ACÉTYLÈNE ET GAZ A L EAU
ter la perte énorme de chaleur latente résultant de la formation de l'oxyde de carbone. A la même température, néanmoins, la vapeur d*eau donne de l'oxyde de carbone, parce que son passage est assez lent pour permettre l'achèvement des réactions. On arrive ainsi à obtenir un peu plus de 2 m* de gaza l'eau par kg. de charbon brûlé, ce qui est un excellent rendement.
Strache. — A la suite de ce perfectionnement dans la fabrication du gaz à l'eau, et de la découverte des manchons Auer« Tancienne société d'éclairage par incandescence reprit l'étude de l'éclairage au gaz à l'eau. Une difficulté très grave et imprévue mit en échec les nouvelles tentatives; les manchons Auer perdaient avec une rapidité extrême leur rendement lumineux, si avantageux. Un professeur de TÉcole technique supérieure de Vienne, M. Strache, découvrit la cause de cette difficulté. Le gaz à l'eau renferme toujours de petites quantités de fer carbonyle, I mmgr. par i m* environ, et ce corps dépose sur les manchons, de l'oxyde de fer dont le pouvoir émissif, considérable pour les radiations calorifiques, abaisse la température des manchons et diminue par suite leur éclat lumineux.
M. Strache indiqua en même temps le moyen de débarrasser le gaz du fer carbonyle; il suffit de le faire barbotter dans de l'acide sulfurique concentré, qui absorbe ce corps en prenant une coloration rouge intense.
Fabrication. — Nous donnerons comme exemple de fabrication du gaz à l'eau, la première installation faite en 1895 par M. Strache, pour l'éclairage d'une petite ville de Styrie, celle de Pettau. C'était une usine municipale dont la production journalière était de 1000 m*. Il s'agissait donc plutôt là d'un laboratoire expérimental que d'une usine industrielle proprement dite. Il n'y a aucune conséquence à tirer, comme prix de revient, des résultais obtenus dans une fabrication faite à aussi petite échelle. Cette installation était néanmoins très intéressante par la multiplicité des appareils de mesures mis en service, qui permettaient de suivre de très près toutes les phases de la fabrication.
Les différents appareils nécessités pour la fabrication sont les suivants :
Un ventilateur Root, de 3 chevaux, pouvant débiter 20 m* d'air par minute sous une pression de 0,60 m, d'eau. On n'utilise en réalité qu'une pression moitié moindre.
Une chaudière de 5 m- de surface de chauffe, fournissant à la fois la vapeur nécessaire à la fabrication du gaz à Teau, et la force motrice destinée à actionner le ventilateur. A première vue, il pourrait sembler plus naturel d'employer un moteur à gaz, utilisant précisément le gaz produit. La difficulté de mise en train, lorsqu'il n'y a pas encore de gaz fabriqué, les difficultés d'entretien des moteurs à gaz, beaucoup moins perfectionnés il y a 15 ans qu'ils ne le sont aujourd'hui, ont conduit à adopter pour la production de la force, la machine à vapeur. Cette solution serait plus recommandable encore dans une usine importante, où la multiplicité des appareils simultanément en marche permettrait d'utiliser la vapeur d'échappement de ces machines, pour l'alimentation des gazogènes. La consommation de vapeur est de 0,8 kg. par m* de gaz produit; la consommation totale d'eau dans les appareils de refroidissement et de lavage est de 8 litres.
Un générateur disposé pour traiter des lignites. Il a la forme d'un cylindre vertical, de 0,70 m. de diamètre intérieur et 5 m. de hauteur. Son garnissage réfractaire de 0,30 m, d'épaisseur est enfermé dans une enveloppe étanche en tôle. La partie inférieure, constituée par une sole pleine en maçonnerie, présente sur la circonférence, trois ouvertures : deux destinées à Tenlèvement des cendres, sont fermées par de larges tampons elliptiques en fonte, à bords tranchants, du modèle des tampons servant à fermer les cornues employées pour la fabrication du gaz d'éclairage ordinaire. La troisième ouverture sert à l'entrée de l'air pendant la période de soufflage et à la sortie du gaz pendant la période de fabrication. Cet orifice est protégé contre la pénétration du combustible par une petite voûte en maçonnerie perforée permettant le passage des gaz et s'opposant à celui du charbon. A