r , t. 1 . ». 1 relative
comme on ta vu, d en établir de moins étendues que nous des régioné. avons appelées provinces ou régions. Celles que Forbes avait désignées parles expressions d'arctique^ boréale^ celtique et lusitanienne^ le long des côtes d'Europe, ne seraient pas, suivant M. Austen, limitées d'une manière aussi absolue que le |)en8ait son savant collaborateur. Les changements seraient progressifs ilans toute l'étendue ; seulement lorsque les coupes des côtes d'Europe sont prises à de grandes distances, comme lorsqu'on compare la faune^du canal de la Manche avec celle de Lofoden, les difTcrences sont très-considérables. Mais ensuite, que des coupes ou divisions faites entre ces deux points constituent une ou plusieurs régions, c'est une question purement relative et qui dépendra de Topinion que l'on se fait de la quantité d'espèces qu'une région doit avoir en propre pour constituer
|1) On Tcrro plus loin que cette appréciation est trè^-contestce.
une unité réyionale. Ces sous-divisions, au lieu d'être aussi rigoureuses que Forbes Tavait cru, seraient simplement conventionnelles et leur degré d'importance ou leur plus ou moins de différence dépendra du plus ou moins d'étendue qu'on leur assignera.
Ainsi, pour M. Woodward, il faudrait qu'une province ou région eût la moitié de ses espèces qui lui fussent propres, et, dans ce cas, les régions précédentes seraient trop nombreuses: mais si leurs caractères ne sont pas assez tranchés, elles peuvent néanmoins être encore utiles dans la pratique. A proprement parler, les provinces lusitanienne et septentrionale seules rentreraient dans le principe précédent quant au nombre des espèces propres, et la région celtique établie sur le mélange et les caractères mixtes de sa faune n'aurait pas la même valeur que les autres.
En comparant les mollusques de la côte nord de FEspagne, y compris les espèces de la baie de Vigo, avec ceux de la côte sud, M. Mac-Andrew a trouvé que 246 espèces britanniques sur 406, ou 61 0/0, étaient communes à la côte nord, tandis que les espèces du sud sont au nombre de 227 ou dans, la proportion de 56 0/0. Des 19 espèces Scandinaves qui atteignent l'Espagne, aucune ne dépasse le cap Saint-Vincent. Au-delà de ce point le^ caractères de la faune lusitanienne deviennent plus prononcés, de telle sorle, dit Tautcur, que s'il est rigoureusement nécessaire de réduire à 2 le nombre des régions ou provinces, il peut être convenable de les subdiviser, et de la sorte la région lusitanienne septentrionale s'étendrait du cap précédent aux îles de la Manche.
Lorsqu'une faune marine devient plus nombreuse, ce qui a toujours lieu lorsqu'on s'avance du N. au S., la proportion de l'apparition ou de la disparition des espèces dans telle ou telle direction est inégale. Ainsi sur 212 espèces du nord de l'Espagne, 29 ne dépassent pas le cap Saint-Vincent, et de plus de 352 des côtes de Portugal et de l'Espagne au S. de ce même point 140 n'ont pas été observées au nord jusqu'à Vigo. Si, au contraire, la tendance à la diffusion était égale, le nombre de
celles-ci, qui ne passent point au nord, serait d'environ 50; or le long des côtes de TAtlantique d'Europe, les éléments septentrionaux de la faune des mollusques ont une distribution au sud plus grande que les formes méridionales ne Tout vers le nord. Pour se rendre compte de l'ancien état des conditions physiques de la terre, il faut donc prendre en considération les lois de la distribution géographique,' de l'arrangement en profondeur de^ animaux marins et de la nature des sédiments qui constituent le fond.
<P. 239.) M. Austen fait voir qu'une faune marine n'est point une association d'éléments constants, et qu'en remontant de l'époque actuelle dans les périodes géologiques les moins anciennes on suit les modifications qu'elle a éprouvées sur le même point, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, comme nous aurons occasion de dire en décrivant les faunes antérieures à celles de nos jours.
De son côté, M. Jeffreys, ayant démontré que plus de 30 espèces que l'on croyait propres aux- mers britanniques se retrouvaient dans la Méditerranée, est encore venu modifier ce que les régions de Forbes avaient de trop tranché.
On voit donc que les résultats si positifs que ce dernier avait d'abord proclamés dans ses huit zones bathymétriques de la mer Egée et les six réyions des mers d'Europe se trouvent singulièrement modifiés et atténués; il ne reste, pour ainsi dire, dans les deux sens, horizontal ou géographique, vertical ou en profondeur, que des modifications graduelles comme dans les faunes anciennes; mais reconnaissons que l'impulsion donnée par lui à ce genre de recherches n'en a pas été moins fructueuse.
Si nous considérons maintenant la loi de distribution des Distribuiion espèces dans un genre donné, nous verrons que la zone du plus espèces grand développement est celle qui renferme le plus de formes ^ jonné"" ^spécifiquement différentes. Dans la mer Egée, Ed. Forbes a trouvé que le genre Cardium atteignait son maximum entre ^>6 et 65 mètres de profondeur, où il est représenté par p espèces; le genre Pecten^ entre 109 et 145 mètres, où il en a 11. Dans l'un et l'autre cas, les zones dans lesquelles ces
310 ËPOQUE MODERNE.
genres sont le plus complètement représentés numériquement sont très-différentes. Les individus àe toutes les espèces de Cardium réunies n'atteignent pas le nombre de ceux du seul Cardium edule qui vit dans les 4 premiers mètres à partir du rivage. H en est de même du Pecten apeicularisj h une profon* deur un peu plus grande.
Les Rissotty comme on pouvait le prévoir d'après leurs habitudes et leur nourriture, ont leur maximum d'espèces dans la zonesub-littoralCf où ils abondent aussi numériquement. Partout où ces deux circonstances se rencontrent et sont combinées on a la preuve qu'on a sous les yeux une couche de rivage. Ce genre a d'ailleurs des représentants dans les eaux profondes. Dans cette même mer de l'archipel grec, le genre Troelius a son maximum entre 18 et 36 mètres, mais l'excès est trèsfaible et Ton peut dire que le genre est complètement représenté de 0 à 1 80 mètres, d*où il suit qu'il n'est pas très-caractéristique d'une profondeur donnée. Les Pleurotomes ont leur maximum de 63 à iOO mètres. Au-dessus et au-dessous leur nombre décroit graduellement. Sur plus de 24 espèces, la moitié a élè rencontrée dans c^s limites. Aucune n'est littorale, et 1 seule (P. abyisicola) a été trouvée au delà de 180 mètres. Dans les mers qui entourent les iles Britanniques, ce genre appartient aux eaux les plus profondes et il en est de même de la région intermédiaire de l'Atlantique lusitanienne. Enfin, bien au delà des zones où existent des faunes en relation avec le sol, de vastes espaces sont habités par des animaux aux habitudes pélagiques, dont la structure délicate n arien à y craindre du contact des corps solides; c'est la zone des Hbres nageurs, des ptéropodes, des nucléobranches, des céphalopodes, etc. Heihercbcs En cc qui concemc particulièrement la distribution des molli. Mac- lusques le long des côtes d'Europe, du cap Nord aux iles Canarines, on doit à M. Mac-Andrew des recherches intéressantes dont nous exposerons les principaux résultats. Il a d'abord fait voir (i) comment se composait la faune dans toute cette éten-
(1) On Ihe geographical dislribuUon of Ustaceous moUusca, etc. in-^. Liverpool, 1854.
AnJrew.
due, ses modtGcaiions à mesure qu'on descend au S. et les espèces communes aux côtes de F Amérique du Nord, puis, dans un rapport public en 1856 (l), il a donné un tableau comprenant 750 espèces obtenues par ses dragages, exécutés par lui sur 43 degrés de latitude et indiquant l'extension horizontale et yerticale de chacune d'elles, le point de leur plus grand développement, la nature du fond, etc. Un second tableau est plus particulièrement consacré à faire voir la distribution géographique de ces espèces, parmi lesquelles il compte 275 acéphales, 14 ptéropodes et 460 gastéropodes.
Les mollusques acéphales, dit Tauteur dans ses conclusions, ont une extension en profondeur ou bathymétriquc plus grande qae les gastéropodes; plusieurs espèces vivent à tous les niveaux depuis le bord de la côte jusqu'à 200 mètres et davantage. Ces espèces ont en même temps la plus grande extension géographique ou horizontale (Saxicava arcticaj Venus striainla^ V, ovala, lAicina borealis^ etc.). Elles atteignent ordinairement leur plus grande taille dans les eaux peu profondes. La Saxicava arctica est la plus cosmopolite de ces espèces, car elle a été observée jusqu'à plusieurs centaines de mètres de profondeur au Spitzberg, dans les mers de la Chine, dans le détroit de Behring, sûr les côtes de la Californie et sur celles de l'Australie (2).
(1) Rep,onthe marine tesiaceous moUusca ofthe iV. E, Atlantic and neighb. seas. (Rep, Bril. Àssoc. for 1856.)
(2) La jfya arenaria ne passe point, à la vérité, dans Thémisphère austral, mais c*est cerlaineincnt l'espèce la plus cosmopolite de rhémisphère boréal; csr, ea turope, elle manque seulement dans les mers intérieures. Suivant Qoe note que nous devons à TobligeanGe de M. P.Fischer» la Uy a arenaria descend de TOcéan glacial arctique le long des côtes de Norwége, des îles Britanniques, de la France, mais sans dépasser les côtes du golfe de Gascofoe, où elle vit dans le voisinage des estuaires entre le 45"* et le 45* lat.
A Test, elle habile les côtes nord de la Russie et de la Sibérie, où BI. Uiddendoriï la signale à la Nouvelle-Zemble, vers le 75°. Plus loin, dans cette <iirection, elle existe le long du détroit de Behring et des iles Alcoutiennes. Pénétrant ensuite dans le Grand Océan, elle a été recueillie au Kamtchatka, <i>ns la mer d Okhotsk, dans celles du Japon et du nord de la Chine, â Tohc- Fou. Sa limite sud serait ici comprise entre le TiO' et le 40' lat., c'est-à-dire
Mais à ces diverses profondeurs les espèces présentent deâ modifications plus au moins prononcées. En général, les individus qui vivent le plus bas ont une taille moindre, leurs couleurs sont moins vives et le test est moins solide.
Les espèces du nord diminuent beaucoup de grandeur en descendant vers le sud, mais l'inverse n'a pas lieu pour les espèces du sud, dont un certain nombre s^accroissent, au con- Iraire, en atteignant leurs limites nord. Ainsi la Ringmda au-riculata et la Maetra rugosa atteignent leur maximum de développement dans la baie de Yigo, VHaliotis tuberculata à Guernesey et la Tellina balatistina à l'ouest de Tlrlande et dans les Hébrides.
La répartition exacte des mollusques marins par provinces ou faunes est, comme on vient de le dire, loin d'être auâsi tranchée qu'on l'avait cru d'abord. Les faunes arctique et tropicale sont, à la vérité, assez bien limitées par les zones géographiques qui les désignent, sauf que la première s'avance de quelques degrés en dedans du cercle arctique à cause du courant dirigé vers le N., le long de la côte de Norwége, mais la division de hi zone tempérée en régions boréale^ celtique et lusitanienne ou méditerranéenne y donne lieu à diverses observations.
Ainsi les deux séries de mollusques de différents types s'avancent Tune vers Tautre des régions sub-arctiques et sub-tropicales. Dans leur marche, chacune perd beaucoup de ses types les plus caractéristiques qui s'éteignent l'un après l'autre de manière que, lorsqu'elles arrivent à se joindre, les espèces qui
plus basse que dans les mers d'Europe (Grosse el Debeaux). Par les tles Aléonliennes elle Joint les côtes d'Amérique ; on l'a trouTée à l'Ue Sitka, entre les archipels du Roi-Gcorges et de la Reine-Charlotte.
Si des côtes d^Eumpe on se dirige à TO.) on rencontre encore la Mya arenaria au Groenland (Fabricius), dans la iner de DalBn, au détroit de Dsivis, sur les côtes de la Nouvelle- Angleterre (Slimpson), du Massachusetts (Gould) et de la Caroline du Sud (Gibbs), entre le 5'2" el le 3u* lat., sans qu^elle atteigne le golfe du Mexique. Ainsi, dans rhémisphcre nord, elle s*ëtend du 50" au 80* lat., et après son circuit polaire semble envoyer au S. quatre grandes colonies : européenne, asiatique, américaine-pacifique, américaine-atlantique.
ont persisté sont en petit nombre et no sont point les plus caractéristiques des régions extrêmes nord et sud. Remarquons icique les formes typiques de la faune arctique descendent loin, Ters le S., tandis qu'à peine un des types caractéristiques des mers chaudes remonte-t-il vers le N.
Pour arriyer à une égale distribution des mollusques dans les zones tempérées, il est nécessaire, suivant M. Mac-Ândrcw, d'admettre une faune intermédiaire s'étendant plus ou moins dans le domaine des deux autres et ayant son principal déve. loppement à leur point de rencontre. Celui-ci se trouverait par le 50"^ lat., elle canal d^ la Manche marque, en efTet, la limite de quelques espèces caractéristiques du nord (Buceinum unda- /»m, Fusus antiquns, Cyprim ulandiea)^ aussi bien que des genres (Haliotis, Lachesis^ Calyptrœ^ Yenempis, Gastrochxna, Auriada) et de nombreuses espèces des types sud.
11 n'y a point d'ailleurs de ligne tranchée ; le passage des faunes est graduel, et cette faune intermédiaire pourrait être comprise entre le 45"" et le 55'' de latitude, embrassant ainsi la plus grande partie de la baie de Biscaye et une portion considérable de la mer du Nord. Les espèces les plus caractéristiques et qui y atteignent leur plus grand développement sont : Purpura lapillus, Natiea mofiilifera^ N. nitidaj Trochus zizyphittti«, Lacuua puteolus, L. pdlidula, les Pholades des côtes d'.bgleterre, Mactra solida^ Tellina crassa^ Pecten opercula- ^'^y P. ptiato, Yeiius strialula.
Le changement, quoique graduel, est cependant plus prononcé sur certains points que sur d'autres ; ainsi le cap Saint- Hncent est peut-être la limite nord d'environ 100 espèces du %d, sans être pour cela une limite comparable pour les espèces du nord.
Le sud de l'Ecosse est une limite analogue pour les formes du nord, et des 135 espèces de Norwége qui atteignent les côtes d^Écosse, ifi manquent dans le midi de l'Angleterre.
(}uant à la faune de la Méditerranée, elle peut être regardée r'omme une dépendance de celle de l'Atlantique tempérée nord, avec laquelle elle s'accorde dans ses caractères généraux,
quoique possédant quelques particularités résultant de sa position isolée.
Nous nous sommes étendu sur la distribution des êtres organisés en profondeur et géographiqucment dans les mers qui baignent les côtes d*Europe, parce que ce sujet y a été traité d'une manière générale, plus théorique et plus complète que dans les autres mers du globe, et qu'en outre les recherches spéciales d'Ed. Forbes, de Lôven, de Mac-Andrew, etc., et le travail de M. Austen lui donnaient un intérêt particulier; aussi passerons plus rapidement sur ce que nous avons à dire relativement à la distribution des mollusques, en dehors des limites où nous nous sommes renfermé jusqu'à présent. Divisions M. Woodward, dans son Mauiiel des Mollusques (i)^ a pré- H. s! \\ sente le développement géographique actuel do ces animaux >uodward. ^yj intéressent particulièrement le paléontologiste et le géologue, en les répartissant.dans des itrovinces ou rétjions marines au nombre de 18 pour toutes les mers, et dans des provinces ou régions continentales insulaires ou terrestres au nombre de 27 pour les continents et les iles. Examinons rapidement cette distribution, dont on peut se faire une idée en jetant les yeux sur la pi. 1 , ci-après. Provinces Saus revenir ici sur les régions marines de Touest, que nou> ou^régions. dvous vucs désignées par les noms de arctique^ boréale^ eelti- 1" 2'~~3* X' 9^^ ^^ lusitanien7iey et dont le nombre des espèces propres est <•» représenté parles chiffres 100, 200, 250 et 450, nous passerons de suite a la région aralo-caspienne qui se trouve dans des conditions particulières.
La Caspienne et TAral sont les seules mers intérieures (|ui aient des coquilles qui leur soient propres ; mais les 20 espècos citées et dont la moitié se retrouvent dans les calcaires des steppes qui bordent le bassin de la mer Noire, de même que Il grande dépression des deux mers intérieures, les' observations plus récentes de M. Spratt, qui tendent à prouver que les coquilles voisines des Cardtum^ imprimant à cette faune
(1) A nianual ofûie MoHu$ctt, in-12, avec pi., Londres, i85l-î»G.
un caractère parliciiliGr, ne vivent pas aujourd'hui dans les eaux saumâlres mais dans des lacs complètement d'eau douce, enfin rai)sence de dragages ou de recherches bathymétriques faites avec soin, tels sont les motifs qui ne nous permettent pas d'asseoir encore une opinion bien précise sur cette faune d'ailleurs très-pauvre en genres et en espèces et dont aucune des dernières n'a de caractère marin bien prononcé (i). •La région de V Afrique occidentale entre les tropiques, y 6- i^ion. compris celle des côtes de Sainte-Hélène, est très riche en mollusques. 500 espèces lui sont propres, mais il reste beaucoup à faire pour avoir une idée complète de cette faune, malgré les recherches d'Adanson, de Cranch, deCuming, etc.
b faune du sud de rAfritjue a peu de caractères communs 7' région. avec celle de la côte occidentale; elle en a davantage avec celle de Tocéan Indien, comme on pouvait le prévoir diaprés la direction des courants. D*un autre côté il y a une Association particulière qu'on n'observe point ailleurs, et le cap des Tempêtes forme une barrière entre les populations des deux grands Océans presque aussi complète que la pointe de l'Amérique du Sud. Des 400 espèces mentionnées dans cette région, plus de 200 lui sont propres, et beaucoup de celles-ci sont d'un petit nombre de genres littoraux. 11 espèces seulement se retrouvent sur les côtes du Sénégal, tandis qu'il y en a 18 dans la mer Rouge et 16 dans les mers d'Europe.
La région de l'océan Indo-Pacifique est de beaucoup le plus s* région, ^nd espace dans lequel les mollusques et les autres animaux marins testacés aient été reconnus. Elle s'étend de l'Australie au Japon et de la mer Rouge et de la côte orientale de l'Afrique à TilcEaster dans l'océan Pacifique, comprenant ainsi les 5 5 de la circonférence de la terre et 45^ de latitude. Cette grande région peut être, à la vérité, subdivisée en sous-régions,
il) Nous trouvons 20 espèces signalées dans ces deux mers (p. 365), ci à»n% ion tableau général, p. 407, Tautcur a mis le chiffre 30. Nous ne pouTOQs pas d'ailleurs y comprendre celles qui n*ont été signalées que dans In calcaires des steppes et qui sont au nombre de 14. (Voy. Murchison, de Verneoil et de Keysorling, Russia in Europa, etc., p. 297.)
216 ÉPOQUK MODERNE.
telles que la met* Rouge, Madagascar, le golfe Persiquây etc., mais il y a un nombre considérable d'espèces qui se retrouvent partout et donnent à l'ensemble un même fades général.
Suivant M. Cuming, plus de 100 espèces des côtes orientales d'Afrique sont identiques avec celles qu'il a recueillies aux Philippines et dans les iles de coraux de Test du Pacifique. Ces îles de polypiers sont d'ailleurs le refuge et l'abri d'une multitude de mollusques et d'autres êtres marins particuliers. Le nombre des espèces de cette région est de plusieurs milliers. Ainsi, M. Cuming, qui a recueilli 2500 espèces 4c coquilles marines autour des îles Philippines, estime qu'il y en a encore un mille de plus, et JJ. Woodward porte à 4000 le nombre des espèces particulières à cette 8* région. Il y cite entre autres 120 espèces de Cônes, 100 Pleurotomes, 250 Mitres, 40 Columbellcs, 50 Cyprseay 50 Natica-y 30 Chitons, 50 Tellines, elc. Parmi les 68 genres les plus caractéristiques de cette grande région, 40 n*ont point de représentants sur les côtes d'Europe; mais la moitié de ce nombre se retrouve à l'état fossile dans les dépôts tertiaires de cette dernière partie du globe. 10 genres se représentent sur la côte occidentale de TAmérique.
La mer Rouge a offert à MM. Ehrenberg et llemprich 408 espèces, dont 74 sont communes à la Méditerranée, ce qui indiquerait une communication directe entre ces deux n^ers depuis l'existence d'une grande partie de la faune actuelle, comme M. Yalenciennes avait pu le supposer d'après un nombre d'espèces bien moins considérable; 40 de ces espèces se retrouvant aussi dans l'Atlantique y auraient émigré par la Méditerranée pendant la période quaternaire; les autres qui viennent de la région indo-pacifique remontent peut-être à une époque plus ancienne. Les genres de la mer Rouge qui manquent dans la Méditerranée ont surtout les caractères de ceux de la mer des Indes.
Golfe Persique. La zoologie marine du golfe Persique n'a pas été suiSsammcnt explorée pour qu'on en induise quelques données particulières, et les côtes de Kurachee ont apporté aus
recherches de M. Baker un assez grand nombre d'espèces, les ooes connues, les autres nouvelles.
là V province j comprenant les mers de Y Australie et de la »• région. Nouvelle-Zélande^ la plus éloignée de la région celtique dont elle est l'antipode, est aussi celle qui en diffère le plus par sa faune. Beaucoup de ses genres sont complètement inconnus en Europe, soit vivants, soit fossiles, et quelques-uns y sont fossiles, mais d'une période déjà ancienne. 9 genres sont propres à celte région, 27 y atteignent un développement particulier, el 9 se retrouvent à de très-grandes distances sur les côtes de la Terre-de-Feu, du Chili, de laPatagonie, de l'Inde, du Japon, du Cap et des mers arctiques. 400 espèces lui seraient pai ticulicres*, mais ce nombre ne résulte sans doute que du peu de recherches spéciales faites jusqu'à présent dans cette région (l).
La province du Japon, comprenant les îles de ce nom et la lo- région Corée, représente la faune lusitanienne ; elle est connue par les bâtiments marchands hollandais qui ont eu longtemps le pri- Mlége exclusif du commerce avec ce pays ; M. Woodward en porte la faune particulière des mollusques au chiffre de 300 espèces.
De même, la région boréale de TEurope est représentée *i* rés'ondans l'océan Pacifique du Nord par la régiofi des tles Aléoutiaines, où, suivant M. Middendorff, on retrouve les mêmes genres et beaucoup d'espèces identiques ; crt outre, 100 espèces paraissent y être propres. Quelques espèces d'HaUotides y montrent rinfluence du courant des côtes d'Asie, tandis que d'autres indiquent ses rapports avec la faune de la côte occidentale d'Amérique.
Considérées dans leur ensemble, ces longues lignes de côtes c<^ic» qui s'étendent du 50^ de lat. nord au cap Hom présentent des do
rAmérique.
(l)Dcce que quelques espèces de genres représentés surtout dans le Généralm». t^^rrain tertiaire inférieur et dans le terrain secondaire, telles que les Crassa- . telles et les Trigonie^, ont été trouvées viTantcs dans ces mers, on s'est empn^ d^'tablir une certaine relation entre la faune actuelle de la Nouvcllc- Mande et la faune oolitique, par exemple, mais de pareils rapprochements w prouTent en réalité que Tirréflcxion de ceux qui les font.
faunes de mollusques également distinctes de celles de l'Atlantique à Test, et de celles des parties centrales de l'océan Pacifique a i'ôuest, car, suivant M. Darwin (l), il n^y aurait pas une seule coquille qui fiU commune aux iles de Tocéan Pacifique et a la côte occidentale de TAmérique. D'un autre côté, MM. Cuminget Hinds, qui ont pu comparer environ 2000 espèces provenant des cotes est et ouest du continent américain, n'ont trouvé que le Purpura patula qui se rencontrât à la fois aux États- Unis, sur la côte de Panama et autour dep iles Gallapago^, identification (|ui même a paru douteuse à quelques personm*». D^ autres identifications d'espèces qui se trouveraient à la fois sur les côtes opposées du continent sont aussi révoquées en doute.
De 628 espèces recueillies par Aie. d'Orbigny sur les côtes méridionales de 1* Amérique, 180 à l'est et 447 à Touest, la Siphoiiaria Lessonii^ qui s'étend de Valparaiso au Chili à Maldonado, sur lacôte de TUruguay, est la seule qui soit commune, circonstance que M. Darwin attribue au canal supposé de la rivicrede Santa-Cniz, qui réunissaitautrefois le Pacifiqueà Tocéaii Atlantique, comme fait aujourd'hui le détroit de Magellan.
Les espèces précédentes sont rangées dans 110 genres, dont 55 sont communs aux deux côtes, 54 propres à celle dn Pacifique, 21 à celle de l'Atlantique (2).
Dans Tocéan Atlantique, la faune des régions tempérées serait, suivant Aie. d'Urbigny, plus nombreuse que celle des régions chaudes, et chacune de ces régions possède 4 à.6 fois plus d'espèces propres que d'espèces communes. Les côtes du Grand Océan donnent des résultats analogues. Ces conclusions sont d'ailleurs en contradiction complète avec celles que présente M. Woodward d'après 'les. observations dos autres voyageurs et naturalistes.
Si l'on compare, ajoute d'Orbigny, les genres des côtes op
(I ) Journ. of voyage f p. 391 .
j[2) Vay. dans l'Amer, mérid, l. V, p. 5; 1847. Nous avons donne d«« cliiffres moindres d'après une communication plus ancienne de rauleiir, >- Compt. rend., vol. XIX, 10 nov. 1844 (llist, desprogré de la géviogie. voh I, p. 405): aussi ne les repro luirons-nous pas ici.
posées, on trouve diins leur répartition des différences remarquables. Ainsi, dans TAtlantique, le rapport des gastéropodes aux lamellibranches serait : : 85 r 71, dans le grand Océan : : 129 : 76. La distribution si différente des mollusques sur les deux côtes de l'Amérique méridionale paraît tenir aux caractères orographiques très-différents ^ussi des côtes et du sol sous-marin. Sur le littoral du Grand Océan, les Cordillières étant très-près de la mer, les pentes y sont.plus abiniptes, fort inclinées, et les rochers bien plus nombreux que les plages* sablonneuses; il doit donc y avoir infiniment plus de gastéropodes que de lamellibranches,' et les genres qui dominent par leurs espèces doivent principalement vivre sur les rochers.
C'est rinverse pour la côte de Tocéan Atlantique, où les plages en pentes douces se prolongent fort loin sous les eaux et où les mollusques côtiers doivent vivre principalement sur les parties sablonneuses et dans les golfes tranquilles. Les différences organiques, produites ainsi par la disposition des deux côtes à la même latitude sont plus prononcées que celles qui sont ducs à la différence des latitudes dans l'un et l'autre océan. D*après le même savant, qui s'est occupé deTinDuence Je$ courants et d'autres circonstances physiques détermi- nant la station des animaux marins, les grands cours d'eau, tels que ceux de l'Amérique méridionale, n'auraient aucun effet sur la composition des faunes marines voisines, conclusion encore opposée à ce que nous ont fait coim^itre les recherches plus récentes que nous avons rappelées précédem. inent, et d'après lesquelles le degré de salure de l'eau et la proportion des eaux douces apportées sur la côte par les ri- Mcres et les fleuves modifiaient sensiblement les caractères des faunes.
Les mers qui baignent les deux côtés du nouveau continent présentent, quant aux diverse^ associations de mollusques, les divisions o,u provinces suivantes :
Dans la région de la Californie et de rOréyon, 11 espèces i2* région. remontent au N. vers lile de Sitka par 58° lat. N., et peu d'esl^èces s'étendent jusque dans la baie de Californie, qui appar-
220 ÉPOQUE MODËRxNE.
tient à la province suivante ou de Panama. 250 espèces seraient propres à cette province (i).
13- wgion. La région de Panama s'étend de cette baie, ou mer Vermeille, à Payta, au Pérou, constituant une des plus grandes régions et des mieux caractérisées. Les coquilles de Mazatlan et du golfe au nombre d'environ 500, dont la moitié se retrouverait au S. le long des côtes de Panama et du Pérou, n'ont que très-peu dV nalogues sur la côte ouest du promontoire de Saint-Lucas, et encore moins dans l'Atlantique ou dans le Pacifique.
Les coquilles des côtes de Panama sont au nombre de plus de 1500, dont peut être aucune n'existe au delà; car celles qu'on a citées dans d'autres régions sont plus ou moins douteuses. En général, il y a une très-grande différence entre cette faune et celle de la mer ou province des Caraïbes, et le nombre des espèces qui y atteignent des dimensions considérables y est plus grand x\ue dans cette dernière.
Autour des iles Gallapagos, M. Cuminga recueilli 90 espèces, dont 47 sont inconnues ailleurs, 25 se trouvent le long Je TAmérique occidentale, les autres dans divers points du Grand Océan. 1 seule coquille est citée par M. Adam des deux côtés . de risthme de Panama : c csih CrepidtUaunguifonms. Mais ce mollusque parait n'être qu'une forme anormale de différentes espèces résultant de son mode d'accroissement dans Tintérieur d'autres coquilles. Le nombre des espèces propres a cette province de Panama n'est pas moindre de 1000 (2).
w l^^gHm. La province littorale du Pérou comprend les côtes de Callao n Valparaiso, au Chili, et fournit une association considérable de coquilles particulières, mais dont les listes ne sont pas encore très-bien dressées, malgré les recherches d'Alc. d'Orbigny, de Cuming et de Philippi. De 160 espèces recueillies par lèpre-
(i) Sur la côte occidentale de rOrcgon et de la Caliromte, N. P. P. Carpcnter indique 305 espèces de mollusques. {Hep, Brit. Assoc., 1856.— Check list of the shells of N. Amer, prepar, f, the Smiths. institution, i860.
(2) Sur la côte occidcnlale du Mexique etde Panama, N. P. P. Caqienter Indique 1i89 espèces de mollusques. Ibid,
micr de ces naturalistes, la moitié est commune au Pérou et au Chili, tandis qu'une seule recueillie à Callao aurait été rencontrée aussi à Payta, située à peu de distance au delà de la limite de la région qui contiendrait 500 espèces propres.
La région des provinces magellaniques comprend les côtes *5- région de la Terrc-de-Feu, des îles Falkland et de la partie continentale de TÂmérique du Sud, depuis la pointe Melo à Test jusqu'à Conception à Toucst. Les côtes sud et occidentales sont les plus exposées aux tempêtes furieuses de ces parages; sur beaucoup de points les glaciers descendent jusque dans la mer, et souvent le passage du cap Hom est embarrassé par les glaces qui viennent du pôle. Dans le détroit, les plus grandes marées atteignent 15 mètres. Le long de la Terre-de-Feu, depuis le niveau de la basse mer jusqu'à 82 mètres de profondeur, végète l'immense Macroqjstis pyrifera^ dans les rameaux duquel fourmillent, dit M. Darwin, les Ascidies, les coquilles patelliformes, les TrochtASj les mollusques nus, les Seiches et des bivalves fixes. Les roches à la basse mer n'abondent pas moins en coquilles très-différentes de celles des latitudes nord correspondantes, et, lorsque les genres sont les mêmes, les espèces sont de beaucoup plus grandes tailles et plus fortement constituées. Cependant, conformément à la loi de décroissement vers les pôles, nous ne trouvons dans cette région, malgré la variété de ses habitants, que 100 espèces qui lui soient propres.
En remontant au nord de Port-Melo à Santa Catharina, non *6' '^•<>nloin du tropique, la côte orientale de l'Amérique du Sud, qui comprend la région ou province patagonienne^ a éprouvé des changements considérables depuis l'existence de la faune actuelle ou très-peu auparavant; nous en parlerons en traitant des ils quaternaires. De 79 coquilles recueillies par Aie. d'Orsur la côte nord de la Patagonie, 51 lui sont propres, 1 se trouve aux lies Falkland et 27 à Maldonado et au Brésil. A Maldonado, de 37 espèces 8 sont propres à cette localité, 10 se retrouvent au nord de la Patagonie, 2 à Rio et 17 au Brésil. De celles-ci 8 se continuent dans la mer des Antilles. Cette région, bien qu'elle s'approche du tropique, n*aurait,
suivant les connaissances actuelles, que 170 espèces propres.
i7« région. La régioti désignée sous le nom de caraibéenne comprend le golfe du Mexique, les Antilles et la côte orientale de FAinérique du Sud jusqu'à Rio-Janeiro, formant la quatrième grande région tropicale de la vie marine. Elle a fourni jusqu'à présent, suivant M . Adams, près de 1500 espèces dont 500 provenant de Cuba ont été décrites par Aie. d'Orbigny. Les côtes des Antilles, des Bermudes et du Brésil sont bordées de récifs de coraux et de bancs considérables de fucus ou d'autres plantes marines. 1000 espèces seraient particulières à cette région.
AJ. P. Fischer nous a fait remarquer que la mer des Antilles présentait cette particularité, de nourrir encore les représentants de plusieurs genres ou familles qui manquent jusqu'à présent dans le terrain tertiaire supérieur et moyen et ne sont connus que dans des dépôts plus anciens. Le Pleurotomaria quoyava, Fisch., de Marie-Galante, est voisin des grands Pleurotomaircs jurassiques; 2 ou 3 espèces au plus ont été signalées dans le terrain tertiaire inférieur; la Pholadomya candidaj Lam.,dc la Guadeloupe et de Tustola, n a point de congénères dans le terrain tertiaire supérieur (i) et ils seraient très rares dans le moyen ; le Pentacrinm caput Medu^x^ Lam., de la Guadeloupe, et YHolopus Rangii de la Martinique sont les seuls représentants de la famille des crinoides, et il faut redescendre bien loin dans le terrain secondaire pour trouver des formes analogues. Dans les autres mers du globe, les jeunes Comatuk^ représentent seuls les radiaircs échinodermes pédoncules. Nous avons donc dans ces faits quelque chose de comparable à ce que nous avons rappelé pour les mers de la Nouvelle-Hollande, mais dont nous nous garderons bien die tirer les conséquences qu'on en avait déduites pour la faune de celle-ci.
18- région. Enfin la régioîi tram-atlanlique^ qui comprend les côtes d(•^ États-Unis, avait été divisée en deux par Ed. Forbes ; l'une, s'étendanl du cap Hatteras au cap Cod, était la ré^n virgi-
(l)Nou8 ne connaissons pas la P. hesterna,^yi.[M\fierXonch.,i. 621); 1844) qui d'ailleurs serait déjà du crag blanc ou inférieur.
mme; l'autre, se prolongeant jusqu'à rextrémité de la Floride, était la ré^on carolinienne. Mais cette division ne parait pas reposer sur des données suffisantes. Le nombre total des mollusques est de 230 seulement, dont 60 se continuent plus au nord et 15 se représentent sur les côtes d'Europe. Des 110 espèces de la cùte du Massachusetts, au sud du cap Cod, il y en a près de la moitié, suivant M. Gould, qui ne passent pas au nord de ce cap et qui forment le commencement du type américain. M. Dekay, en décrivant les coquilles de New- York et des autres États du Sud, a fait connaître 120 espèces nouvelles, dont quelques-unes s*ctaient écartées de la région Caraibéenne. Cette région aurait 300 espèces propres (i).
La somme des espèces ainsi particulières à ces 18 régions marines serait de 10,000, suivant le. tableau dressé par M.Woodward(p. 407).
L'inégalité de ces régions ou provinces raalacologiques, en grandeur et en importance, est en partie nalurelle et en partie causée par Tinégale facilité qu'on trouve à les subdiviser. La région Indo-Pacifique y par exemple, n'est pas du même rang que la région du Japon parce qu'elle résulte de la réunion de plusieurs sous-régions. M. Waterhouse appelle provinces de familles ou d'ordres les régions principales dans lesquelles on peut distinguer de grands groupes d'animaux, et provinces spécifiques ou génériques celles qui ne sont caractérisées que par des associations zoologiques moins importantes.
Nous ajouterons à ces divisions de M. Woodward quelques Région» considérations sur les caractères des mollusques qui habitent '* Sâr* les mers circum-polaires, Qonsidérations que nous devons à l'obligeance de M. P. Fischer.
Les faunes arctique et antarctique, très-différentes l'Une de l'autre quant aux espèces, parce qu'elles n^en ont pas une seule commune, offrent cependant un certain faciès qui les rappro*
(i) Des côtes orientales des mers arctiques à celles de la Géorgie inclusi* tement. M. W. Stimpson a signalé 559 espèces de mollusques, donl 46 sont rcîlce» douteuses. (Check lûtes of the shells of iV. Amer, preparêd for the ^mithwnian Imtitulion, 1860.)
che. Lenombre des espèces y diminue sensiblement par rapport aux régions voisines, tandis que certains genres y prédominent et caractérisent ainsi les populations de ces mers froides. Ce sont surtout les genres ChrysoclomiLS, Trophon^ Trichotropis^ Margaritay Lamellariaj tiliynchoneUaj Crenella, Joldia^ Astarte^ Bullia, Pancturellay Buccinurriy Cyprina^ GlycimerU^ dont plusieurs n^habitent que les deux zones circum-polaires et sont inconnus dans les mers chaudes et tempérées.
La région polaire boréale présente une population de mollusques comparable dans le nord delà Sibérie, de la Russie à la Nouvelle-Zemble, au nord de laNorwége, en Islande, auSpilzberg, autour des îles Shetland et Féroë, sur les côtes du Groenland, dans le détroit de Davis, dans celui de Behring et dans le nord de rAmérique Russe. Une liste assez nombreuse peut être dressée, en eflet, des espèces communes au nord de TEurope et au nord de l'Amérique, mais les relations de l'océan Pacifique avec la mer Glaciale, par la région des iles Aléoutiennes, des Iles Kourilles et de la mer d'Okhotsk, modifient la faune boréale dans la mer de Behring et au delà du détroit de ce nom. Le nombre des espèces communes diminue et il y a une sorte de lacune dans la zone de l'organisme circum-polaire. Néanmoins la prédominance des genres des mers froides contribue toujours à donner à la faune un caractère polaire.
Les espèces suivantes ont été rencontrées sur 35" de lat., depuis 45" jusqu'au 80° lat. N., de la Nouvelle-Angleterre au Spitzberg, sur les côtes du Groenland, de la Nouvelle-Zemble et de la Scandinavie, à Textrémité septentrionale des iles Britanniques : Rhynchonella psittacea, Peclen islandicusj Crenella deeussata^ Crenella nigra^ Ledapermula^ L. caudata (i).
(i) Voy. aussi sur ce sujet : OUoTorclI; Bidrag iill Spilsbergem UoU Ituk faunajemU in Allman ôfversigt af arktiska regionem Nalurf och foml. uthredning L Stockholm. 1859. —0. A. L. Môrch, ForUgnelu over Gronlands Bladdyer, etc. Prodrome d*une faune des Mollusques du Groenland, 1857. 11 y a 255 espèces indiquées : marines, fluviatiles et ter* restres. — L. Maury, Phys. geography of the sea, new. éd., 1858, p. 55. Espèces du Finmark» du Groenland et du Spitzberg. — P. 41, Mammifères
On ne peut encore, pour la zone circum-polaire australe, éta blir de loi semblable à celle du Nord, L'Amérique descend beaucoup plus bas que l'Afrique, l'Australie et la Nouvelle- Zélande, d'où il résulte que la faune des côtes magellaniques afTecte le -caractère polaire, tandis que celle du Cap présente celui des mers chaudes, comme le prouvent les genres Cône, Marginelle, Ébume, Harpe, Mitre, Cyprxaj etc., qu'on y rencontre.
D'ailleurs nous co'nnaissons moins bien les mers polaires australes que celles du Nord ; elles sont dans des conditions différentes d étendue, de profondeur et de température. La zone magellanique, par 55'' lat., ne dépasse pas, au sud, la latitude de Tlrlande au nord, et de là jusqu au 80"* on sait bien peu de chose. Les immenses banquises qui défendent les approches des terres Adélie et Victoria , des volcans , TÉrèbe et le mont Terreur, de même que les terres Louis-Philippe, Palmer et Graham, n'ont guère été favorables à la recherche des mollusques dans ces parages si rarement visités.
La distribution géographique actuelle de certaines familles Répartition de mollusques marins dont les représentants, à Tétat fossile, céphalopodes, ont joué un rôle important dans les diverses périodes géologiques, peut aussi avoir quelque intérêt. Ainsi la répartition des céphalopodes acétabulifères^ qui sont des mollusques de hautes mers, et qui a été donnée par Aie. d*Orbigny, nous fait Toirque 6 de leurs genres habitent à la fois les régions chaudes, tempérées et froides, quoique beaucoup plus nombreux dans les premières ; 5 genres qui habitent les zones chaudes ou tempérées sont aussi plus abondants en espèces 'sous la zone torride; 6 sont propres aux mers tropicales ; 1 seule est exclusive a>)x zones froid&s. Ainsi sur 16 genres que comprend cette famille, 15 ont des représentants dans les régions chaudes, 10
de la région arctique : nord de rAmérique au delà du 70*", terre de Bootia- Fclix,Groenbnd, lie Melle\ille, Nouvelle-Zemble, Spitzberg, détroit de Kennedy.—Oiseaux. — Coquillesfluviatiles et terrestres. — P. H9, Mollusques do Spiliberg : 3 Térébratules, 1 Cranie, 2 Pecten, 5 Crenella, 1 Dacryàium, nov. gcn. 1 Nucule, 2 Leda, A Goldia, i Arca, en tout 20 bivalves.
396 ÉPOQUE IIODERNK.
ou les â/3 dans les régions tempérées, ci 6 ou moins de la moitié dans les régions froides.
Quant aux espèces, le même naturaliste montre que plus des 2/5 de celles de chaque mer lui sont particulières; ainsi les limites d'habitation sont^ assez restreintes pour des animaux que leur puissance de locomotion et leurs mœurs pélagiennes sembleraient devoir répartir à la fois dans toutes les mers.
^ I^ distribution des espèces de céphalopodes acétabulifères offre les particularités suivantes : 7S se trouvent dans les mers chaudes ou des tropiques, 35 dans les au)nes tempérées et 7 seulement dans les zones froides. Mais si les genres et les espèces sont plus nombreux et plus variés sous la zone torridc, il ne parait pas en être toujours de même des individus qui y sont, au contraire, peu multipliés, tandis que dans les mers polaires arctiques VOmmastrephe sagitiatus^ et dans Tocéan Austral TO. giganteum^ sont tellement nombreux qu'à l'époque de leur migration annuelle les uns viennent couvrfr les côtes de Terre-Neuve, les autres celles du Chili. On sait d'ailleurs que l'extrême multiplicité des individus et le petit nombre relatif des espèces dans les zones froides est un caractère presque général dans les diverses classes. Les poissons en offrent des exemples que tout le monde connaît.
wèsumô. Aucun assemblage,! aucune association de mollusques ne semble donc se reproduire de part et d'autre deTéquateur sous des latitudes correspondantes. L'organisme se modiGe complètement lorsqu'on se dirige du N. au S. et réciproquement, dans le sens d'un méridien quelconque. Aucune faune ne se répète ni n'est continue non plus dans le sens des parallèles, quoique en général plus étendue' que du N. au S. Variélcel succession graduelle dans un sens et dans l'autre, telle parait être à cet ^rd la loi générale de la nature.