TEMPÉRATURE A LAQUELLE ONT PU VIVRE
sant sur Tacide carbonique et la chaux pour produire des masses puissantes de roches calcaires presque exclusivement composées de débris organiques.
L'importance du rôle des eaux douces à la surface du globe, longtemps nulle, puis trcs-faible , s'est donc accrue proportionnellement à l'étendue des terres émergées, et les produits organiques, soH animaux, soit végétaux, se sont accrus et mo* difiés dans le jnéme sens, c'est-à-dire avec le développement de ces mêmes eaux douces, la diminution de la chaleur propre du sphéroïde, Tclévation des continents et des lies et Faction toujours de plus en plus prédominante de la chaleur solaire sur la température de la surface en ses divers points.
La géographie physique nous fait connaître la répartition actuelle des eaux douces, laquelle, comparée à celle de certains moments de Tépoque tertiaire, nous montre que nos lacs sont moins nombreux et moins étendus dans quelques régions, mais que nos fleuves et nos rivières ont un cours beaucoup plus considérable, par suite des reliefs plus prononcés du sol cl de Téloignement des rivages.
§ 4. Température à Uu|iielle ont pu ynwre les premîert oiyeniemei.
Si, après avoir cherché à nous rendre compte des principales conditions physiques que présentait le développement de la vie h la surface ancienne de la terre, nous nous rapprochons davantage des phénomènes biologiques, nous examinerons d'abord quelle est la température maximum à laquelle la vie a pu commencer à se manifester.
Il a fallu, comme on la déjà dit, que l'état thermométrique de la partie consolidée permit à l'eau d'y demeurer liquide après sa condensation, et d'agir sur les roches cristallines primitives pour former des dépôts arénacé^ ou argilo-arénacés avec leurs détritus résultant de leur décomposition et de leur désagrégation. La croûte oxydée, en vertu de la faible conductibilité des roches, pouvait être fort peu épaisse, puisque, ainsi que nous
LES PUEIIIERS ORGANISMES. 57
l'aïons rappelé, on peut marcher impunément sur un courant de lave peu de jours après sa sortie du cratère, alors qu'il est encore incandescent et même fluide à une faible profondeur.
Les glaces polaires, avons-nous dit, n'existaient pas, la température des mers était plus égale aux diverses latitudes et aux diverses profondeurs. Par suite de la chaleur du fond, celle de h surface ne pouvait en aucune saison s'abaisser sensiblement au-dessous de celle de la. masse. Les brunies qui devaient se former au coucher du soleil empochaient la perte par le rayonnement. L'augmentation de température avec la profondeur était en rapport avec celle de la masse, et toutes les sources étaient thermales. Le peu d'étendue des terres et le peu de relief du sol devait rendre ces dernières peu abondantes et peu nom* breuses.
Les êtres organisés, analogues à ceux de nos jours, n'ont pu . commencer à vivre dans ces eaux que lorsque leur température était au-dessous de iOO^ et même de 80*^. Ainsi, la végétation actuelle se développe sous des températures moyennes qui alleignent 28"* cent., quelquefois 40** à 48** (l), si le sol n'est pas complètement privé d'humidité. Des animaux terrestres vivent dans les mêmes conditions.
On sait que des plantes aquatiques végètent dans des sources végéuus Irès-chaudes. Ainsi, YUlva labyrintliiformis, Linn., (U. iher" «'i"»"^»^malU) vit dans les ruisseaux d'Albano à une température de 85*. Des gazons de Marchantia et de Lycopodiumy dans File d'Amsterdam, végètent dans des eaux à 85°.* A Manille, un Agpalathus (légumineuse) et un Vitex (Gatlilier) plongent leurs racines dans des eaux aussi chaudes. Ce sont en général des mousses, des graminées et des plantes stolonifères qui se plaisent dans ces conditions, où elles vivent d^ailleurs mieux qu'elles ne se reproduisent.
Parmi les animaux, les mollusques vivent et se propagent Animaux dans des eaux douces et salées à 45** et même à 60*" cent. Le ^^ ^^^*' Ganmarus hcusta, petite crevette d'eau douce, vit dans le ruis-
(t) Adanson, HiU.natur, du Sénégal,^. 26, 13i; 1757.