‹ Introduction à l'histoire générale de la province de PicardieChapitre 99 sur 294 · A SOISSONS ; A POST · texte numérisé non relu

A SOISSONS ; A POST

(l)CodeiTbeodo^.UI. i.de JoreFiiei. SdH. Lufd. (S) Ecrili inrl'hut. de France, t. i, p. 109.

te», p. 3S3.

conjecture qu êtait bâti le château célèbre de no* Rois de la seconde race. H était à une toise et demie ou environ de profondeur. On y trouva un squelette d'homme en sa situation naturelle , les pieds tournés vers l'Orient. Les ossements paraissaient être d'un grand corps; mais nul vestige d'habit, d'arme ni de monnaie. 11 y avait seulement autour du squelette des espèces de lampes de verre , posées chacune sur une base ; ces lampes , leurs bases comprises , avaient au moins un pied de hauteur. Le même savant (1) antiquaire nous apprend qu'on avait déterré en 1732, à une lieue de Soissons, une urne cinéraire qui renfermait des médailles jusqu'à Posthume inclusivement, mêlées parmi des cendres et des morceaux de crânes humains qui avaient passe par le feu; mais il ne nous dit pas si cette urne a été trouvée dans un caveau. Il ne parait pas que la grosse bouteille de verre , remplie aussi d'os à demi brûles, dont parle l'histoire du Valois (2), fut renfermée dans un tombeau puisqu'elle a été brisée d'un coup d'hoyau par un paysan en creusant un fossé près l'ancien pont d'Anci , sur la rivière de Vesle. Nous sommes redevables à M. Thibaut, contrôleur des actes dans la ville de Saint-Quentin , de la connaissance d'un autre caveau, découvert au faubourg d'Isle de cette ville, en creusant les fondements des cornes do Vauban, à cent pas ou environ de la chaussée romaine de Saint- Quentin à Laon. On y a trouvé une urne que ce curieux a eue du geôlier des prisons qui l'avait achetée quatre sols à un inventaire. Ce serait peut-être le plus beau vase qu'on puisse voir (n.* ...), s'il était entier. Cette urne est d'une terre sanguine , d'un grain très fin et d'un vernis naturel très brillant. La hauteur est de six pouces trois lignes; son diamètre, de cinq pouces et demi, non compris l'espèce de fraise qui l'entoure ; celle-ci a huit lignes de largeur. L'épaisseur du vase ne porte pas une ligne. Nous avons de la peine à croire qu'il y ait eu dans la Belgique des ouvriers assez habiles pour faire un vase d'une forme si élégante.

Nous avons parlé du Bacchus d'Àmblainselve ; il est juste de ne pas oublier le caveau où il était renfermé. Cétait un petit bâtiment carré (3) de neuf à dix pieds, soutenu par quatre piliers ronds de quatre pieds ou environ de hauteur et de trois pieds de circonférence. Le tout était construit de pierres de seize à dixsept pouces en tout sens. Au milieu était placée une urne de verre avec son couvercle, remplie de cendres et de onze médailles de bronze, depuis Gallien jusqu'à Probus ; d'un côté de l'ume en était une autre plus petite et une lampe

(I) DiMrt. «ur le SoUwmhm, p. tOi , oolc. (») Nwro». de U Rép. de* lettre», déeenlm 1179.

(1) Hlil.doVaJ.,t.i,p.47S.

sépulcrale de terre; de l'autre côté le petit Bacchus barbu et cornu. On conjecture que c'était le tombeau d'une personne considérable, morte entre les années 278 et 282 , qui est la fin du règne de Probus.

Mais tous ces caveaux ne sont rien en comparaison de celui qui a été découvert à Reims en 1738, sous l'église de Saint Martin. La gravure de ce beau monument nous est tombée , par hasard , entre les mains ; c'est ce qui nous a fait naître l'idée de le placer dans notre histoire comme appartenant aux Belges- Romains donl nous avons traité jusqu'ici tant en général qu'en particulier. Nous l'avons comparé avec la lettre que Dom Taillandier (1) a écrite le 5 de janvier 1739 à Dom de Montfaucon, pour lui demander quelques lumières touchant le» figures qui étaient peintes sur les murs. Nous ignorons la réponse qu'il en a reçue ; mais il ne parait pas douteux que ce caveau n'eût été fait pour une famille distinguée à Reims. Il a quatorze pieds de profondeur sur huit de largeur et douze sous voûte. Les murs sont revêtus d'un ciment fort dur, bien conservé, et ornés de peintures à fresques d'un très bon goût. La face qui se présente à l'entrée du caveau offre d'abord une niche pratiquée en demi-cercle dans le mur et aux deux pans posés chacun sur une urne bien dessinée. L'une des façades de l'hypogée (2) découvert dans la ville de Corsini , près de Rome , offre deux pans placés de même à côté d'une urne. On voit ensuite un esclave ou un libitinaire qui emporte un lit, ce qui annonce la mort d'une personne; dans le fond, un autel sur lequel brûle le feu sacré; et devant l'autel, une personne, peut-être le père de famille, qui vient offrir un sacrifice pour le défunt ou la défunte. Sur la face opposée sont représentées trois personnes que nous prendrions pour la mère et les deux enfants, garçon et fille. La fille est remarquable par ses pendants d'oreille et par son collier. On voit à côté d'elle un paon mâle, posé sur une urne, et à côté du fils un paon femelle, placé de même. La majestueuse élégance de toutes ces figures, la variété de leurs caractères et de leurs attitudes, la vérité des ajustements, la souplesse des draperies, doivent rendre ce morceau précieux. Le sol est creusé à trois pieds de profondeur pour former une fosse de huit pieds de longueur sur sept de largeur. Les parois sont enduits du même ciment que le reste du caveau. On a trouvé dans cette fosse quantité d'ossements de différentes grandeurs. Outre la niche qui est via- à -vis de l'entrée, il y en a deux autres, l'une pratiquée dans le mur du fond, l'autre dans celui qui lui est correspondant. Ces trois niches avaient été faites pour porter des urnes , comme il se pratiquait dans les Columbario , où l'on en voyait souvent plusieurs rangées les unes sur les autres, comme dans

(I) Merc. de Fr., j«n». 17», p. 133 et mi». (») AnUq. «pl., t. ». part, i , pl. n.

un colombier. On descendait dans le caveau par un escalier de douze à quinze

en.

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