qui fut faite par M. Dumas.

isonitiic, G. 1° Ou conçoit facilement qu'un nombre déterminé d'atomes puisse se grouper de différentes manières, pour constituer des molécules intégrantes qui n'aient pas la moindre analogie géométrique. Ces sortes de molécules venant à s« réunir séparément, donneraient naissance à des formes primitives qui seraient incompatibles, et cependant la composition chimique de chacune des combinaisons représentées par ces molécules, serait exactement semblable : on rencontre dans la nature le carbonate de

chaux ,* ayant pour formule C Ca, cristallisé, tantôt sous la forme d'un prisme droit à bases rhomboïdales, et tantôt sous celle d'un rhomlioèdre, qui n'ont pas le moindre rapport. On connaît au moins trois hydrogènes carbonés n hien déterminés et ayant cette formule : H' C. Dans les mêmes circonstances il y en a un qui est solide, l'autre qui est liquide, et le dernier qui est gazeux. On appelle isomères ou isomériques (i), les corps qui, ayant la même com-

(t) Isomère vient des laciAie.s îo-o;, semblable, et de

position, affectent des formes différentes ou se trouvent sous des états différons. On se rend d'autant mieux compte de ces faits, qu'on sait déjà que les formules ciiimiques peuvent n'exprimer que ie rapport des atomes entrant dans les molécules intégrantes (§ XI, F), et qu'indépendamment de l'arrangement moléculaire qui peut être différent pour un seul et fnême nombre d'atomes , il est encore possible que des molécules qui peuvent être représentées par une seule formule , renferment des atojnes en nombres très-differens, mais dans le même rapport. M. Berzélius dislingue le di-morpliisme (i) de l'isomérie, appelant di-morphes, les corps qui , ayant même composition, existent sous deux formes (2), mais qui, par ia dissolution, perdent leurs propriétés diâtinctives sans pouvoir les reprendre.

plpo , quasi , presque , en partie ; comme qui dirait des corps en partie semblables , ou , selon M. Berzélius , du dérivé iffopip/jç , qui se compose des mêmes paities.

(i) De A'tç, deux , et de Mop«/ii, forme,

(2) On rencontrera sans doute des substances polymorphes} le bi- carbure J'hydrof^ènc en montre déjà un exemple. Le mot di-morpliisme ne généralisant point assez , on pourrait appeler tous ces corps héicromorpheSf sans pour cela les distinguer des corps isomériques.

Jsonicnques.

36 IKTHODUCTION

L'isomërie étant fondée sur le groupement des atomes et non sur des propriétés chimiques, nous avons cru ne devoir })as distinguer les corps di-morphes des corps isomères, et cela d'autant plus que rien ne prouve actuellement, qu'à l'aide de nouvelles tentatives, on ne pourra transformer les corps isomériques les uns dans les autres.

Trois rspèces 2° On pcut distiuguer trois espèces de corps corps isomériques : i Ceux qui paraissent formés d'un même nombre d'atomes, mais qui affectent des formes différentes; les tartraics et les racémales en donnent un exemple (i). r>° Ceux dont les atomes qui les constituent sont dans un même rapport, mais e!i nombres différens. Il en existe un

(i) L'anangemeut des atomes , qui n'est pas le même dans les deux cas , peut trouver uue facile explication : l'acide para-tartrique , à l'état cristallin, n'est analogue à l'acide tartrique cju'avitant qu'on les considère comme étant formés d'un même radical uni à des cjuantités différentes d'eau; ces acides seraient 11 -f- H, R -}- 2 H. Mais,

le groupement régulier de molécules intégrantes de formes difïérentes ne pouvant avoir lieu ( § XII ) , l'eau n'y existe point toute formée, et les éle'mens qui pourraient la constituer y sont disposés dans un tout autre ordr;>, puisqu'ils ne sont pas eu nombre égal dans les deux cas : il en résulte évidemment que l'acide tartrique et ('acide racémique ne sont point isom'.'riqaes ; mais lorsque ^^s

A l'étude de la chimie. 07

exemple dans îa naphtaline et la para-naphtaline : en admettant que les poids de leurs vapeurs soient proportionnels aux poids des atomes qui forment leurs molécules intégrantes, on voit que ces deux corps pouvant être représentés par une même formule, ont des molécules intégrantes contenant des atomes en nombres différens (i). 3° Enfin, parmi le troisième groupe de corps isomériques, on devra classer ceux qui peuvent être représentés par des forxnules semblables sans que rien n'indique, jiisqu'à présent, que les formes différentes ou les états différens sous lesquels on les observe, soient dus à des atomes en même nombre, rangés de différentes manières, ou à des atomes n'étant

atomes qui les constituent se dissocient pour s'unir avec ceux des bases, il n'est pas étonnant cju'ils prennent des arrangemens différens, puisqu'ils quittent des dispositions qui n'ont pas la naoindre analogie. Il n'est pas étonnant non plus, cjue , par la même raison, les tartrates et les racémaîes , qui sont vraiment isomériques , iournissent des acides diilérens.

Nous devons cependant dire ici qu'il est douteux que le nombre des atonies soit le même dans ces deux genres de sels; l'un peut être multiple de l'autre.

(i) La vapeur de naphtaline pèse 4j538 ; celle de para-naphtaline pèse 6,741- Ces deux nombres sont sensiblement entre eux '.', 2 '. 3.

point en nombre égal, mais seulement dans le môme rapport; ici on mettrait les carbonates de chaux isomëriques, etc. Cette troisième série, qui est la plus nombreuse, rentrera nécessairement dans les deux premières, lorsque les corps qu'elle confient seront suffisamment étudiés. isomérie 5» C'cst saus doutc ici le lieu de faire re-

a des

lei.jpcratmcs marqucr qu'un corps qui peut exister sous plusieurs états, présente des dispositions moléculaires isomériqucs sous chacun d'eux ; par exemple : une molécule de vapeur d'eau paraît ne renfermer que trois atomes, dont deux d^hydrogène et un d'oxigéne (§ XIV), tandis que les molécules d'eau congelée doivent renfermer vingt-sept atomes et affecter la forme cubique

(SXI,F.)(0;

Si l'observation qui précède est juste, il en

(r) De ce que la neige cristallise sous forme d'étoiles à 6 raye a s , qui paraissent appartenir au système cristallin du rhomboèdre , cela ne veut pas dire que les molécules d'eau ne sont point cubiques ; car le cube est un des passages du rlionil^ocdre : c'est celui qui se trouve entre les rhomboèdres aigus et les rhomboèdres obtus , et dans les cristaux cubiques qui se forment au miheu d'un liquide où les molécules peuvent se mouvoir librement sans être influencées par les surfaces du vase ou par celle du liquide , ces cristaux se réunissent , dans la plupart des cas , en présentant un de leurs axes parallèle-

A l'étude de la. chimie. 39

résulte que les densités des vapeurs des corps volatUs ne peuvent faire connaître le nombre d'atomes qui entrent dans la constitution de leurs molécules à l'état solide. De là, lesden-'' sites des vapeurs de naphtaline et de para-naphtaline n'indiquent pas ie nombre des atomes entrant dans la constitution des molécules de ces deux corps à l'état solide (i); de là, encore, ce genre de densités ne peut conduire à la connaissance de la forme cristalline des molécules.

Il a été très-facile de se rendre compte de l'i- isomcde du somerie des corps composes : car, chez eux, elle est une manière d'être dont on conçoit les causes; mais il n'en est pas de même pour i'isoméiie considérée ôhez les corps simples : le soufre cristallisé par fusion a une forme incompatible avec celle du soufre crisîallisé naturellement. Indépendam-

ment à la direction de la pesanteur, et donnent alors des lormes hexagonales, comme l'hydroclilorate d'ammoniaque qui cristallise dans l'eau.

(i) Il existe un rapport entre la densité de la vapeur de naphtaline et celle de la molécule intégrante de naphtaline solide , puisque cette substance se volatilise sans se décomposer chimiquement , que les atomes sont indestructibles et possèdent des poids invariables ; mais on a voulu dire ici cpie ce rapport était inconnu.

/JO IKÏRODUCHON

ment de cela, ce corps, qui est solide et jaune à la température ordinaire , peut s'y trouver Toupe , mou, ilexible, extensible et très-élastique, si, après l'avoir porté à environ 180** de chaleur, on le coule par petites portions dans une grande quantité d'eau fraîche; bien plus encore , le soufre qui paraît pouvoir se substituer à i'oxigène dans un grand nombre de combinaisons sans en faire changer la forme , et par conséquent qui est isomorphe avec lui, le soufre a une densité de vapeur qui est trois fois plus considérable que celle qui est déduite du poids de son atome.

Bien certainement que, si le soufre est un corps simple, il ne doit pas trouver en lui des piopriétés qui permettent à ses molécules de se grouper autrement que sous une forme régulière, comme celles du cube et de ses dérivés. Il li'en est point ainsi : le soufre cristallise tantôt en octaèdres rhomboïdaux, et tanlôl en prismes obliques à bases rhomboïdales. Une telle chose ne peut sans doute provenir que d'une influence extérieure; mais quelle peut être cette influence?

Si le soufre était composé, cela s'expliquerait facilement, car un certain nombre de molécules de différentes Jiatures peut fort bien ne pas se f\\'ovi\)QV rci^iihèrcmcnt : dans ce cas, il v a luie

A l'étude de la chimie. 4.1

raison de nombre, d'équilibre et de symétrie qui n'existe pas dans l'aiUre.

4*^ Otj a calculé que beaucoup de poids isoméne d atomes paraissaient être entre eux en rapport tous les corps

1 1» 1 1 1 . • 1 simples.

Simple, et ion s est demande si toutes les matières que l'on connaît ne seraient pas formées par une seule qui serait l'hydrogène, le corps le moins dense de tous : cela ferait que tous les atomes seraient isomériques. Cette question , qui ne peut être actuellement résolue, ne saurait trouver de place ici; mais plus de détails ne seraient pas sans intérêt.

Lorsque deux corps sont isomériques ^ à l'un Para. d'eux on SipiMe para (auprès), pour indiquer ce rapport : ainsi, acide para-lartrique veut dire acide isomérique avec l'acide tarlrique (i).

§ XII. A. Les combinaisons chimiques peu- Action vent être décomposées par 1 intluence des deux sur les

,, ,, ., . , , . coniLinaisons.

pôles d une pue en action; loisquon agit sur une combinaison formée de deux élémens seulement, on parvient à les séparer : ainsi, Ba -4-0 se divisent en Ba et en 0; Ba se rend au

(i) Il faudra trouver plusieurs autres particules pour désigner les couibiaaisons isoiuériques ou renoncer à celle-ci ; car il peut exister trois et quatre corps susceptibles d'être représentés par la même formule : les hydro- (jcnos bi-carbonés en offrent déjà un exemple.

pôle iiégalif, et 0 se rend au pôle positif. Comme les substances jouissant d'électricités semblables se repoussent , et que celles d'électricités contraires s'attirent, on voit que l'oxigène est négatif relativement au baryum , qui est positif. Si l'on fait agir la pile sur une combinaison renfermant trois élémens , soit 0^ S K, on obtient S 0^ au pôle positif et K 0 au pôle négatif. On aurait pu prévoir que, dans ce genre d'expérimentation, une combinaison triple par la nature de ses élémens devait se séparer en deux , puisque la pile n'a que deux pôles actifs, et que les combinaisons qui résulteraient de cette désunion seraient celles qui présenteraient le plus de stabilité dans les circonstances de l'opération. Cependant cela ne se passe pas ainsi dans tous les cas : lorsqu'on décompose 0'' A'Pb, que M. Ber-

zéiius écrit de cette manière, Pb N, on n'obtient jamais Pb à l'un des pôles et N à l'autre, mais des produits qui varient suivant l'intensité de la pile. Avec un de ces instrumens , jouissant d'une assez grande énergie^ on obtient

Pb' au pôle négatif; 0 se dégage et N reste en dissolution ; avec une faible pile on obtient Pb au pôle négatif, Pb 0' au pôle positif, et

À l'étude de la chimie. 45

N' reste en dissolution. On voit que Pb **- 0

-H N = N Pb, et que Pb -j- Pb 0^ 4- N^

= N Pb X 2.

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