DE LA PICARDIE
lu*» lie lise n'A- LC8 églises de la province ont abrogé aussi la cérémonie ridicule qui se faisait le jour de Pâques, immédiatement avant le Te Deum. Dans la cathédrale d'Amiens (1), pour y représenter la surprise des femmes et leur entretien avec les anges, deui chapelains-prêtres en chapes blanches, la téte enveloppée d'un amict
(1) PreuT., part..., p.... n......
simple, en forme de coeffe à rouler, bridé dessons le menton pour mieux repré-
rerolcet nflbis lapidem , etc. Deux enfants de chœur revêtus en aube, figurant les anges et placés aux dent cotés de l'autel, sur lequel était placé un coffre, en forme de sépulcre , couvert d'un voile, demandaient aux femmes : quem queritis? etc. Les Maries répondaient : Jesum Naxarenum , etc. Les anges découvraient le sépulcre en disant : non es* hic , etc. Les Maries montaient à l'autel , faisaient les rechercheuses , regardaient dans le sépulcre avec une sorte de surprise. Alors les anges leur disaient : ite , nunciate discipulis ejus quia surrerit. Les Maries retournaient au chœur enchantant : Christus resurgens, «te Après quoi l'évcque entonnait le Te Deum , baisait le sépulcre , donnait le baiser de paix au préchantre et au chantre, qui allaient le porter au chœur, en disant au premier de chaque côté, surrexit dominut , à quoi il répondait, gaudeamus. Celui-ci passait le baiser de paix à son voisin , ainsi de suite.
Dans l'église de Beauvais (1) , trois enfants de chœur représentaient les Maries, dams les WLists m et sur la fin de la cérémonie un d'eux annonçait au peuple la résurrection de macvais et et Notre-Seigneur. Dans relie de Laon (2), la cérémonie était faite par deux diacres en lA0:*' chape de soie qui représentaient les Maries, par quatre sous-diacres en tunique blanche, qui portaient chacun un linge sur le bras, et par un clerc. Les deux diacres arriTés à la porte du sépulcre chantaient • ardent est , etc. Le clerc , caché près du sépulcre , répondait sur le même ton : quem queritis, etc. ? Les deux diacres reprenaient : Jesum Nazerenum. Le clerc : non est hics etc. Ensuite les chantres entonnaient : surrexit dominut , etc. , et immédiatement après, la prose victimœ paschali laudes. La même chose se faisait dans celle de Noyon. Ce ne fut que le 3 mars 1628 (3) que le chapitre délibéra qu'on ne ferait plus à l'avenir, au jour de Pâques, les mystères des Anges et des Maries.
L'usage subsista plus longtemps dans la collégiale de Saint-Fursy de Péronne. dass l'église i»t car il n'y a qu'une douzaine d'années qu'il ne s'y fait plus. Les matines finies , SAH" - *lt** on allait au sépulcre préparé à cet effet, en chantant le répons : dum transi* t et ******* tabbatum, lequel étant fini, on touchait l'orgue en imitant le tonnerre; deux enfants de chœur habilles en ange paraissaient l'un à droite , l'autre à gauche du sépulcre. Trois autres habillés en Maries, tenant des vases remplis d'aromates, venaient gravement vers les anges chantant : quis rewlvet nobis lapidem , etc. Arrivés au sépulcre , les trois anges chantaient aux deux autres : Jesum Naxare-
(I) Lwet, Hirt. el Aatiq.diiBMM.. L h. p. 301. (SVRcg de Jêtib. de cette *nnfc-.
(l) fetot., nu ecclw. Uudu. ndtv.. ptri », p. sis.
rum 6 cœlicclœ. Ceux-ci répondaient : non est kio. Le» Maries : surrerit dominas. L'un des deux anges, en leur remettant le Toile et le suaire, chantait : verà surrexit ; ecce rettis , ecce sudarium , et après leur avoir fiait Toir le sépulcre vide , il leur remettait la robe et la tunique. Alors les trois Maries retournaient au chœur en chantant : Victimœ paschali laude*. Le chantre disait à l'une d'elles, en chemin faisant : Die nobi$ Maria, etc. Elle répondait : Sepulerum, etc. Les trois ensemble montraient au chœur les anges et le suaire, en continuant la prose : Angelicos teste» jusqu'à surrexit Christus. Les anges poursuivaient jusqu 'à teimus Chriitum , etc. En entrant dans le chœur, on chantait tous ensemble ce dernier verset de la prose.
dans i/eglise de Voici l'usage de l'église de Senlis, suivant le cérémonial du xui.* ou xiv.«
siècle (l). On va en procession au sépulcre qui était placé dans le vestiaire, sur l'autel de saint Gervais et de saint Protais. Le troisième répons de matines chanté , ceux qui tiennent le chœur vont à l'autel où les curés de Sainte-Geneviève et de Saint-Martin, vêtus en aube et placés, l'un à droite et l'autre à gauche , cbantent le verset : Quem queritis , etc. Ceux du chœur répondent : Jexum Nazarenum , etc. Alors les curés levant la nappe de l'autel disent : Non est hic. Ceux-là se tournant du côté du chœur, chantent : Alléluia, surrexil. Le chœur répond Alléluia; et aussitôt l'évèque ou le doven entonne le Te Deum, pendant lequel chacun va baiser le sépulcre. L'officiant le prend et va le placer processionnellcment sur le maître autel, tandis qu'on chante le répons Christus résurgent , etc. L'auteur de la liturgie ancienne et moderne (2) nous a conservé l'usage de celle de Soissons. Nous allons rapporter ses propres termes : « A Sois- » sons, on prépare un sépulcre dans une chapelle, sur l'autel de laquelle on met » le Saint-Sacrement. L'évèque et le clergé j vont. On porte la croix, flambeaux, » encens; après qu'on a chanté l'antienne de la Résurrection, le chantre en « habit de cérémonie , interroge trois vicaires vêtus de blanc , debout devant ta » porte de cette chapelle, die nobis, etc. Le premier répond, sepulcrum; le
» second , angelicos testes ; le troisième , scimut Alors le chantre se tourne
» du côté du chœur, dit : credendum est soli Mariœ ter ad, potiûs quant judao- » rum turbœ fallaci. Puis la porte de la chapelle étant ouverte, l'évèque y en- » tre avec le Saint-Sacrement, ayant deux chanoines vêtus de blanc à ses côtés, » dit Te Deum , le porte au grand autel, l'adore, baise le bas du ciboire ou » calice , puis se retire avec les deux chanoines assistants. »
(I) Pteuv., part. S, p n.' ... {*) LKur.anc. et mcxJ.. p. bêl. Para, Mit «le 17».
CCHI.
ON JOUAIT EN CADENCE A LA PAUME, LE JOUR DE PAQUES , APRÈS LES VÊPRES , DANS LES ÉGLISES DE LA PROVINCE. LABYRINTHE DE LA NEF DE L'EGLISE D'AMIENS.
Dans l'église d'Amiens (1), on chantait à la grande messe de Pâques le Kyrie farci, Deus sempiterne , le Credo arec l'addition Carne et mente, etc. Le trope du Kyrie de la troisième Rte était différent. On disait : Orbis factor , etc. Après les Têpres , l'on faisait l'office du Saint-Suaire. La procession revenant des Tonds baptismaux , s'arrêtait dans la nef , devant le crucifix. On y chantait la prose : Victimœ peuchali laudes. LTn chapelain était au jubé revêtu en chape blanche , la téte coiffée en Marie , qu'il représentait. Il avait à ses côtés deux enfants de chœur en aube , qui faisaient te personnage des anges. Le préchantre, du milieu de la nef, interrogeait, en chantant, la Marie : die nabis Maria quid vidisti in via? Elle répondait de même : Sepulckrum Christi viventit et gloriam vidi r es ur gentil, et montrant les prétendus anges : Angelicos testes; enfin dépliant un linceul : sudarium et vestes. Aussitôt le préchantre entonnait : Credendum est magis soli Maria veraci quam Judœvrum turbœ fallaci. Le même jour, après vêpres, les chanoines, ainsi que ceux des autres cathédrales de la province, jouaient à la paume, comme nous l'apprend Beleth (2). Souvent même l'évêque «e mettait de la partie : sunt enim nonnullœ ecclesiœ in quitus usitatum est, ut tel etiam episcopi et arckiepiscopi in cœnobiis cutn suis ludant subditis, ita ut etiatn sese ad lusumpilœ démit tant; atque hœc quidem libertas ideo dicta est decembrica; quia olim apud ethnicos morts fuerit. Quoiqu'une des plus grandes églises de France, telle que celle de Reims, ajoute Beleth, ait été dans cet usage, il eût été plus louable cependant de ne point jouer à la paume : quamquam verà magna; ecclesiœ , ut est lîemensis, hanc ludendi consuetudinem observent , videtur iamen laudabilius esse non ludere. Ce jeu, sans doute, se faisait en cadence, comme dans la nef de l'église d'Auterrre, où l'on voit encore une espèce de labyrinthe dessiné sur le pavé. Le doyen ou le plus ancien dignitaire recevait la paume de la main gauche , et prenant de la droite la main d'un chanoine , et celui-ci celle d'un autre, il ouvrait la danse en chantant la prose : Viciima paschali laudes (3). L'orgue accompagnait le chant , pour le rendre plus régulier et plus accordant avec le mouvement de la danse. Le labyrinthe de la nef d'Amiens
(1) Ptwit., part. 1 . p. ... ... |3) Mm. d« Fr., maî 1756. p. 8M-W3.
(>) Ditin. ofle. «pl., cap. IM, M. US. «etc.
que le P. Daire (1) a fait graver, est le seul reste de cette cérémonie profane qui paraît avoir été abolie depuis longtemps dans cette église.