GUANO
lear produit et par conséquent diminuer d'autant la masse de l'azote qui constitue un élément si essentiel de notre atmosphère, et finir à la longue par modifier la constitution de celle-ci. Il en donc est ici pour ce gaz absolument comme pour le carbone fixé dans les dépôts de combustibles végétaux, et de même aussi l'action de l'homme, quoique indirecte, vîent contribuer, par suite de son industrie, à restituer à l'atmosphère cet azote accumulé depuis des siècles et celui qui journellement encore est enlevé à la masse générale de Tair. 11 est évident aussi que sans les progrès de la navigation, cette action eût été insuffisante, puisque les peuples indigènes, quoique utilisant le guano, en avaient laissé des masses si considérables que toutes les nations civilisées s'empressent aujourd'hui de le fpîre entrer dans leur culture.
Sur la côte de la Patagonie, par 48* latitude S., entre la paugonie. pointe Sea-bear-kay et Port-Désiré, est un groupe de petites lies d'où l'on extrait- du guano. M. Msflaguti (l) y distingue le (juano de VîleShag^ formé d'excréments et de débris de Cormorans, très-riche en azote, le gnano de Lion, formé par les Plio.ques (Lions de mer) et d'autres amphibies, et renfermant des cristaux de struvite et de chaux phosphatée, le guanô de Pingoins^ également composé de détritus et d'excréments de ces oiseaux et d'amphibies, avec struvile et une argile phosphatée, enfin le guano de carrière, qui est fort ancien et modifié dans ses caractères par la suite des temps.
Dans le guano de la baie de Saldanha, sur la côte occiden- Sab»LiDc» taie d'Afrique, la struvite, qui est un phosphate d'ammoniaque et de magnésie, a aussi été rencontrée. On sait que l'origine de cette substance, trouvée pour la première fois dans un sol au-dessus duquel il y avait eu pendant longtemps un abattoir, a été un sujet de discussion parmi les minéralogistef, qui semblent la regarder actuellement comme un résultat delà réaction de matières onganiques sur les éléments du sol environnant.
(1) Comptes rendus de VAcad. des sciences, vol. LUI, p. 436; 1861.
min 'raies.
M. Ad. Strecker (i) a extrait du guano une substance particulière à laquelle il a donné le nom de Guaninè. orf^ani&mes Nous avons'déjà VU (autè^ p..560) que M. EtirenBerg avait «co"pT^. représenté sur la planche 55 a de l'Atlas de sa Mierogéologie des organismes microscopiques du guano du Pérou et de h côte d'ATrique, de son côté M. Failey (s) a constaté que les infusoircs récents abondent dans les vases bleues de la baie de New-Ilaven, dans celles de Charleston, etc., et sont tous des espèces marines qu'on retrouve dans le guano. Cuica. Séb. Wisse (i) a décrit, sous le nom. local de CuicOy un dopât composé de boules de terre, qui parait être le résultat du travail et l'habitation d'un ver d'une grande dimension et très- répandu dans toute la hante vallée des Andes de TÉqualeur, sur 70 lieues de long et 7 de large. La limite nord du dépôt coïncide avec celle des républiques de TÉquatcur et de la Nouvelle-Grenade. On l'observe particulièrement sur les roches lufTacécs de remblai d'origine trachytique, dans le voisinage des volcans. Il existe depuis 2000 jusqu'à 3200 mètres d'altitude; au pied du Pichinca même il se forroe*encore. L'épaisseur de la couche qu'il constitue varie de 1 à 20 mètres, mais il y en a qui parait avoir commencé à se déposer avant' l'époque- actuelle, si l'on en juge par les sédiments de transport argileux, sableux, caillouteux dont on les voit recouverts sur plusieurs points.
D'après l'auteur, le ver qui construit ces boules aurait 60 à 70 centimètres de long; il vit dans les endroits ai^ilcui et humides,* se forme une demeure creuse en dedans, sphérique, de 6 à 8 centimètres de diamètre et dans laquelle il $e retire pendant la saison sèche. Après la mort de l'animal l'intérieur se remplit de sable ou de terre, mais Porifice reste toujours reconnaissable. Ce dépôt singulier, propre à la haute région comprise entre les deux Cordillères, ne s'observe plus
(1) Comptes rendus, vol. LIT, p. 1210 ; 1861.
(3) The Amer.Journ. de Simman. vol. XLVIIt, p. 356; 1845.
(3) BuU. Soc. géd. de France, 3- sér., vol. XI, p. 460; 1854.
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lorsqu'on descend ycrs l'œéan Pacifique, ni à Test, ni au nord dans h Nourelle-firenade.
Si S. «Wisse n'était pas aussi connu pour un observateur instruit et sérieux, peut-être pourrait-on soupçonner dans son récit quelque exagération de voyageur revenant de loin,' mats outre une description très-circonstanciée du fait en ki-méme, hm que le ver constructeur n'ait pas, à ce qu'il semble, été observé directement par lui, le mémoire de cet observateur est encore accompagné d'une carte géologique de toute la haute vallée comprise entre les Cordillères. A cette carte, à l'échelle de Tôo«ô?9 ^^ jointe une coupe générale proportionnelle et des coupes de détail où les relations slratigraphiques et la distribution géographique du Cuica sont parfaitement indiquées^, ainsi que celles des autres roches du pays. Il n'est donc pas permis de douter de l'exactitude du fait, mais ou doit désirer une description plus complète de l'animal lui mcrâc qui y donne lieu. .