FACE APRES
296 INTRIGUES ET DIP
allemand aux États-Unis, un aperçu peut être donné par. la volumineuse correspondance du docteur Theo Otto, d’Allentown en Pennsylvanie. La tâche du docteur Otto
était de connaître les termes et la nature des contrats
LOMATIES A WASHINGTON.
d'armes et de munitions passés par les diverses usines
et manufactures de son voisinage et d’en informer l’am-
bassade allemande. Ses services lui valurent des félicita-
tions dont il se déclare dans l’une de ses lettres « hautement reconnaissant ». « Comme médecin, écrit-il dans une autre lettre, je suis à même d'entretenir de bonnes relations avec presque tous les directeurs d’usine des
environs. » Sur la nature et la précision des informations
obtenues par cette voie, la lettre suivante jette une assez curieuse lumière :
« Un inspecteur anglais est en permanence à l'usine et examine plus rigoureusement le travail. Cependant j'ai reçu l’assurance qu’il se montrait incompétent à tel . point qu'il a été dupé en maintes circonstances. Évidemment la direction de l’usine attache une grosse importance à faire croire que tous les projectiles produits le sont pour le compte du gouvernement des États-Unis. Mais ceci est démenti par la présence même des inspecteurs des gouvernements étrangers. »
Étaient également du ressort du Bureau les relations avec le mouvement révolutionnaireirlandais. John Devoy, rédacteur en chef du journal violemment anti-
anglais The Gaelic American, à New-York, servit d’inter-
médiaire entre le Service secret allemand et sir Roger Casement. Plusieurs reçus de sir Roger Casement, plus brièvement R. C., à Devoy, dont un chèque de 1 000 dol-
lars, ont été retrouvés dans les papiers de Devoy. Les. rapports de Devoy avec le Service secret allemand sont
révélés dans la lettre suivante à l’ambassadeur von Bernstorff :
pr at he, dE L'h 2 ie dat den
MPPENDICE Mec Pr
« New-Vork, 8 avril 1916.
« Lettre du 22 mars, retardée par censeurs, paraît
concluante que premier courrier est arrivé sain et sauf avec propositions pour envoyer approvisionnements et . que câble a été supprimé. Second courrier également sauf. Troisième avec changement de plans est attendu environ 15 avril.
« John Devoy demande en outre que le télégramme suivant soit envoyé à sir Roger Casement :
« Impossible envoyer lettre maintenant. Tous fonds «envoyés chez vous. Sœur et famiile de M. bien. »
-« Au cas où sir Roger serait absent ou malade, John Fe
Devoy demande que le télégramme soit donné à John
Monteith.
« Signé & K. N. St.
« À Son Excellence l'ambassadeur impérial, : Washington D. C. »
Dans la même liasse de papiers se trouve la lettre suivante qui établit de façon irrécusable la complicité du juge à la Cour suprême Cohalan dans les complots
irlandais. On se rappelle que le juge Cohalan, qui occupait l’une des plus hautes fonctions de la magistrature aux
États-Unis (la Cour suprême a le pas sur le Sénat et vient immédiatement après l'Exécutif), fut, après découverte de sa complicité dans les complots, obligé de démissionner :
« New-York, 17 avril 1916.