DANS LE LAONNOIS
Les autres compagnons de saint Fursy et de saint Momble, savoir, Adalgise, Gobain, etc. , vinrent à Corbic où ils furent reçus très- honorablement : apud
Corbeiam venerunt ubi aum magno honore tuteepti s monasterium tunt in-
gresii (3). On lit la même chose dans les actes de saint Gobain : petierunt monasterium Corbeiente dicatum in honore S. Pétri apotloJorum principit, ubi ab inoolis looi illius honorificè tuteepti tunt (4). Us y demeurèrent quelques jours pour s'informer des lieux de la province où leur ministère pouvait être plus nécessaire. Après quoi ils se séparèrent pour aller prêcher la parole de Dieu , suivant la destination de la Providence : qui per diverta Gallicœ provinciœ loca dominum prœdicantet, unutquitque ad locum tibi a deo destinât nit (5). Saint Adalgise , avec un compagnon nommé Corbican (6) et deux domestiques, se fixa dans la Tiérache, suivant la permission que le roi Clovis II, ou mieux Clo taire III, fondateur de l'abbaye de Corbie, lui en donna. Il bâtit sur la rivière d'Oise, près du mont Saint-Julien, un monastère appelé la Celle. Il s'occupa ensuite à catéchiser et à prêcher les peuples des environs jusqu'à Liessic : qui catechisabat et prwdicobal circa Lœtitiatn (7) , disent les martyrologes de Molanus et Bucelin. Saint Gobain s'arrêta dans la forêt de Voges (8) où il obtint du même roi Clotaire le Mont d' HermUage , nommé depuis Saint-Gobain , lieu célèbre aujourd'hui par une manufacture de glaces. II y passa le reste de sa vie , occupé de la conversion des pécheurs et des faux convertis qui étaient encore en assez grand nombre dans le canton : ut dominut il lot per luam mixer icordiatn
et pestimâ , quia tuno in illit partibus
(I) Art. 98. Bened., $mc. u, p. ait, n.« 9, p. 311, n.«M.
(t) IMd., p. ss, d." t», l», 17, etc.
(9) Boll.. ML 98. S JaDii, p. SU, m- S, S.
(4) IMd. Vit., S. tiobani, SI jun., p. Sî, o.« t.
(5) IMd. Vil., S. Adilgiii, mprà, p. SSi, o.' S.
(6) IMd.,o.-7.
(7) IMd.. p. *tt, ni. 9, D.* S.
(•) IMd. VU., 8. GotwM, wpr., p. », o.* «.
erant multi maligni et odiosi homines sed nihil profioiebat suis preoibut ,
tuisque suavisonis exhortationibus ad populum.
Il y a une tradition dans la ville de Laon que saint Béat , dont la fôte s'y célèbre le 9 mai, s' y retira sur la pointe de la montagne, où se voit à présent la citadelle, pour travailler à la conversion des habitants de la ville cl des environs ; que les cryptes ou grottes souterraines, que Ion appelle Creutes dans le pays, telles que celles de la cathédrale de Sain t-Pan-au-Bourg, qu'où nommait la Grotte de Saint- Maurice, communiquant par une galerie souterraine à une troisième près de Saint-Julien, qui est celle de saint Gondebant , la grotte de saint Béat , n'étaient que des lieux de dévotions où les premiers chrétiens du pays s'assemblaient en secret pour y célébrer les divins mystères. (Mém. MS. de D. Bugniatre , pour la ville de Laon.)
La raison, sans doute, pour laquelle aucun des missionnaires ne s'arrêta à is ne s'arrêtèrent Corbie, est que le roi Clotaire, par le conseil de la reine sainte Bathilde (J), sa mwt dans le cormère, y avait établi vers l'an 660, une communauté de moines qu'il avait fait venir ,,0IS' 'ABCE de Luxcu, sous la conduite de saint Théodefroi. Ces religieux tenaient de la libé— Y ,0l,VE"BNT Dt
° MOINES OCCCPKS 01'
ralité du prince une assez grande portion de 1 Amiénois. Combles de ses bien- ministèrk. faits, ils travaillèrent avec une ardeur si grande à détruire les restes du paganisme, que Berthefroi, evéque d'Amiens, se reposant sur leur zèle, leur accorda trois ans après les droits quasi-épiscopaux sur une partie de ses ouailles. Théodefroi même , leur abbé, fut choisi pour remplacer le bienfaiteur défunt. Ces nouvelles faveurs donnèrent plus d'activité encore à l'ardeur de ces religieux. Corbie, aux vin.* et ix ' siècles, devint à son tour un séminaire fameux pour les missions du Nord , et une école célèbre d'où partirent une foule de rayons lu mineux qui pénétrèrent dans ces pays plongés dans l'ignorance la plus profonde.
SAINT URSMER , PRÉDICATEUR ÉVANGÉLIQUE SUR LES CONFINS DE LA TIÉRACHE ET DU HAINAUT; ET SAINT SILVAIN, DANS LE PAYS DES M0R1NS.
Tandis que saint Adalgise prêchait dans une partie de la Tiérache, saint Lrsmer, abbé de Lobes, travaillait à gagner des âmes à Dieu et à construire des églises dans une autre partie qui était contiguë à la forêt de la Faigue, en Hainaut : per quem, cum in partibus Galliœ, in tanin scilioet et Teoracid multi
(i) Gtll. Christ., i. u. col. m, iwtf.
pcreconversi fuissent et constructœ , quœ adhue super tunt eoclesiœ (I ). En même temps saint Silvain , évêque régionnaire , était occupe aux exercices de sa mission apostolique dans le diocèse de Tërouannc où il se rencontrait beaucoup de païens et plusieurs chrétiens engages dans des erreurs grossières. Ses exemples et ses prédications portèrent un grand nombre des uns et des autres à se convertir : ad occidentales pervertit partes , videlioet 2 ervanevxix reginnix , ubi n(tn parvam plebem populi domino adquisivit. Erat enim incolis hujus terrœ cultus divinus es parte incognitus, quem rerbo pra-dicatimis ximulque exemple juste vitendi reparavit (2). Il paraît que le pajs Ternois fut le champ qu'il prit soin de cultiver particulièrement et où il fit sa résidence ordinaire. 11 mourut à Auchilès-Moincs en 718 (3). 11 avait quelques terres en propre dans les environs , savoir, Maunice et Hemi-Campagne (4). 11 fonda une église dans l'un et l'autre lieu. On doit juger par le martyre de saint Lugle et de saint Luglien, qu'il restait encore bien des idolâtres dans cette partie de notre province , car ces ennemis de la vraie religion mirent à mort dans la vallée de Seiredala , à quatre lieues de Boulogne, les deux pieux Irlandais qui avaient abordé à Boulogne au commencement du vm.* siècle : sed in historia passionum Luglii et Lugliani Hybemiensium perspicuè soriptum legitur , qued iidem sancti per has régions* transeuntes , per manus impiorum , prœdicti videlicet Berengarii et fra~ trum tuorum Bnvonis et Helcelini et eorum complioum fuerint martyrio coronati. Sed quia hoc scelus in pago Tervanensi fuisse asseritur perpetratum (5). Mais peut-on croire que cette religion fut plus respectée dans l'autre extrémité , lorsqu'on voit des citoyens de la ville de Soissons mettre à mort , à la fin du vu.' siècle, leur propre évèque, par haine, dit le martyrologe Gallican, de la vérité de l'Evangile qu'il leur prêchait , in odium evangelicœ quant prœdicabat , veritatis (6).