‹ Introduction à l'histoire du buddhisme indienChapitre 14 sur 45 · XXII NOTICE SUR LES TRAVAUX DE M. EUGÈNE BURNOUF · texte numérisé non relu

XXII NOTICE SUR LES TRAVAUX DE M. EUGÈNE BURNOUF

qui place la mort du Bouddha 547 ans avant l'ère chrétienne. Malgré des recherches infinies, ce sujet n'a point été achevé par M. Eugène Burriouf ; et cette seconde assise manque à son édifice. Il terminait, quand il a été frappé, l'impression d'un volume qui, sans remplacer celui qu'on attendait, complétera, du moins à quelques égards, celui qu'on possède: c'est la traduction d'un des principaux soûtras bouddhiques, Saddharma Poundarika, c'est-à-dire le Lotus de la bonne loi. Commencée voilà plus de quinze ans, celte traduction était retardée de jour en jour par les développements que prenaient ces études admirables sous la plume de M. Eugène Burnouf. La préface au Lotus de la bonne loi était devenue peu à peu l'Introduction à l'histoire dii bouddhisme indien, dont nous n'avons que la moitié ; et quelques-unes des notes qu'il ajoutait sans cesse à ce soûtra forment, ainsi qu'on pourra bientôt s'en convaincre, des volumes et des traités entiers. Mais il sera temps de s'occuper de cette œuvre suprême de notre confrère, quand elle aura été publiée ; le monde savant n'aura pas longtemps à l'attendre. Quant au travail sur la collection singhalaise, il ne lui sera jamais donné ; et malgré toute l'utilité que je reconnais à la traduction du Lotus, j'avoue que j'eusse préféré de beaucoup l'analyse et la critique des livres bouddhiques de Geylan. Regrets superflus! il faut nous contenter de débris et de ruines qui, je le crains bien, ne seront plus relevées.

Quoi qu'il en soit, l'Introduction à l'histoire du bouddhisme indien, tout incomplète qu'elle est, n'en aura pas moins fondé la véritable étude du bouddhisme. C'est désormais en suivant les traces de M. Eugène Burnouf et en s' adressant aux originaux sanscrits qu'on pourra la continuer. Grâce à lui, nous savons déjà quand est née cette religion à la fois si puissante et si absurde, comment elle s'est développée au sein du brahmanisme en essayant de le réformer, quels sont ses dogmes essentiels, les phases principales par lesquelles elle a passé à ses débuts ; et, comme le dit M. Eugène Burnouf lui-même, il nous a fait connaître le bouddhisme indien jusqu'au moment où il entre dans l'histoire. C'était Ik le point capital pour nous. L'histoire du bouddhisme nous est ou nous sera connue par les annales des différents peuples qui l'ont successivement reçu. Ce qui nous intéressait par dessus tout, c'était de savoir ce qu'était le bouddhisme lui-même ; car l'histoire, en s'occupant des événements extérieurs, pouvait nous laisser ignorer le fond des doctrines d'où ces événements étaient sortis. Cette connaissance exacte des dogmes bouddhiques a déjà produit une très-grave conséquence : elle a dissipé toutes ces hypothèses insensées qui établissaient entre la religion chrétienne et le bouddhisme des relations imaginaires. Il est désormais prouvé que le bouddhisme est antérieur de six ou sept siècles au moins au christianisme ; mais il n'est pas moins prouvé que le christianisme est par ses doctrines plus loin encore de la reUgion bouddhique qu'elle ne l'est de lui chronologiquement. Comme on s'est trop souvent servi de ces hypothèses dans des camps opposés, il est bon de les réfuter une fois de plus, tout insoutenables qu'elles sont, et d'indiquer aux amis de la vérité les documents où ils pourront la trouver dans toute sa simplicité et dans toute sa lumière. Au fond, le boud-

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dhisme n'est pas autre chose que l'adoration et le fanatisme du néant; c'est la destruction de la personnalité humaine poursuivie jusque dans ses espérances les plus légitimes. Je demande s'il est au monde quelque chose de plus contraire au dogme chrétien, héritier de toute la civilisation antique, que cette aherration et cette monstruosité.

Une autre conséquence non moins grave, quoique d'un tout autre caractère, de l'ouvrage de M, Eugène Burnouf, c'est d'avoir introduit dans l'histoire de l'Inde un élément chronologique. Désormais, le brahmanisme est daté, puisque le bouddhisme l'est maintenant d'une manière certaine. Pour ceux qui savent quelle obscurité et quelle incertitude jetait sur les études indiennes tout entières le défaut absolu de chronologie, c'est là un service inappréciable rendu à ces études. On avait beau se dire que le témoignage des compagnons d'Alexandre, quatre siècles avant l'ère chrétienne, nous présentait dès cette époque la société indienne telle que nous la trouvons dans tous les monuments de sa Httérature; on avait beau se dire que le témoignage de tant de peuples voisins, d'accord avec celui-là, reportait l'organisation de cette société à l'antiquité la plus reculée, il n'en restait pas moins des doutes et des nuages sur ce point fondamental. On sentait bien que toutes les négations d'une critique peu éclairée et peu bienveillante étaient autant d'erreurs ; mais il était impossible de les réfuter d'une manière péremptoire. Désormais, ce grand fait est éclairci ; et comme le schisme de la rehgion brahmanique est antérieur au moins de six siècles à notre ère, il s'ensuit que les origines et les développements de cette religion s'enfoncent bien réellement dans les temps où la tradition les plaçait et où l'œil de l'histoire ne peut plus les discerner.

Jusqu'à présent, j'ai parcouru les travaux publiés de M. Eugène Burnouf; pour achever de le faire connaître, il me faut parler de ceux qu'il laisse, et dont plusieurs peut-être pourront aussi voir le jour. On m'excusera d'en faire en quelque sorte l'inventaire. Je divise ses manuscrits en cinq classes, selon qu'ils apppartiennent aux diverses études et aux langues dont il s'est occupé, au zend, aux inscriptions cunéiformes, au sanscrit, au pâU, au bouddhisme, etc., etc., sans parler de ceux dont j'ai déjà fait mention plus haut.

Première classe des manuscrits, langue zende :

1» Index contenant tous les mots zends du Vendidad-Sadé. Paris, 1833. C'est un volume grand in-folio de mille pages à peu près, avec un supplément qui n'en a pas moins d'une centaine. Les mots zends y sont transcrits en lettres latines et classés dans l'ordre que M. Eugène Burnouf a donné à l'alphabet zend, et qui se rapproche beaucoup de l'ordre de l'alphabet sanscrit. Cet index répond au volume du Yendidad-Sadé que M. Eugène Burnouf a fait lithographier, 1829-1843, manuscrits Anquetil, suppl. n» 1 ; et, de plus, il sert de table de renvoi au volume des variantes du Vendidad-Sadé contenues dans l'Index suivant.

2" Index contenant les variantes du Vendidad-Sadé, collationné sur les manuscrits de Paris, d'Oxford et de Londres, et sur l'édition des Parses de Bombay; un volume grand in-foho, du même format que le précédent, de 571 pages.

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