HOTES
mais sur les genou* de ma mère. Je n'ose en rien traduire.
Page 46. •*- LeParceval d'Eschenbach.... — Dût te lecteur en sourire , je citerai tout au long le morceau de Grim ( Alt. W- i h. )sur le Parceval. « Le noble héros , dont la jeunesse simple et naïve comme l'enfance , sans cesse enfermée et tenue sous les yeux d'une mère trop craintive , résiste encore à la voix secrète qui l'appelle tous les jours plus fortement au service de Dieu; Parceval est piqué des reproches de Sigunen, et se rend dans la ville des miracles a travers les forêts et les déserts. Un matin , au point du jour, la neige lut cache son chemin , il dirige son cheval à travers les buissons et les pierres ; bientôt la blanche foret bielle aux rayons du spleil, il approche d'une plaine où venait de s'abattre une troupe d\)ies sauvages : un faucon fond sur elles et en blesse une ; elle s'élève dans les airs , mais de ses blessures tombent sur la neige trois larmes de sang; objet de douleur pour Parceval et pour son amour. — Lorsqu'il vit sur la neige toute blanche ces. gouttes de sang, il se dit : Qui donc avec tant d'art a peint ces vives couleurs ! Condviramurs , cette couleur peut se comparer a la tienne. Dieu me protège, il veut que je trouve ici ton image. Dieu soit loué , et toutes ces créa-
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tures! Condviramurs , voila ton incarnat! La nfige prête au sang sa blancheur , et le sang rougit la neige. C'est l'image de ton "beau corps. Les yeux du héros sont humides de pleurs, il songe au jour ou deux larmes coulaient sur les joues de Condviramurs ,. et la troisième sur son menton. — Cette comparaison secrète l'occupe et l'absorbe tout entier, il ne sait plus ce qui ce passe autour de lui , il reste immobile dans son attitude rêveuse , comme s'il dormait. Un chevalier envoyé vers hii l'appelle, il ne répond point, ne bouge pas; enfin <telui-ci le pousse rudement en bas de sgn cheval. En se relevant, il marche sur les "gouttes de sang et ne les Volt plus ; alors il revient a lui-même , renverse le chevalier importun , puis, sans perdre une seule parole, il retourne vers les gouttes de sang, et les contemple de nouveau.
» Un second chevalier n'est pas plus heureux.
» Le troisième est plus sage ; voyant que Parceval ne répond pas a son salut poli et discret , il comprend qu'il est sous le charme de l'amour ', et cherche sur quel objet sont arrêtés ses regards immobiles. Il prend alors une fleur sauvage et la laisse tomber soir les gouttes de sang. A peine la fleur les a-t-elles couvertes et cachées , que le héros revient a lui-même, et demande seulement avec douleur qui lui a ravi sa dame !
» €£est nous montrer d'une manière a la fois touchante et singulière cQmbien il aime la femme qu'il a voulu quitter lui-même, pour Dieu et la chevalerie. Dans un monde désert et lointain , un souvenir d'elle l£ surprend tout-a-coup coipme un songe pénible auquel la force seule peut l'arracher. A la même place où il a vu les gouttes sur la neige , s'élève la tente où il revoit cinq ans après son épouse chérie, donnant dans sa couche avec deux enfans jumeaux tju'il ne connaissait pas encore?. Sops les trois gouttes de sang, il reconnaît les trois larmes qu'il avait vues un jour sur le visage de Condviramurs;il ne savait pas qu'elles lui prédisaient aussi sa femme avec deux enfans dans ses bras , conane trois perles brillantes.. ..
» Dans l'ancien poème français de Chrétien de Troyes, Gauvin , l'ami de héros , ne jette pas de fleurs sur les gouttes de sang. La neige se fond insensiblement aux rayons du soleil; déjà deux gouttes se sont effacées , et Parceval est moins rêveur : la troisième disparait peu a peu , et Gauvïn croit qu'il est temps de le saluer. C'est l'image du temps, a la fois cruel et bienfaisant, qui, paisible comme le soleil , dissipe comme lui les joies et les douleurs de l'homme. »
Suit l'indication d'une foule de passages relatifs a
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F opposition du rouge (najssanoe), dublanc (vie, pureté),» et du noir (mort). * . m + • * v A
* Page 48. — Avec ses conséquences immorales* — En attaquant ces conséquences et le danger de cette doctrine pour la liberté , je ne m'en dissimule point le caractère profondément poétique. D faut le dire, -cet hymen de l'esprit et de la matière, de l'homme et de la nature, les agrandit et les enchante l'un par l'autre. L'esprit divin, dit SchelUng*, dort dans la pierre, rêve dort* t animal } est éveillé dans l'homme. L'homme est le verbe du monde, 'la nature ayant conscience d'ellemême, et reconnaissant son identité, il s'y, retrouve en toute chose, et sent à son tour respirer en lui F univers; partout la vie réfléchit la vie. Ne vivent-ils pas ces monts et ces étoiles f Les ondes, n'est-il pas en elles un esprit f Et ces grottes en pleurs, n ont-elles pas un sentiment dans leurs larmes silencieuses f (Byron.) Lorsque préoccupé de ces idées, on parcourt les forêts et les vallées désertes , c'est je ne sais quelle douceur, quelle sensualité mystique d'ajouter a son être l'air, les eaux et la verdure, ou plutôt de laisser aller sa personnalité a cette avide nature qui l'attire et qui semble vouloir l'absorber. La voix de la syrène est si douce , que vous la suivriez, comme le pêcheur de Gcethe, dans la source
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limpide et profonde, ou, comme Empédocle, au fond de. l'Etna, mihi tùm quàm molbter o*$a quiescant!
C'est une chose merveilleuse a quel point cette doctrine s'est emparée de la rêveuse Allemagne , et infiltrée dans toute sa littérature. Vous en retrouverez l'influence dans presque tous les livra , dans Fart , dans la critique, dans la philosophie, dans les chansons. J'en connais une d'étudians qui est fort belle; mais j'aime encore mieux citer la suivante composée en France dans la guerre de 4845. An milieu de l'ardeur de la jeunesse, et de l'ivresse des combats, la pensée philosophique atrive bon gré , mal gré. « Rifcn au monde de phi* gai, déplus rapide, quêtions autres hussards sur le champ de bataille. L'éclair brille, le tonnerre gronde; rouges comme la flamme, nous tirons sur l'ennemi ; le sang roule dans nos yeux, nous faisons tomber la pèle. — On nous crie : Hussards, tirez tous vos pistolets, frappez , le sabre a la main, fendez celui qui se trouve la. Vous ne comprenez pas le français ! que ça ne vous inquiète pas ! il ne parle plus sa kn gue quand vous lui coupez la tête. — Si le fidèle camarade restait sur le champ de bataille, les hussards ne s'en plaindraient pas. Le corps pourrit au tombeau, l'habit reste au monde, l'ame s'exhale en l'air, sous la voûte azurée. »
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Paot 49* — Un fois, un pré y une fontaine. — -Ne pati quidem intçr 3e junctas sedes. Cotant discreti ac diversi; ut fous, ut campus, ut nevus plaçait, etc, Tacitigerm. 16.
Page 49. — La bonne Nuremberg...— Cette aras tumed'omer les maisons de belles sentences tirées de l'Écriture, est répandu* par toute l'Allemagne. J'ai cité Nurembergi parce que nulle ville n'a mieux oottset*vâ sop aspect antique. C'estk Pompcï du meyen^Agç.
Pag» 50. — let cerf* uenomi boite sou$ te balcon de* électeurs. — J'ai cédé ici a une double teatation, au plaisir de parler de cette charmante petite ville d'Heidelberg, qpi laisse a tous ceux qui Font visitée tant de souvenirs'et de regrets, et d'en parler dans les tenues mêmes d'un grand écrivain qui m'est bien cher, le tra- • ducteur d'Herder , TautfUT du Voyage en Grèce, Edgar Quinet.
*- * Page 50. — Que 4e foi* l'Allemagne * est soulevée J mais c'était pour retomber bientôt», . — Si Tua veut , une {mage de ceci, il n'çn est pas de plus fidèle que le Rhin. Vrai symbole du génie de la contrée, il en réfléchit l'histoire, tout aussi bien que les arbres et les
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rochers de ses rives. Sorti comme un torrent de la nuit des Alpes , il s'endort dès le lac de Constance. Il s'élance de nouveau par un lit déchiré de rochers, s'emporte et tombe furieux à SchafFouse; sa chute fait .tremble* k Souabe et la Suisse, ÏTe éraignez rien; il est déjà calmé. Il roule alors, large et profond comme les JNÏbelungen dont il traverse le théâtre. Resserré k Bingeh , le fleuve héroïque perce sa soute entre des géans de basalte, à travers tous les châteaux qui dominent ^es rives, et qui quelquefois semblent être descendus armés de toutes pièces pour lui défendre Je passage (à Pfalz). .
Enfin quand il a salué l'inachevable. cathédrale <fe Cologne, las çj désabusé des nobles efforts, il se laisse aller le long des plaines prosaïques des Pays-Bas, et d .ses rives retentissent encore, c'est d'une déclamation de quelque Rederiker £|pjnand, du chant unifoïiqe d'un .Baenkelsaenger, d'un poète charpentier ©u forgeron, qui va martelant son œuvre de Cologne jusquVda Hollande. Le Rhin arrive ainsi en face de l'Obéati , et s'v évanouit sans regret. C'est encore ici l'imagé de l' Allemagne se résignant à s'absorber dan? l'unité absolue de Schelling. Heureuse de se reposer dans l'infini , elle fait entendre en Goethe et Gœrres un dernier r son poétique.
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t*ACE 51,. En Islande, tes dieux mourront cofoime nous. . . * — Voy. Geïers Schewedens Geschichte. Il n'existe encore qu'un volume de la traduction allemande. J attends aussi avec «tue vive impatience la publication de l'important ouvrage de M. J.-J. Ampère, dur la Littérature du Ner<t. Ce Kvre préparé par tant de voyages et d'études variée» et profondes, va révéler tout un monde au public français»
«* Page 51 . «■— lh$ vivant de Luther , à sa table même, commença U mysticisme .... - — On connaît peu Luther. Avec jcfc col de taureau , cette lace colérique (voyez les beau portraits de Lucas Granach), et cette violence furieuse dans le style , c'était une ame tendre , très sensible a h musique , aussi accessible a l'amitié qu'a l'amour. Rien ne lui fut plus douloureux que de voir jusque dans samaison ses disciples les plus chéris abanr donner sa doctrine, ou plutôt la poussera, ses^'conséj quences extrêmes avec une inflexible logique. Dansées % attaques contre Rome,, il avait *ecrit: Périsse* la loi! vive là grâce! Pouvait41 se plaindre après «cela que les luthériens inclinassent au mysticisme? Lui-même, dans lac première moitié de sa vie, * avait été prodigieusement rtrystique. * . ■.'*'. *
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Page 51 . — Qui devait triompher en B&kme... — Cordonnier a Gœrlitz , mort en 4694. Saint Martin a traduit trois de ses ouvrages : L'Autare numante, le* Trois Principes, et fa Triple Vie ou ï Éternel Engendrement sans origine* 1802. Use proposait de traduire les cinquante volumes de Boehm. Plusieurs passages de ce théosophe sont de la plus haute poésie ; par exemple , tout le commencement du deuxième volume des TYoi* Principe**
Je fte puis m'empécher de terminer ces notes sur l'Allemagne, en citant quelques vues de madame de Staël, toutes frappantes de sagacité et de justesse. Ces observations sur la société allemande d'aujourd'hui reçoivent une merveilleuse confirmation de l'ancienne littérature de ce peuple, que Fauteur n'a pas connue* ' — «c Ç'eôt un certain bien-être physique, qui, dans le midi de V Allemagne , fait rêver aux sensations , comme dans le nord aux idées. L'existence végétative du midi de l' Allemagne a quelques rapports avec l'existence comtemplative du nord : il y a-du, repos, de la paresse et de la p réflexion dans l'une et l'autre. — Les farces tyroliennes, qui amusent à Vienne les grands seigneurs comme le peuple , ressemblent beaucoup plus a la bouf-
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fonnerie des Italiens qu'a la moquerie des Français* — Celui qui ne s'occupe pas de l'univers, en Allemagne, n'a vraiment rien a faire, — II faut, pour que -les hommes supérieurs de l'un et de l'autre pays atteignent au plus haut point de perfection, que le Français soit religieux , et que l'Allemand soit un peu çaondain. — Il y a plus de sensibilité dans la poésie anglaise , et plus d'imagination dans la poésie allemande. Les Allemands, plus indépendans en tout , parce qu'ils ne portent l'empreinte d'aucune institution politique, peignent les sentiment comme les idées, à travers des nuages : on dirait que l'univers vacille devant leurs yeux, et l'incertitude même de leurs regards multiplie les objets dont leur talent peut se servir. — On a vu souvent chez les nations latines , une politique singulière-' méat adroite dans l'art de s'affranchir de tous les de- .voirs; mais on peut le dire a la gloire delà nation 'allemande, elle a presque l'incapacité de cette souplesse hardie , qui fait plier toutes les vérités pour tous les intérêts, et sacrifie tous les engagemens a tous les calculs. — -Ltfs poêles, la bière çt 1$ fumée de tabac , forment autour dès gens du peuple, en Allemagne, une sorte d'atmosphère lourde et chyâude dont ils n'aiment pas à sortit* Quand le climat n'est qu'à demi rigoureux, et ' qu'il cswenoore possible d'échapper aux injures du ciét
par des précautions domestiqués , ces précautions me* mes rendent les hoinmes plus sensibles aux souffrances physiques de là guerre. — L'imagination , qui est la qualité dominante de l'Allemagne, artiste et littéraire, inspfre la crainte du péril, si Ton ne combat paâ ce mouvement naturel par l'ascendant de l'opinion et l'exaltation de l'honneur. — Les Français , opposés en ceci aux Allemands , considèrent les actions avec la libertç de l'art \ et les .idées avec l'asservissariént dé lSisage*. — v Comme il y a chez les Allemande plus d'imagination qup de vraie passion (dans l'amour ), lés événëmensles pty* bizarres s'y passent avec une tranquillité singulière ; cependant , c'est ainsi que les mœurs et v le caractère perdent toute consistance ^ l'esprit paradoxal ébranle les institutions les plus sacrées, et Fon n'y ai sur autan sujet des règles aSsea fixes. »
* J* ■ Page 52^^- Italie. — - Celle-ci peut alléguer la langueur duelifaat , les forces disproportionnées des çonqpérans. etc. — Mais la meilleure excuse de cette malheureuse contrée , c'est que sa fttale beauté a toi^ourg irrité . lea désirs et le brutal amour* de tous les peuples, barbare^ Les géans dé glace que la nature a placés a ses portes i comme pour la défendre* ne lui ont ser^i de y rien. Les conquérans n'oQt- jamais etq '^tfebbtés; par
ET ÉCLAÏRCISSEMENS. * l85
r extrême difficulté du passage. Naguère encore , on descendait le mont Cenis par une pente si rapide, quelle portait le traîneau du voyageur à deux lieues en dix minutes.
On peut franchir les Alpes de côté , par la Savoie et par .F Allemagne ,*ou au centre par la Suisse. Ce dernier passage, celui du Simplon, est court et brusque. Du triste Valais où vous laissez les hommes du Nord , les chalets de bois bariolés , vous tombez a Milan , au milieu du bruit, de la brillante, lumière , de l'agitation italienne, au milieu des orangers et des maisons de marbre. Le Simplon est la porte triomphale de l'Italie. L'artiste et le poète choisiront ce passage. L'historien entrera plutôt par l'orient ou l'occident ; ce sont en effet les deux routes que les armées et les grandes émigrations ont suivies. Les Gaulois, Hannibal, Bonaparte ; une foule d'armées françaises passèrent par le mont Cenis ou le Saint-Bernard ; les Goths d'Alaric et de Théodoric, les Allemands d'Othon-le-Grand , de Frédéric Barberousse, et de tant d'empereurs, entrèrent par les défilés du Tyrol.
Aujourd'hui encore 9 lorsqu'on voit cettç terrible barrière des Alpes , on frémit en songeant à ce que lés hommes oiït autrefois osé et souffert pour pénétrer dans ce jardin des Hespérides. Hannibal, entré dans les Alpes
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avec cinquante mille hommes , en sortît avec vïngHnncf mille. N'importe y toutes les nations au inonde ont voulu camper a leur tour sur cette terre, jouir de ses fruits et de son ciel % sauf a y trouver leur tombeau. Les Gaulois y cherchaient la vigne, les Normands le citronnier. Louis XII et François I er y usèrent leur vie et leur peu-* pie pour recouvrer leur belle fiancée , comme ils appelaient Naples ou Milan. Les Goths croyaient y retrouver leur Asgard , la cité mystérieuse et fortunée d'où, selon eux, leurs ancêtres avaient été exilés. Âlaric assurait qu'une invincible fatalité l'entraînait versRdme, en sortant de laquelle il devait mourir.
C'est qu'en effet la nature a placé sur cette terre d'invincibles séductions : Je me persuade, dqt Gœthe ( Mémoires), qye j'y suis né , et que j'y reviens après m voyage en Ùroënland pour la pêche de la baleine. — Kennst du das land, etc. , .
Connais-tu le pays où sous un noir feuillage
Brille comme un fruit d'or le fruit du citronnier ? etc.
(Gœthe. Wilhelmmeister.. Dans l'élégante traduction de M. Tousseneï ). * ,
C'est encore une <ks séductions de l'Italie, que
ET ÉCLAIRCISSEMe'us: ** 187 .
presque partout le péril s'y trouve a côté du jdaisit. A peine échappé aux glaciers et, aux 'avalanches, vous rencontrez les îles Borromées et les^enchantemfns du lac Majeur. Les riches plaines du Pô sqjat h peine protégées par des digues contre les envalfissçmens du plus fougueux des fleuves. La Maremme de Toscane, la campagne de » Rome sont aussi remarquables par leur fertilité que par leur insalubrité meurtrière. Dans l la Maremme , dit le proverbe toscan , ou s'enrichit en un un, ek Son meurt en six mois. — Le Vésuve!.. ( Voy. mon Histoire Romaine , chap. 2). «.
Page 55. — L'Italien fait descendre Dieu à^lui ,. y tkerehe un objet d'art... et dans les cérémonies même du culte , il y réfcssit souvent avec un génie admirablement dramatique. À Messine , le jour de j'Àssomp.tion, la, Vierge , portée par toute la ville, cherche son fils , comme la déesse de la Sicile antique cherchait Proserpine. Enfin , quand elle est au moment d'entrer dans* la grande place , on lui présente tout-a-coup l'image du Sfifuveur. Elle tressaille et recule de surprise, et douze oiseaux qui s'envolent'de son sein portent à Dieu l'effusion de la joie maternelle. — Comment le cruel M. Blunt n'a-t-il vu là qu'une momerie ridicule ? (Vestiges of aacient manners and customs discoverable in
l88 NOTES
modem Italy and Siciîy ; tfy the révèrent John James Blunt, fellow of John's collège, Cambridge, and late one of the travelling bachelors of that university. London. J. Mûrray. 1 825; in~8°, pag* 458. )
Page 54. — Les prières et les formules augurâtes sont de véritables contrats avec les Dieux... — On lit dans les inscriptions : iEdem tempestatibus dédit mérita.:. Pompeius votnm merïtb Minervae. — Solvere vota indique l'accomplissement d'un contrat. — La formule du vœu d'un Ver sacrum ( Tit. Liv. , lib. xxn ), et celle du consul Licinius contre Antiochus (T. L. xxxvi), sont de véritables contrats avec Jupiter. — -Servius ad jEn. ni ( ad versum : Da pater augurium ).—Legum dictio appellatur, fcùm condictio ipsius augurii certâ nunçupatione verborum dicitur, quali conditione augurium peracturus sit.„. tune enim quasi legiiimo jure legem adscribit. — Varron nous a conservé la formule auguraie par laquelle on choisit l'emplacement du Capitole ( dans mon Histoire Romaine , liv. 1 er ").
Page 54. — Pour trouver les plus beaux raisin*, pour
rattraper un oiseau perdu Cic. de Divinatione. —
Ainsi , chez ces Romains dont oi vante la gravité , la
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religion fut Souvent un objet aussi peu sérieux qu'elle l!est pour les Italiens d'aujourd'hui.
Page 54- . — Les papes furent des légistes.... mieux que vous autres gens de fou — Ce mot est de Philippe de Valois qui , en 4333 , envoyait au pape Jean XXII la décision de l'Université de Paris , sur une question de dogme : Mandans sibi a latere, quatenùs sententiam magistrorum de Parisiis , qui melius sciunt quid débet teneri et credi in fide quam juristae et alii cleriei, qui parùm aut nihil sciunt de theologiâ , approbaret, .etc. Cont. chron. Guil. de Nangis, p. 97. Le roi -alla plus loin, selon Pierre d'Ailly (Concil. eccl. Gall. 4406 ) ; il fit dire au pape qui favorisait l'opinion condamnée pai* l'Université : « qu'il se révoquast , ou qu'il le fçroit ardre. » * * *
Page 54. — . Pontifex... — Pontifices ego a po " arbitror; namab iis*Subliciusest factus primùm, et restitutus saepe , cum ideo sacra et uls et cis Tiberim non mediocri ritu fiant. Varro , 'de Linguâ lat IV. 45.
Page 55. — Les monurriens étrusques*.. — Voyez le grand ouvrage d'Irfgtoami., l'Atlas de Micali ( l'Italia avanti , etc.) , Die Etriâker, von Qtfried Millier, etc.
KJO ' NOTES
Page 55. — Beaucoup d'église* ,* mais cédaient te» lieux où se tenaient les assemblées..., et le théâtre d'une foule de crises politicjués. Julien de Médîcîs*et Jean tialeas Sforza furent poignardés dans des églises. — - Entre autres passages qui font vNement sentir ce caractère politique des églises du moyen-âge , voyez dans notre Ville-flardoin l'admirable scène où les envoyés des croisés implorent a genoux et avec larmes, le secours du peuple de Venise assemblé dans Saint-Marc. On pourrait citer aussi une foule de passages des Villani. — Le Duomo de Pise , Santa Maria del fiore a Florence , et toutes les vieilles églises italiennes dont je me souviens > n'ont pas de tribunes : c'est que de là on eût dominé l'assemblée du peuple souverain.
Page 55. — Architectes de Strasbourg , pour fermer tes voûtes de la cathédrale deJUitan. — 1# lettre autographe existe > daljée de 1 (M . Vdy . Fîbrillo > t U i .
Page. 55. — Jamais ce qui constitue la féodalité elle- v même, la foi de T homme en Vhomràe. — Voyez dans l'histoire romaine- et au moyen-âge , avec quelle facilité fe^cliens et les vassaux se tçûment contre leurs patrons et leurs seigneurs. •
Page 56. — // sait mourir... maiê mourir pour une
.ET ÉCLAIRCISSEMENT. igi
idée..... — Je ne puis m'empêcher dé rapporter ici ( Voy. Sismondi , Rép. it* t. xi, ch. 8£, 1476 ) l'admirable récit du meurtre de Galeas Sforza , qui a été dicté entre la question et Je supplice , par le jeune Girolpmp Olgiati , l'un de ceux qui avaient fait le coup. Les Milanais ne pouvaient plus endurer cet exécrable tyran qui se plaisait a faire enterrer ses victimes toutes .vivantes , ou a les faire mourir lentement en les nourrissant d'excrémens humains. Trois jeunes gens, Olgiati, Lan*pugnani et Visconti( celui-ci était prêtre), jurèrent de venger leurs injures et de délivrer la patrie. Leur pre*mière conférence eut lieu dans le jardin de la basilique de Saint- Ambroise : « J'entrai ensuite dans le temple; je me jetai aux pieds de la statue du saint pontife, et lui ^dressai cette prière : Grand saint Ambroise , soutien de cette ville , espérance et gardien'du peuple de Milan, si le projet que tes concitoyens ont formé, pour repow ser d'ici la tyrannie , l'impureté et des débauches monstrueuses, est digne de 'ton approbation , so^-nous favorable au milieu des dangers que nous courons pour délivrer notre pays. Après avoir prié , je retournai au*près de mes compagnons 7 et je le» exhortai a prendre courage , les assurant que je me sentais rempli d'espérance et de force , depuis que j'avais invoqué le saint protecteur de notre patrie. Pendant les jours qui sui-