PREMIÈRE SECTION. — PRÉPARATION DES MINERAIS
Lorsqu'un gite métallifère est suffisamment riche pour être avantageusement soumis à un traitement en vue de l'extraction du métal qu'il renferme, on en retire par des procédés divers d'exploitation, le minerai qui s'y trouve, et qu'il faut aller cherchera des profondeurs plus ou moins considérables. Il est à remarquer qu'à mesure que l'on s'enfonce dans les fiions on y voit le minerai devenir plus simple, se réduire 1res fréquemment à des sulfures, exceptionnellement à des métaux natifs, parfois, comme pour le fer et le manganèse, à des carbonates. Un seul métal, l'étain, reste à l'état d'oxyde aux profondeurs les plus grandes auxquelles on le trouve, c'est-àdire à 800 mètres environ ; ce fait tient probablement à l'excès d'oxygène qui caractérise les roches acides avec lesquelles l'étain est en relations. Dans tous les cas, il est très rare que, dans leurs gîtes, les minerais se présentent en masses assez compactes pour être immédiatement susceptibles de traitement métallurgique ; le plus ordinairement il faut faire subir à la matière extraite de la mine une préparation dont le but général est toujours le suivant : recueillir autant que possible, sous la forme de fragments plus ou moins gros, les différentes espèces minérales utiles, éliminer les parties stériles et soumettre les portions qui renferment à la fois du minerai et du stérile à un conditionnement poussé jusqu'aux limites
nécessaires pour permettre une séparation aussi avancée que possible des parties stériles et de celles qui devront être soumises à un traitement ultérieur.
Le plus ordinairement les matières extraites de la mine sont soumises à une première séparation ou préparation qui se fait à la main avec Taide de quelques outils simples: on a recours ensuite à l'emploi des procédés mécaniques dans lesquels on utilise simultanément l'eau et des appareils convenables destinés à la division et à la séparation des parties utiles d'avec celles qui ne le sont pas. Le travail à la main n'est guère avantageux que lorsque les fragments de substance extraits de la mine sont d'un diamètre supérieur à 30 milimètres ; cependant pour les minerais précieux il convient de l'étendre à des fragments plus petits, tandis que s'il s'agit de minerais pauvres finement disséminés, on ne l'applique qu'à des fragments beaucoup supérieurs à 30 millimètres.
On donne le nom de minerai brut au tout venant extrait du fond de la mine pour la préparation mécanique; on désigne sous le nom de gros, les morceaux de minerai brut dont le diamètre dépasse 65 millimètres ; sous celui de menu sortant les fragments dont les dimensions sont au-dessous de cette limite.
Les produits finis sont les minerais qui, après avoir subi la préparation, sont devenus aptes au traitement métallurgique; on les distingue en :
noix : morceaux de 65""" à 30"'"" qui s'appellent atissi minerai massif bon à fondre.
grenailles : morceaux de 30""" à 15"'"' qui s'appellent aussi grenailles à fondre ou grenailles massives.
sables : morceaux de 1,5""" à 0"'"',25 qui s'appellent aussi schlichs de sables.
limon : (Schlamms) * morceaux au-dessous de 0""",25 qui s'appellent aussi schlichs de schlamms.
l es produits mixtes sont ceux qui n'étant qu'imparfaite ment séparés ont à subir des opérations ultérieures.
La séparation des minerais d'après leur volume s'appelle
classement et les produits de cette opération des classes ; la séparation par ordre de densité des parties constituantes d'un minerai brut constitue le sortissage, et les sortes sont les produits résultant de ce travail.
Broyage et erlMagre des minerais
Les opérations en lesquelles consiste la préparation des minerais, ne s'eflectuant que sur des fragments plus ou moins tins de ces matières, nous examinerons d'abord quels sont les principaux appareils dont on se sert pour diviser le minerai et en classer les fragments, c'est-à-dire les brodeurs et les n'ibles.