COMBUSTION DES GAZ MÊLÉS
Vitesse de réaction. — On distingue deux sortes de combustions, la combustion vivcy accompagnée de phénomènes intenses : chaleur, lumière, explosion, et la combustion lente, conduisant au même terme final comme réactions chimiques et dégageant au total la même quantité de chaleur, mais d'une façon plus lente ,
COMBUSTION DES MÉLANGES GAZEUX IO3
de telle sorte que la manifestation des phénomènes calorifiques est moins intense et les phénomènes mécaniques d'explosion nuls. La combustion des mélanges d'air et de gaz dans les moteurs à explosion donne un exemple de combustion vive. L'oxydation lente du fer dans la formation de la rouille, Toxydation lente des aliments dans l'organisme animal sont au contraire des exemples de combustion lente. Il n'y a en réalité entre ces deux espèces de combustions qu'une question de plus ou de moins dans la rapidité du phénomène. Il semble cependant exister entre les deux une discontinuité assez nette, nous en donnerons plus loin la raison.
Inflaenoe de la température. — La vitesse avec laquelle se produisent tous les phénomènes chimiques, ceux de combustion comme les autres, croit très rapidement avec la température. On admet généralement que cette vitesse peut être représentée par une loi exponentielle de la forme :
VzzKaT.
Pour préciser par un exemple, le mélange tonnant d'hydrogène et d'oxygène se combine vers la température de 200^ avec une lenteur telle que la combinaison n'est pas encore complète après plusieurs mois, soit en nombres ronds dix millions de seconde. Vers 2.20o<> au contraire^ des mesures relatives à la vitesse de l'onde explosive semblent indiquer que la durée totale de la combinaison n'excède pas à cette température un dix millionième de seconde. Le rapport de ces deux vitesses pour un écart de 2.000^ est donc celui de i à 10**, c'est-à-dire i à roo.ooo milliards. Si Ton voulait représenter par une courbe la loi de variation d'un semblable phénomène et que l'on prenne une échelle telle que la vitesse à 200** soit représentée par une longueur de i mm., ce qui est nécessaire pour pouvoir la dessiner sur le papier, la plus grande vitesse devrait être représentée par une ordonnée de 100 millions de kilomètres, c'est-à-dire égale à plus de 10.000 fois le rayon de la terre.
On admet généralement^ depuis des expériences faites par Ber-
thelot, que la vitesse de combinaison de l'hydrogène et de Toxy- . gène est rigoureusement nulle à la température ordinaire ; il n'a trouvé en effet en une dizaine d'années aucun changement appréciable, or si Ton cherche à extrapoler les chiffres cités plus haut, on voit qu'il aurait fallu prolonger plusieurs siècles l'expérience pour pouvoir constater une réaction appréciable; nous ignorons donc absolument si ces deux gaz commencent ou non à se com* biner à la température ordinaire.
Van t'Hoff a fait une série d'expériences sur le mélange d'hy- • drogène et d'oxygène k la température de 450®. La proportion de gaz combiné en fonction du temps a été trouvée :
Au bout de 20 h.* 7 0/0