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ce sont généralement aussi les plantes les plus simples qui forment les couches de combustible; et ce que nous déduisons ici des phénomènes actuels peut s'appliquer encore à toutes les périodes de Thistoire de la Terre.
§ 2. DîftmoUon dei 6po<{ue0 moderne et 4|iialenuûre«
Nous ferons suivre Texf^osé des phénomènes organiques de Tépoque actuelle de quelques réflexions sur la nécessité de conserver sa distinction et sa séparation d*avec celle qui Ta précédée immédiatement.
Quelques zoologistes,* ne tenant aucun compte des phénomènes physiques si remarquables, si complexes, et en même temps si particuliers et si généraux de Pépoque quaternaire, ne prenant en considération qu^un côté de la paléozoologic, celui naturellement dont ils s'occupent, ont cru pouvoir dire que cette époque n'existait pas comme distincte de l'époque moderne. Raisonner ainsi, c'est, suivant nous, méconnaître à la fois les principes que nous jugeons par les faits avoir présidé à la succession graduelle des êtres dans le temps et les résultats des causes dont ces principes sont indépendants.
Pour nous qui cherchons à voir dans la série des âges de la nature quelque chose de plus que de simples questions d*espèces animales ou végétales, nous trouvons précisément dans l'organisation de cette ^époque le degré d'analogie que Ton pouvait lui assigner a priori par la place qu'elle occupe entre le terrain tertiaire supérieur et le terrain moderne. Elle nous montre sans doute plus de ressemblance avec ce qui nous entoure quêtes dernières faunes et les dernières flores tertiaires, et cela devait être, car les différences sont en raison des temps, et par conséquent d'autant moins prononcées que ceux-ci sont plus rapprochés. Mais se fonder sur ces analogies, sur des identités mêmes que nous reconnaissons pour réunir les deux époques en une seule, c'est une erreur aussi manifeste que si
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on \es réonissait elles-mêmes à la période tertiaire supérieure, parce qu'il y avait également dans celle - ci un certain nombre d'espèces demolIusquesM d'autres animaux qui vivent encore.
On oublie, en outre, ces phénomènes physiques si caractéristiques de Tépoque quaternaire, qui ne s'étaient point manifestésl auparavant avec cette généralité et qui ne se sont pas reproduits depuis. Jetons, en effet, un coup d'œil sur les plages qui bordent les mers, sur les deltas qui se forment à l'embouchure des fleuves, sur les cordons Iittoi:aux, sur les dones, sur les alluvions des rivières, les dépôts des lacs, sur les tourbières, et joignons-y l'examen des produits anté-histotiques de Tindustrie humaine dont nous parlerons tout à rbeitre, et nous acquerrons la preuve qu'il ne s'est passé, quels que soient les milliers d'années depuis lesquels cet état de chose subsiste, aucun changement notable à la surface de notre planète, rien qui ait sensiblement troublé la marche et Tordre normal des faits organiques et inorganiques. Nous trouvons donc dans ces circonstances une limite parfaitement naturelle pour distinguer celte période de calme de celle qui Ta précédée et dont nous savons que tant de phénomènes divers ont marqué la durée.
Peu importe que l'homme ait apparu avant ou après cette limite; ce n'est pas sur cette circonstance isolée et fort obscure, sans relation comme sans influence par rapport aux feits généraux qui se produisaient en même temps dans les deux hémisphères, que l'on serait en droit d'établir une classification. Ilyaplus, c'est que l'espèce humaine pourrait moins que toute autre servir à caractériser une époque ; aucune ne nous montre une enfance aussi longue, aucune n'a mis autant de siècles à développer et à manifester ses caractères propres, c«ux qui devaient lui assurer à la fin, au moins dans quelquesunes de ses races, une suprématie réelle sur tous les autres organismes.
Que VElephas primigenhiSj le Rhinocéros tichorhinus , POurs et l'Hyène des cavernes, le MaehairoduBy YHippùpota-
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mus tnajorj le Bos primigenius^ LAurochs, le Cervus megace^ rosy YElasmotheriuniy le Trogoniherium^ etc.» i)ui peuplaient le nord et l'ouest de Tancien continent, que les Mastodontes, les MegalonyXy les Mglodon^ les Megatherium^ les SceUdotheriurrij les GlyptodbUy les Chlamydotherium^ et autres édentés, qui, avec les Macroehemay les Toxodonjes Myopotamus, etc., parcouraient les immenses solitudes du nouveau monde, que les Maeropus Titan et Atlas ^ les Diprotodoiiy les Nothotherium, le Thylacoleo et autres marsupiaux qui, avec d énormes lézards (Megalania)^ habitaient la Nouvelle-Hollande, en même temps que les DinorniSj les Palaptei-yx^ le NotomiSy ces oiseaux aptères tridactyles habitaient la Nouvelle-Zélande et VjEpyomis les vaNées de Madagascar ; que tous ces vertébrés, disons-nous, plus grands que leurs congénères actuels, qui ap* paraissent à un moment donné pour régner dans des régions géographiques distinctes et disparaître ensuite, soient regardés comme caractérisant les dépôts qui renferment leurs dépouilles et conservent les traces de leur passage, cela se conçoit, et rien n'est plus rationnel ; mais que les êtres qui fabriquaient ces grossiers silex sur les bords de la Tamise, de la Somme, de la Seine, de la Loire, de la Garonne, du Manzanarès, etc., dont à peine quelques ossements sont retrouvés aujourd'hui, soient considérés au même titre, c'est ce à quoi se refuse le plus simple bon sens.
Ces traces mêmes de l'existence de l'homme ne se montrent encore avec certitude que dans les derniers dépôts de celte période, longtemps après les phénomènes physiques qui en ont marqué le commencement; elles sont donc loin de pouvoir servir de critérium dans la série des temps. En un mot, l'espèce humaine ne peut cire ce que l'on appelle en géolo«rie une espèce caractéristique^ mais elle possède assez d'autres avantages pour qu'elle n'ait pas à regretter celui-là.
Il est sans doute fort extraordinaire que parmi les animaux inférieurs marins, d'eau douce et terrestres, ainsi que parmi les petites espèces dans les ordres élevés de vertébrés, le plus grand nombre ait échappé aux causes qui ont détruit toutes
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ces populations gigantesques* propres aux diverses régions de la terre où elles avaient précédé leurs représentants dégénérés de nos jours. C'est un fait digne de la plus sérieuse attention, mais qui ne détruit pas tous les autres, et nous ne pouvons encore, pour expliquer cette apparente anomalie et nous rendre compte des circonstances qui l'ont produite, que faire allusion, aîec un célèbre paléontologiste anglais, à cet ingénieux apologue de notre immortel la Fontaine, à la fable le Chêne et le Roseau. /