‹ Introduction à l'histoire du buddhisme indienChapitre 17 sur 45 · XXVI NOTICE SUU LES TRAVAUX DE M. EUGÈNE BURNOUF · texte numérisé non relu

XXVI NOTICE SUU LES TRAVAUX DE M. EUGÈNE BURNOUF

60 Némi djataka, ou Histoire de la naissance du Bouddha sous la figure de Némi, pâli et birman, traduit avec explication et avant-propos; 416 pages in-4o.

7» Suvanna Sama djataka, ou Histoire de la naissance du Bouddha sous la figure de Suvanna Sama, pâli et birman, traduit avec explication et avant-propos ; 449 pages in-4». 8» Des fragments considérables de Mahadjarma djataka, pâli et birman, traduits de même.

Les Djatakas, ou Histoires des naissances antérieures du Bouddha, tiennent une grande place dans les croyances des Bouddhistes de Ceylan et de l'Inde transgangétique. Ces légendes, plus ou moins développées, sont au nombre de 550, parmi lesquelles il y en a dix principales. C'étaient ces dix légendes que M. Eugène Burnouf s'était proposé de traduire en entier, afin de préparer les matériaux de son second volume de l'Introduction à l'histoire du Bouddhisme indien.

9® Kudda Sikkadîpani, ou le Flambeau de la petite inscription, pâli et birman, traduit ; 320 pages in-4o.

10° Patimokka Nissaya, traduction birmane du Patimokka pâli, (»u Règles du salut pour les rehgieux, pâli et birman, traduit; 611 pages in-4o.

11» On peut rattacher aux études sur le pâli des Recherches sur la géographie ancienne de Ceylan, dans son rapport avec l'histoire de cette île. M. Eugène Burnouf n'a pu exécuter que la première partie de cette tâche, dans un mémoire de 50 pages in-fo environ sur les noms anciens de l'île de Ceylan ; il l'a lu, je crois, vers 1836, à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il a laissé aussi tout un travail sur les dénominations géographiques qui se rencontrent dans le Mahavansa.

12<> Je joins encore à cette classe de manuscrits des Études sur la langue birmane et des notes nombreuses destinées à une grammaire siamoise. Cinquième classe des manuscrits, bouddhisme du Népal :

1» Huit cahiers, dont quelques-uns de 100 pages et plus, comprenant des traductions de légendes bouddhiques du Népal, extraites probablement des manuscrits donnés à la Société asiatique ou acquis pour elle par M. Hodgson.

2» Le commencement de la traduction du Lalitavistara, une des légendes les plus célèbres de la vie de Sakyamouni. M. Ed. Foucaux a donné depuis lors tout le Lahtavistara, traduit en français avec le texte tibétain.

3» Une légende bouddhique sans titre, traduite du sanscrit, et formant 430 pages in-4o.

4« Des documents très-nombreux pour des additions et des corrections aux notes et aux appendices du Lotus de la bonne loi. Parmi les matériaux de ce genre dont M. Eugène Burnouf n'a pu faire usage, de peur de grossir démesurément le volume, mais qui sont tout préparés, je distingue un Examen, très-long, de la langue du Lotus et une Comparaison de textes sanscrits et pâlis. La rédaction de ces deux morceaux est à peu près complète.

5» Enfin des extraits tibétains de diverse étendue qui devaient servir à éclaircir plusieurs passages du Lotus de la bonne loi.

NOTICE SUR LES TRAVAUX DE M. EUGÈNE BURNOUF. XXVIl

On sent que dans cette énumération, toute longue qu'elle est, je n'ai pas tout mentionné. Je ne me suis arrêté qu'aux morceaux les plus importants ; mais j'ai tenu à ce que le monde savant apprît tout à la fois et ce que laisse M. Eugène Burnouf, et les labeurs consciencieux par lesquels il préparait tous ses ouvrages avant qu'il ne les soumît au jugement du public.

Pour terminer ce qui concerne les services rendus par lui aux études sur l'Orient, il faut rappeler que, nommé inspecteur de la typographie orientale en 1838, à la place de M. Sylvestre de Sacy, il a surveillé la gravure et la fonte de plusieurs corps de caractères nouveaux, le pehlvi, le maghada, le tibétain, le bougui, le javanais, le télinga, le cunéiforme ninivite, le phénicien, etc. Déjà, de 1832 à 1833, il avait dirigé la gravure du zend, du tamoul, du pâli, du birman et du guzarati. En 1847, il a fait Une notice fort intéressante sur les types étrangers du spécimen de l'Imprimerie nationale. Cette notice, qui ne porte pas son nom, est placée en tête de ce spécimen.

Ici, je dois dire que, malgré tout ce que M. Eugène Burnouf a fait pour les études indiennes en particulier, il aurait fait bien davantage encore, si, en 1838, il eût été nommé, comme s'y attendait le public savant, aux fonctions de conservateur des manuscrits orientaux à notre grande Bibliothèque. Présenté en première ligne par l'assemblée des conservateurs, il semblait que rien ne dût s'opposer à un vœu si bien justifié; mais la place créée depuis la Convention, et qui est indispensable, fut supprimée, peut-être par suite de considérations toutes personnelles . et vraiment déplorables. J'ai entendu souvent M. Eugène Burnouf exprimer à ce sujet des regrets aussi justes que désintéressés. Il ne pensait pas à lui quand il blâmait la suppression de cette place ; il ne pensait qu'aux études qui lui étaient chères, et qui prennent chaque jour tant d'importance et de développement. Avant lui, Abel Rémusat avait pu accroître et compléter le fonds des manuscrits chinois; M. Sylvestre de Sacy en avait fait autant pour le fonds sémitique. Les études sanscrites, bien plus fécondes et toutes récentes, réclamaient, à plus forte raison, des soins et une protection pareille. Il ne fut pas permis à M. Eugène Burnouf de la leur donner, au grand détriment de la science et de l'intérêt public. Si je rappelle cette circonstance douloureuse de sa carrière, ce n'est pas, on le pense bien, pour élever de vaines récriminations, ce n'est pas même pour essayer de prévenir de telles injustices ; c'est pour qu'on rétablisse le plus tôt qu'on pourra cette place qui manque à notre grande Bibliothèque et qui y cause la plus fâcheuse lacune. Tout ce que je souhaite, c'est que le ministre qui aura le bon esprit de la rétablir rencontre pour la remplir un candidat aussi digne. *

Il va presque sans dire que ces admirables travaux avaient ouvert à M. Eugène Burnouf les portes de presque toutes les académies et sociétés savantes de l'Europe; je ne citerai que les principales : il était correspondant de l'Académie royale des sciences de Turin, docteur de l'Académie Christine-Albertine de Danemark, membre de l'Académie royale des sciences de Bavière, de l'Académie royale de Prusse, des

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