BOIS
GoDttitQtion. — Le bois est constitué par des fibres longitudi* nales laissant entre elles des espaces remplis, en partie^ par un liquide appelé sève, qui tient en dissolution différents sels et circule constamment dans la plante, pendant sa vie, en partie par des gaz non moins indispensables h la vie végétale.
Cellulose. — Les fibres du boisa l'état sec représentent les 9/10 au moins de son poids; elles sont constituées par une matière chimiquement définie, la cellulose, dont la formule la plus simple peut être représentée par du carbone, plus de l'eau. On l'appelle parfois, pour ce motif, un hydrate de carbone, mais cette expression
n'est pas heureuse, car elle peut donner lieu à une équivoque, en faisant penser aux hydrates salins dont la propriété essentielle est de pouvoir perdre et reprendre ensuite avec la plus grande facilité leur eau de combinaison ; ce n*est aucunement le cas de la cellulose, le charbon obtenu par sa calcination ne peut plus se rehydrater.
On donne généralement comme formule brute de la cellulose
0*H"0»«ou(OH««00*
correspondant à la composition
Carbone 44 4
Hydrogène 6,2
Oxygène 49 4
Total 100,0
On prend le muhiple 4 de la formule la plus simple correspondant à cette composition, pour pouvoir écrire les formules des différentes celluloses nitrées sans attribuer d'exposants fractionnaires aux oxydes d'azote entrant dans la formule.
Incrustant, — Outre }a cellulose, le bois renferme encore d'autres matières organiques, les unes servent à agglomérer les fibres et à donner au bois sa dureté, les autres sont en dissolution dans la sève. Parmi les matières insolubles, une des plus abondantes est une matière incrustante non azotée^ notablement plus riche en carbone que la cellulose et soluble dans les solutions alcalines ou les bisulfites alcalins ; c'est précisément pour dissoudre cette matière agglomérante, et séparer ainsi les fibres que, dans la fabrication de la pâte à papier chimique, on traite alternativement les bois par les alcalis et les sulfites.
Il existe en outre des matières azotées analogues aux constituants des tissus animaux : albumine, protéine, etc.. Le gluten que l'on retire de la farine de blé après enlèvement de Tamidon est une matière azotée de cette nature.
La composition moyenne de ces composés est sensiblement la suivante :
COMBUSTIBLES NATURELS lj$
Ifalièr* lncrastant« Matière laetée
Carbone. ... 53 53 Hydrogène. . . 6,4 7 . .
Oxygène . . . 40,6 24
Azote .... 0.0 16
Il existe enfin, en dissolution dans la sève, un très grand nombre de matières organiques, variables suivant les essences d'arbres : des gommes, des sucres, des résines, etc., et des sels à acides organiques de bases minérales : malate, oxalate de calcium, de potassium, etc.
Composition chimiqtu. — La présence simultanée et en proportion variable de ces différents corps, venant s'ajouter à la cellulose, donne aux bois une composition un peu variable. Voici quelques exemples d'analyses de bois faites sur des échantillons séchés dans le vide à la température de 140^. Le ligneux seul a été étudié, les écorces ayant été enlevées au préalable. On a rapproché, comme terme de comparaison, la composition de la cellulose.
Hêtre troDC branche
Chéoe tronc branche
Boulefta tronc branche
Cellulose
Carbone . .
Hydrogène .
Oxygène. .
Azote. . .
Cendres . .
Tôt il .
Eau d*imbibition. — A l'état vivant, le bois renferme une grande quantité d'eau qui constitue la sève, une fois le bois coupé, cette eau se dégage peu à peu par évaporisation à Tair, sa proportion initiale est voisine de 50 0/0. Par dessiccation à l'air en forêt, la moitié de cette eau environ s*évapore pendant la première année. Par conservation prolongée pendant plusieurs années dans un endroit sec et à couvert, la proportion finale peut
tomber jusqa*à 15 0/0. Pour enlever cette dernière partie d'eau hygrométrique, il faut dessécher le bois à une température élevée, dans des étuves chaufiées vers 150^; au deli, le bois commencerait à se décomposer et perdrait de Teau de constitution. Le bois ainsi desséché à Tétuve reprend très vite de Thumidité à Tair ordinaire ; le bois desséché est en effet une matière à pores très fins, par suite hygrométrique, comme le sont tous les corps poreux. L'eau condensée dans ces pores a une tension de vapeur bien inférieure à celle de l'eau libre et d'«autant moindre que la quantité d'eaù actuellement condensée est moindre. Jusqu'à la teneur de 15 0/0, elle est inférieure à celle de la vapeur dans l'air ordinaire où la tension de vapeur est en moyenne la moitié de la tension maxima de l'eau. La quantité d'eau reprise par le bois sec peut s'élever à 5 0/0 pendant les trois premiers jours et continue ensuite k croître pour revenir lentement à la limite primitive de I 5 0/0.
La rapidité de dessiccation à l'air est très difiérente suivant que le bois est écorcé ou non. Avec Técorce, le départ de l'eau est beaucoup plus lent.
Cendres. — Le bois renferme toujours des matières minérales qui restent après la combustion et constituent les cendres. Ces matières sont, comme on l'a indiqué précédemment, pour la majeure partie en dissolution dans la sève, mais parfois aussi» comme Toxalate de chaux, cristallisées à l'intérieur des cellules. Les cendres du bois sont essentiellement basiques ; traitées par l'eau, elles laissent dissoudre du carbonate de potasse qui, pendant longtemps, a été dans nos pays la seule source des matières alcalines servant au blanchiment du linge, à la fabrication du savon, à la fabrication des verres, etc.
La proportion des cendres renfermée dans le bois est très faible, elle ne dépasse guère i à 2 0/0 dans le ligneux sec, elle est notablement plus élevée dans les écorces, en moyenne 2 fois plus forte et plus considérable encore dans les feuilles sèches où elle est 4 fois plus grande environ. Tous ces chiffres d'ailleurs
sont extrêmement variables avec les essences de bois et dans une certaine mesuré avec la nature des terrains où ils se développent. Les chiffres suivants peuvent donner une certaine idée moyenne de la composition chimique des cendres de bois. Nous donnerons dans un premier tableau la proportion de sels alcalins solubles renfermés dans loo parties de cendres, dans un second tableau la composition moyenne des sels solubles et dans un troisième, celle du résidu insoluble. Ces résutlats sont empruntés au célèbre « Traité des Essais par la voie sèche », de Berthier.