‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 74 sur 294 · PIERRES-LEVÉES · texte numérisé non relu

PIERRES-LEVÉES

Hais ces différents sentiments ne pourraient-ils pas s'allier en disant que ces masses de pierres, surtout celles qui sont isolées, servaient à indiquer tout cn-

(I) Méra. M8. de l'acad. de Soiwon». (4! Rec. d'antiq., lom. it, p. 373.

(*; G. Moigra». Belg. Brit.. p. SOT et teqq. (5) IIUl. des OU», I. 4, c. S, $ ».

(3) Krjrtler, antiq. select. «epteotr., p. 103, 181, 404.

semble, sinon un temple, du moins un autel et un tombeau, c'est-à-dire un lieu de Fées , comme disent les Bretons ; car c'est ainsi , dit-on , que le vulgaire appelle certaines pierres élevées couvertes d'autres pierres plat tes , fort communes en Bretagne, et oû ils disent que les payent offraient autrefois des sacrifices (1). Et en Beauvoisis ne donne-l-on pas le nom de Pierre-aux-Fèes à cette masse qui courre le tombeau des Bellovaces encore existant sur la montagne dt* Hez ? Kcysler a pris pour des autels pareils un assemblage de pierres qui se voient près Artolf en Allemagne (2). Eh! qu'étaient les premiers autels des chrétiens? les tombeaux des martyrs. L'abbé Le Bœuf (3) met dans la même classe les pierre» levées, disant que partout où pierre levée se trouvera, il signifiera probablement un lieu où il y a une tombe élevée en mémoire de quelque sépulture notable. Par conséquent, le lieu dit Petram-Levatam , entre Noyon et Larbroye, dont il est mention dans une charte de Tannée 1162 (4), était l'indication d'une sépulture et en même temps d'un autel; on pourrait en penser de même peut-être du lieu qui dicitur ad altam Petram dans un titre de l'abbaye de St. Germer, du mois de juin 1257 (5). Ce lieu était situé près la ferme d'Auvilcr, entre Gaudechard et Hetoménil en Beauvoisis. La pierre élevée n'était certainement pas une colonne milliaire, car il n'y avait pas de chaussée romaine qui passât dans les environs.

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