Introduction à l'histoire générale de la province de Picardie
En 1845, la Société des Antiquaires de Picardie proposa pour sujet de prix à décerner en 1847, une Notice sur la vie et let travaux de Dom Grenier. C'était une dette de reconnaissance qu'elle voulait acquitter envers le laborieux Bénédictin qui, pendant plus de vingt-cinq ans, s'était occupé, avec un zèle qui ne se ralentit jamais, à amasser des matériaux sans nombre relatifs à l'histoire de la Picardie dont elle avait la première publié un catalogue sommaire dans le second volume de ses Mémoires. Le prix fut accordé à M. Damiens, pour un travail plein de curieux détails que l'un de nous a fait connaître, en qualité de rapporteur de la Commission chargée de juger le concours (1). Nous avions pensé qu'il était de toute convenance et de bonne confraternité de réserver à notre collègue la rédaction d'une courte notice à placer en téte du principal manuscrit de l'écrivain dont il avait si bien étudié la vie et les travaux, et nous l'en avions prié au nom de la Société. H. Damiens n'a point accepté cette proposition. Pour ne pas retarder plus longtemps une publication éminemment
(1) Voir le Tom. n des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie , pag. 399.
utile , nous avons entrepris celte Notice dont les principaux éléments ont été empruntés , nous devons le reconnaître , au travail couronné.
Pierre Nicolas Giieniei», né a Corbie le 10 novembre 1725, était fils de M.* Nicolas Grenier, procureur au comté de Corbie, et de dame Marie-Anne Caussin, fille de M. Caussin, commis aux aides. Il commença ses études dans l'école de l'abbaye de Corbie qui conservait encore un reste «le sa vieille célébrité, et ne la quitta qu'en 1743, à l'âge de 18 ans, pour aller, en qualité de novice, les continuer à Saint-Faron de Meaux où l'appelait Dom Dehen, son parent et son compatriote, alors prieur de ce monastère. Le' 8 mars 1745, le novice prend l'habit, fait profession et passe à Sainl- Nicaise de Reims où il achève ses humanités sous D. Cafliaux dont il devait plus tard partager les travaux ; il y reçeit ses lettres de soas-diaconat. A la fin de 1748, il est envoyé à Saint-Médard de Soissons, pour terminer ses études théologiques, et prendre le diaconat; il se fait ordonner prêtre à Paris, le 17 avril 1753.
Déjà Dom Grenier avait fixé l'attention de ses maîtres par son goût pour les recherches historiques, et ses études sur l'abbaye de Corbie, quand l'un de ses condisciples, Dom Gyot, l'engagea à étendre le cadre trop étroit dans lequel il s'était renfermé, et lui donna peut-être ainsi l'idée des travaux immenses auxquels il devait se livrer plus tard en vue d'une histoire complète de la Picardie.
Dom Grenier, en- quittant Saint-Médard, alla passer une partie de l'année 1755 à l'abbaye de Jumièges; l'année suivante, il fut envoyé à Paris aux Blancs-Manteaux, maison de noviciat littéraire où l'on réunissait les sujets les plus distingués et sur lesquels l'ordre pouvait fonder le plus d'espérances. Dès-lors la vocation de Dom Grenier est décidée, la Picardie comptera un historien de plus, il inscrira son nom à côté de celui de Dom Bouquet, picard comme lui, avec lequel il avait eu à peine le temps d'entrer en relation, car, le 12 avril 1754, la mort frappait le savant éditeur du Recueil des Historiens de France ; et tous les hommes d'études qui s'occupent des origines, des titres, des traditions et des monuments de la Picardie, annalistes, numismates, critiques, bagiographes, archéologues, deviendront ses correspondants et ses amis.
Bientôt nous le voyons passer des Blanc-Manteaux à Saint-Germain-des-Près où il travaille en 1760 à la rédaction du Gailiana christiana, sans interrompre toutefois ses études sur la Picardie et ses recherches sur Corbie auxquelles il doit les bons rapports qu'il entretient avec la famille de Béthisy; il dresse en eflet la généalogie de celte famille pour l'abbesse de Penthemont , dont la haute influence ne fut point pour lui sans utilité.
Les histoires de Bretagne, de Paris, de Languedoc, de Bourgogne, avaient élevé si haut les Bénédictins que la congrégation avait cru devoir étendre ses travaux sur toute les provinces, et placer dans chacune d'elles un de ses religieux les plus savants pour en explorer les archives. Ce projet à peine conçu, elle s'était adressée au Roi, avait sollicité le concours et l'intervention du Gouvernement, et dès le 24 mai 1758, M. de Saint-Florentin recommandait à M. de Chauvelin, intendant de la Picardie, le bénédictin Dora Mongé qui avait été chargé de l'histoire de cette province ; il s'en occupa de 1738 à l'époque de sa mort arrivée le 19 mars 1749. D. Caffiaux et D. Pardessus recueillirent cette succession demeurée vacante jusqu'en 1755 et fixèrent à Corbie leur résidence en 1756. Mais ces nouveaux historiographes étaient trop occupés d'autres travaux pour faire avancer de beaucoup les recherches sur la Picardie ; aussi, malgré le voyage de D. Pardessus dans le Beauvaisis en 1757 et VAvis à la province qu'ils publièrent en commun (1), ils n'ont guère indiqué que le plan do leur nouveau travail , sollicité le concours des hommes instruits de la province , et éveillé l'attention sur les monuments de toute nature qu'ils voulaient connaître; ils ne peuvent donc être considérés que comme les promoteurs des recherches qu'effectua D. Grenier nommé an mois d'octobre 1765 historiographe de Picardie, en remplacement de D. Pardessus.
Quelques mois auparavant, une ordonnance de Louis XV, du 2 septembre 1762. avait créé le Dépôt des chartes; mais les embarras de la guerre en avaient retardé l'organisation qui ne fut définitive qu'après la paix de Paris, au commencement de 1763. Moreau, qui avait déployé tant de soin et d'activité pour cette création; Berlin
(1) Avis & la province de Picardie, par D. Caffiaux de Saint-Pierre de Corbie, près d'Amiens. — Arras el D. Pardessus , bénédictins de la congrégation do (1763). Hicbel et Nicolas. 8 p. in-l». Sainl-Maur, historiographes de Picardie, à Pabbaye
dont l'habileté administrative loi rendit de si importants services , et l'infatigable de Bréquigny avaient senti de quelle utilité devait être la congrégation de Saint-Maur. Sa coopération fat donc demandée à leur sollicitation par le ministre, promise avec empressement, et non seulement les Bénédictins fournirent des travailleurs actifs , mais encore ils mirent à la disposition du gouvernement les richesses diplomatiques qu'ils avaient amassées depuis longtemps dans l'intérêt de leurs propres travaux.
Dom Grenier ne fut point oublié; dès le mois de juillet 1763, il était nommé officiellement collaborateur du Dépôt des chartes et invité par le Contrôleur général des finances à fournir les monuments de l'histoire et de la diplomatique qu'il avait déjà recueillis ; le paiement des copies qu'il pourrait faire exécuter , lui était assuré. D. Grenier saisit avec ardeur une mission parfaitement en rapport avec ses goûts, et tel était le zèle dont il était animé, qu'il faisait marcher de front trois ordres de travaux dont il était alors chargé. L'un des cinq commissaires nommés pour dresser le catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l'ancien collège de Clermont, il en préparait avec D. Clément la publication ; attaché au Dépôt des chartes, il fournissait abondamment son tribut de pièces et de transcriptions ; historiographe de Picardie, il poursuivait sa tâche avec autant de zèle que de succès. Mais la première mission n'était que transitoire et les deux autres devaient durer jusqu'à la fin de sa carrière.
Son premier soin, en succédant à D. Pardessus, avait été de vérifier les papiers que celui-ci avait laissés et d'en constater l'importance. Cent obstables s'opposent à cette livraison, mais son activité sait les faire lever et bientôt toutes les difficultés sont applanies, tant ses travaux sont appréciés déjà et sont pour lui une puissante recommandation.
C'est alors que commence réellement la vie littéraire de Dom Grenier , laquelle doit n'être qu'une suite de voyages, d'explorations, de découvertes, interrompue seulement par les temps d'arrêts que nécessitent la rédaction de ses notes , ses instructions pour ses collaborateurs et la volumineuse correspondance qu'il entretient avec tous les savants qui l'aidèrent à recueillir cette abondante moisson de documents dont Moreau et le Ministre ne cessent de le féliciter. Aussi le recommande-t-on chaleureusement aux Intendants qui s'empressent de lui faire ouvrir les chartriers et les archives de la province qu'il
doit visiter chaque année, pour contrôler les pièces reçues, juger de l'importance des dépôts et s'adjoindre de nouveaux auxiliaires , heureux de répondre à l'appel du savant Bénédictin. Car bientôt Dom Grenier n'est plus un simple collaborateur du Dépôt des chartes, un modeste collecteur de pièces, il a fait preuve de tant d'expérience et d'habileté qu'il fournit sa part d'observations aux instructions ministérielles et indique la marche qu'il croit la plus propre à assurer d'heureux résultats à l'intéressante mission qu'il partage. Dom Grenier passe à Corbie l'année 1764, il y organise son travail, choisit ses collaborateurs et distribue à chacun sa part de besogne. C'est là le premier des voyages diplomatiques qu'il doit faire chaque année jusqu'en 1788, c'est-à-dire pendant 24 ans. Ainsi nous le voyons parcourir le Boulonnais, Calais, Ardres, Saint-Omer, Montreuil dont il trouve les archives dans le désordre le plus déplorable , une partie de l'Artois, de l'Amiénois e4 du Ponthieu en 1765 ; visiter Laon et Soissons en 1766; Noyon el Saint-Quentin en 1768; le Soissonnais encore, le Senlisis et Montdidier en 1769; le Ponthieu, où il dépouille les archives de Saint-Vulfran , de Saint-Pierre d'Abbeville et de l'abbaye de Valoire, en 1770; Saint-Riquier en 1771; Péronne en 1772; Péronne, Nesle et une nouvelle partie du Santerre et du Vermandoisen 1773 ; l'abbaye de Froidmont en Beauvoisis en 1774; Beauvais et l'abbaye de Wariville en 1775; Roye, mais sans grand profit pour la science, en 1776 ; en 1777 le Soissonnais, le Laonnais et le Senlisis dont il n'a point épuisé les richesses, car il y retourne en 1778, en 1779 et en 1780, et le compte-rendu de ses dernières pérégrinations est l'objet d'un rapport spécial dont il donne lecture, dans la séance du 6 décembre 1780, au Comité des chartes qui remplaçait l'ancien Dépôt depuis le 16 janvier de cette même année. En 1781 il visite Roye pour la seconde fois, fait une course à Saint-Omer où rappelait l'archiviste de Saint-Bertin , car, plus heureux que D. Martèneet D. Durand qui n'avaient pu se faire ouvrir les portes de cette abbaye célèbre, il avait obtenu, dès 1765, la promesse d'an facile accès. A son retour il passe quelques jours à Laon , à Soissons, à Ribemontet à Noyon. En 1782 il retourne en Flandre, à Poperinghen, où sont déposées les chartes de Saint-Bertin, et ses travaux avec D. Dewitte peuvent être considérés comme des plus importants. Nous retrouvons Dom Grenier dans le Valois, à Saint-Arnoud de Crépy, au Parc-aux-Dames, en 1785; dans l'Amiénois et le Sois-
sonnais en 1784 ; en 4785 et 4786 à Amiens où il a peu à se louer de l'obligeante de l'abbaye de Saint-Jean; à Hara et à Saint-Quentin en 1787; à Amiens encore en 1 788 où il entreprend le dépouillement des archives de l'évéché, du chapitre , du bailliage et de l'hôtel-de-ville; puis à Montdidier, à Noyon, à Péronne et à Saint-Quentin. Là s'arrêtent les courses de notre historiographe , il retourne à Saint-Germain à la fin de 1788, où sans doute il poursuit ses travaux dans le calme de la solitude, car les renseignements sur ses derniers jours font défaut, et ce n'est qu'en 1849 que M. Damiens découvrit, dans le nécrologe de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, la date de sa mort, arrivée le 2 mai 1789, et deux lettres de D. Poirier qui transmet à Moreau, avec la juste appréciation des immenses travaux , du zèle et du dévouement désintéressé de Dom Grenier , les chartes fruits de sa dernière récolte.
Nous avons dit plus haut que Dom Grenier s'était mis en relation avec tous les hommes voués comme lui à l'élude de la Picardie; sa correspondance s'étend, en effet, d une extrémité à l'autre de la province avec une activité prodigieuse, et cette partie de sa biographie, amplement traitée, sera doublement précieuse, soit qu'on y recherche l'histoire des faits et des choses ou bien celle des hommes et de leurs travaux. Nous le trouverons, en effet, en communauté d'études avec Danse et Bucquet qui réunissaient si bien les conditions d'ardeur, de savoir et de sagacité nécessaires pour élever à Beauvais un monument historique digne des matériaux amassés par leurs devanciers. D. Lamy , le généalogiste De Ville , De Vauvîllers , le Père Daire . notre fécond historien , le garde des manuscrits Bejot et Jean Capperonnier sont ses auxiliaires ; D. D'Autremepuy , D. Wezelier, D. Bugniatreet D. Muley dépouillent avec lui les archives du Laonnais et du Soissonnais dont ils avaient fait déjà une étude spéciale; ce dernier surtout accomplit sa tâche avec tant de zèle que Dom Grenier le fait nommer officiellement son adjoint parle Dépôt des chartes en 1769. D. Gérardin, Dauphin d'Halinghcn pour le Boulonnais, Lemoine de Clermont pour le Soissonnais, l'abbé Peitavy pour le Vermandois , Sézille , Caillet et Dom Gourdin pour Noyon , D. Quinsert pour l'Artois, Dargnies de Fresne pour le Ponthieu, Colliette et Cartier, le numismate D. Devis, le doyen de Saint-Rieul Afforly dont l'immense collection fait encore aujourd'hui ta richesse de la bibliothèque de Senlis , le sigillographe Desmarels de la
même ville , Le Scellier d'Amiens , le paléographe Lemoine , le collectionneur Beaucousin de Noyon , Mercier de Saint-Léger le bibliographe , D. Dewitte l'archiviste de Saint-Bertin, lui prêtent la collaboration la plus active. Mais, non content de ce concours d'hommes d'élite , Dom Grenier veut s'assurer encore celui de tous ceux qui ont recueilli dans la province des antiquités ou des productions naturelles. C'est dans ce but qu'il publie, en 1767 , son Avis aux naturalistes et aux antiquaires (1) avec l'approbation du supérieur général D. Boudier , et cet appel n'est point sans résultats. Ainsi , tour à tour il est paléographe, diplomate, archéologue, naturaliste; rien n'échappe à ses investigations, il s'entoure de toutes les lumières, puise à toutes les sources.
Si l'on pense maintenant au temps considérable qu'ont dû absorber ses voyages, au classement des pièces sans nombre qu'il avait recueillies , aux obligations qu'il avait à remplir envers le Comité des chartes , on ne s'étonnera plus que sa rédaction soit si peu avancée. On ne trouve guères, en effet, dans sa collection, que l'histoire deCorbie qui fut l'objet de ses premières études , et Y Introduction à f histoire générale de ta Picardie qui forme ce volume, qui soient en état d'être imprimées. Les histoires d'Amiens, de Beauvais, de Saint-Quentin, de Senlis, deSoissons, de Laon, de Noyon et de Boulogne, les notices sur les Belges et la seconde Belgique, paraissent assez avancées, mais elles sont loin d'être complètes. Toutefois, son travail semblait l'autoriser à en entreprendre la publication; et, en 1786, il donnait au public son prospectus (2), sorte de préface de son ouvrage qu'il annonçait en 6 volumes in-4°.
Cette fois l'appel du Bénédictin ne fut point entendu, le nombre des souscripteurs fut très-petit, et les démarches faites auprès du Gouvernement pour obtenir un secours demeurèrent infructueuses. On le comprendra sans peine, si l'on pense à l'état des esprits à cette époque , où l'on était plus soucieux du présent et de l'avenir que du passé , et où l'agitation qui se préparait laissait déjà trop peu de liberté pour suivre des études de la nature de celle qu'annonçait notre compatriote.
Les papiers de Dom Grenier, laissés à sa mort dans la chambre qu'il occupait, sous la garde des bibliothécaires , ne furent point atteints, heureusement, par l'incendie
(1) Avis aux naturalistes et aux antiquaires de la province de Picardie— Paris. 1767. VaHeyre. 4 pag. in-i°. (*) Prospectus de la notice de Picardie. — Pam. 1786. P. D. Pierres. Î3 pag. in-i«.
qui menaça de détruire , du 2 au 3 fructidor an II , la magnifique bibliothèque de Saint- Germain-des-Près. Ils furent transportés à l'hôtel de la rue Richelieu où ils forment un fonds particulier, et y restèrent dans l'oubli jusques vers 4803 ou 1804 que M. Mouchet, ancien collaborateur de Saint-Palaye et de Bréquigny , entreprit le dépouillement et dressa deux tables , Tune alphabétique , l'autre par liasse, des 30 paquets qui composent celte immense compilation de documents historiques sur la Picardie. Mais comme le catalogue de Mouchut n'était point accessible au public, la connaissance de ce dépôt, si précieux pour notre histoire locale, ne date guères que do 4839 où l'un de nous en entreprit le pouillé (1) qu'il publia dans le n.« volume de nos Mémoires. Malheureusement un classement nouveau a rendu à peu-près impossibles les recherches avec ce travail , et nous devons faire des vœux pour qu'un catalogue dressé d'après l'ordre que l'on a cru devoir adopter pour la reliure des pièces , nous permette de puiser sûrement à cette source féconde et trop peu accessible qu'a ouverte notre savant Bénédictin.
Le travail de M. Dufour a révélé toutefois l'existence d'une partie entièrement terminée et qui pouvait être livrée à l'impression. La Société a pensé que ce serait tout à la fois honorer la mémoire du savant bénédictin et rendre un véritable service à la science historique que de publier son Introduction à l'histoire générale de la Picardie. Cette publication , entreprise en 1848, se trouve enfin complétée par l'apparition de la troisième livraison , qui renferme des tables dressées avec le plus grand soin par l'un de nos collègues, M. H. Cochcris, attaché à la Bibliothèque mazarine, paléographe de beaucoup d'avenir.
Pour compléter l'œuvre de Dom Grenier , la Société aurait désiré publier les preuve.» qu'il se proposait de faire paraître avec cette Introduction. Mais, disséminées dans sa collection, elles n'auraient pu être que difficilement retrouvées, et l'on avait à craindre de commettre des erreurs dans la reproduction de documents qui n'étaient point
(1) Pouillé des manuscrit» composant la collée- Ledicn fils. in-8». (Extrait des Mém. de la Soc. de» lion de Dom Grenier sur la Picardie , à la Biblio- Anliq. de Picardie. Tom. u, pag. 385-471.) tbèque du Roi, par M. Ch. Dufour.-Amieiw 1889.
suffisamment indiqué* au manuscrit. Il a donc fallu s'en tenir à la partie principale de son travail , et nous nous sommes appliqués à la reproduire avec la plus grande exactitude, en conservant la rédaction de l'auteur, son orthographe même, si souvent variable pour les noms de lieux , en donnant Gdèlement les notes que nous avons vérifiées , et en indiquant les preuves auxquelles le bénédictin picard devait renvoyer.
Nous ne ferons aucune observation particulière sur le style de Dom Grenier. S'il n'a point l'élégance que l'on apporte aujourd'hui dans les travaux historiques, il est loujours clair et intelligible, et ce sont là les points principaux, lorsque surtout, a cette précision , se joint un degré d'exactitude scrupuleuse dans les faits.
L'Introduction à l'histoire générale de la Picardie doit avoir été écrite à une époque contemporaine du Prospectus de la notice de Picardie que Dom Grenier faisait paraître en 1786. L'un de nous conserve dans sa collection de documents historiques sur la Province une lettre qui se rapporte à l'entreprise littéraire de notre bénédictin. (1).
La dernière partie du travail que nous publions et qui concerne les voies romaines ■le la Picardie ne paraîtra pas la moins intéressante ; nous en devons la copie à l'obligeance de M. Labourt, notre collègue. Dom Grenier les a décrites à une époque où leur physionomie n'était pas encore altérée par notre nouveau régime vicinal ; il a pu consulter les traditions anciennes , recueillir des renseignements qui n'existent plus . et plusieurs passages de son travail constatent qu'il a lui-même parcouru ces voies pour se rendre bien compte de leur authenticité ou de leur direction.
La Société se propose de compléter un jour le travail de l'infatigable bénédictin en publiant une carte des voies romaines en Picardie ; celte publication , tout en s'appuyant sur les données que fournit l'Introduction à l'histoire générale de la Province .
( ïP.lt. o*70t. jVoliœ historique du premie r rot/mm ment son jugement à M. le Garde des Setaux.
des Francs, nomme ennuie Pteardte, ou histoire détaille* de la plus grande partie de ta seconde Belgique , etc. , par Dont Grenier , henèdittin.
Ce 10 mai Tdiuailt.
1786. en l'absence de M. de Y,daud .
et par ordre deM.lt Garde • det Sceaux.
Monsieur Btjot prendra, s'il lui plait, la prime i'exa- ,..i*-r ce mantitml avec le plus i'aUention et de dili- Vtre qu'A lui tera possible, pour en donner incestam-
Nota. \ vus ètet prié de rapporter en tète de votre jugement le .Y.» ci-iestus.
permettra de rectifier les erreurs que des découvertes postérieures ont signalée?.
Nous devons ici rendre hommage à l'obligeance de notre honorable et savant collègue M. Paulin Paris, membre de l'Institut. En facilitant la copie que nous avons prise du manuscrit de Dom Grenier , il a rendu à la Société un nouveau service qu'elle tient essentiellement à reconnaître, en le priant d'en agréer se» biens vifs et empressés remercimenb.
Amiens, «seplembre 1856.
CH. DUFOUIL J. GARNIER.