‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 3)Chapitre 54 sur 78 · RÉFLEXIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS GÉNÉRALES

core, comme par Faulrc moyen d'évaluation, à une très-grande ancienneté.

Non-seulement les forêts qui ont succédé à ces populations sur les lieux mêmes qu'elles occupaient présentent les mêmes essences d'arbres que celles qui n'ont jamais été exploitées, mais encore ces essences y sont exactement dans les mêmes proportions et offrent le même aspect tout à fait primitif, circonstance qui avait vivement frappé le président Harrison. Lorsqu'une surface de pays a été défrichée, puis abandonnée de nouveau à elle-même, on a calculé qu'il fallait au moins cinq siècles pour que Tétat de la forêt fût rétabli, et lorsqu'on obsene l'aspect actuel de celles qui recouvrent les monumeptsen terre, on reste convaincu qu'il a fallu plusieurs de ces périodes de cinq siècles pour imprimer à ce^ forêts comparativement nouvelles tous les caractères des anciennes.

Enfin, MM. Squier et Davis pensent qu'il devait y avoir des communications entre les diverses parties de la vallée du Mississipi, puisqu'on trouve à la fois dans les mêmes tumulusle cuivre natif du lac Supérieur, le mica des Alléghanies, les coquilles marines du golfe du Mexique et l'obsidienne des massifs ignés des régions montagneuses de ce dernier pays. Il n'y aurait point eii alors, comme quelques auteurs Tont supposé, de migrations de ces peuples soit au N., soit au S. (l).

§ 6. Réflexions générales sur ranoîenneté de Thomme.

Les détails que nous avons rapportés relativement aux restes des premières populations de l'ancien et du nouveau monde avaient pour but de nous faire remonter aussi loin que possible dans la période actuelle, afin de nous rapprocher de celle qui l'a immédiatement précédée; mais nous devons faire remarquer que les régions dont nous nous sommes occupé nesontprécisé-

(1) Voyez aussi : Ab original monuments of the staU of fiew-^oû^ par M. E. (î. Squier (SmHhsonian contrilnitions, vol. Il, ISM).

ment pas /^es quipouvaient étre.regardées,avecle plusdeprobabilité, comme ayant été le berceau de rhumanîté. Pour nous éclairer à cet égard, il faudrait posséder, sur les diverses parties de TAsie qui ont été le théâtre des plus anciennes civilisations, des documents analogues à ceux dont nous venons de parler car ces civilisations pourraient fort bien être contemporaines de Tàge de pierre du nord et du centre de TEurope, comme les populations sauvages de rAmérique centrale, de la Polynésie et de FAustralie le sont de notre civilisation moderne.

Les plus anciens monuments de l'Inde et de TAsie orientale, dus à des nations dont les noms sont restés inconnus, sont les preuves d'un art déjà très -avancé et témoignent d'une longue application de l'intelligence, aussi bien que les caractères gravés sur la pierre, destinés à reproduire et à transmettre la pensée. Or c'est dans ces pays surtout qu'il serait curieux de retrouver des traces de l'existence de l'homme, antérieures à tous ces produits de la civilisation, qui sont pour nous la limite extrême de l'histoire, des traces d'un âge de pierre qui pourrait avoir précédé de beaucoup l'âge de pierre des nations primitives'de l'Europe et du nord de l'Amérique, enfin, de constater leurs relations avec les dépôts quaternaires de ces mêmes pays supposés avoir vu naitre l'homme ; là peut-être trouverait^on la solution du problème que nous cherchons?

Ainsi les grottes grossièrement creusées sur les flancs des collines de la vallée de Cachemire, les temples souterrains d'Eilore, de Salsette et d'Elepbanta (l), avec leurs myriades de figures et de statues sculptées dans la roche, l'antique cité de Mavalipouram, en face de Ccylan, les bas-reliefs taillés sur les parois des montagnes de la Perse et couverts d'inscriptions cunéiformes, les splendides et bizarres constructions de Khorsabad, de Persépolis, de Pasargade et de Babylone, les temples excavés dans le grès d'Ipsamboul, en Nubie (2), CCS innombrables et prodigieux monuments de l'Egypte ,

(\) Hisl. des progrès de la géologie, vol. III, p. 509. (2) Ib. vol. V, p. 427.

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