‹ Introduction à la grammaire comparée des langues Indo-EuropéennesChapitre 4 sur 4 · GLOSSAIRES · texte numérisé non relu

GLOSSAIRES

1828-18.30. Glossanum sanscritum.

1860-1847. Gloxsarium satucritum in r/uo omnes radiées et vocabula n*itatissima ex

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crite a subi autant et plus de remaniements encore que la Grammaire comparée : après deux premiers essais, il la condensa en un petit volume qui est un modèle de saine critique et d'exposition lumineuse. Le succès de ce livre est attesté par trois éditions que distinguent l'une de l'autre de constantes améliorations. Pour ses publications de textes, il choisit, avec un bon goût parfait, les épisodes les plus intéressants et, en même temps, les plus faciles des deux principaux poëmes épiques de l'Inde. C'est à M. Bopp que nous devons le texte et la première traduction exacte de l'histoire de Nala, devenue justement populaire en Allemagne. Nous lui devons aussi cette délicieuse idylle de Sâvitrî, l'un des morceaux les plus touchants qu'il y ait dans la littérature d'aucun peuple. Le Glossaire sanscrit de M. Bopp, qui contient de nombreux rapprochements lexicologiques, est également arrivé aujourd'hui à sa troisième édition. Il complète cette série de travaux que recommandent l'unité de vues, une grande clarté et l'éloignement pour l'érudition inutile.

Un mémoire de M. Bœhtlingk sur l'accentuation en sanscrit fournit à M. Bopp l'occasion de porter ses recherches sur un point encore inexploré de la philologie comparative. Il rapprocha de l'accent indien le système de l'accentuation grecque, et montra avec quelle merveilleuse fidélité certaines particularités de l'intonation se sont conservées dans la déclinaison et dans la conjugaison de l'une et l'autre langue. Il borna d'ailleurs ses observations

pUcantur et cum vocabulis grcecis , latinis , germanieù , lithuanicis , slavomcis , celticis comparantur.

Une troisième édition est sous presse.

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au sanscrit et au grec, les analogies faisant défaut ou les renseignements étant trop rares pour les autres idiomes de la famille1. L'histoire complète de l'accent tonique dans les langues indo-européennes demeure encore à l'heure qu'il est une tâche réservée pour l'avenir.

Cependant M. Bopp amassait de nouveaux et amples matériaux pour la seconde édition de sa Grammaire comparée. Les différentes branches de la philologie indo-européenne avaient grandi rapidement dans l'intervalle qui sépare les deux éditions, grâce surtout aux progrès de l'épigraphie grecque et latine et à la publication des textes védiques. Les travaux de M. Ahrens avaient montré combien la science pouvait encore récolter dans le champ des idiomes classiques, en ne se bornant pas aux formes de la langue littéraire, mais en dépouillant les dialectes et en interrogeant les inscriptions, ces fidèles témoins des variations de la langue hellénique. Depuis les premiers livres de M. Ahrens, le grand recueil de M. Bœckh n'avait pas cessé de s'accroître et de fournir à la grammaire comparative un riche butin qui est loin encore d'être épuisé2. Des publications analogues se faisaient pour les

1 Système comparatif d'accentuation (Berlin, i854). — Les vues de M. Bopp sur l'accent ont été soumises à une critique savante par MM. H. Weil et L. Benlœvv. dans leur ouvrage intitulé : Théorie générale de l'accentuation latine. Paris, i855.

* Les beaux travaux de M. G. Gurtius sur la langue grecque nous montrent la méthode comparative s'aidant de tous les secours que lui fournissent l'épigraphie et la connaissance des dialectes. Parmi les ouvrages de ce savant dont le tact et la réserve seront particulièrement appréciés du public français , il faut citer surtout le suivant : Principes de l'étymologie

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inscriptions de l'Italie; nous avons déjà dit combien les travaux de M. Corssen, qui avaient été précédés des recherches de MM. Mommsen, Aufrecht et Kirchhoiï, ont jeté de jour sur la structure de l'ancien latin l. L'histoire de la langue allemande et de ses nombreux dialectes, commencée avec tant de succès par les frères Grimm, avait donné naissance à une quantité de publications, qu'il serait impossible d'énumérer ici. En même temps, MM. Schleicher et Miklosich soumettaient les dialectes lithuaniens et slaves à une étude rigoureuse et approfondie2.

De tous côtés on se partageait, pour en décrire les particularités, le vaste empire embrassé par M. Bopp. Les idiomes asiatiques n'étaient pas oubliés dans cette grande enquête. La langue des Védas, plus archaïque, plus riche en formes grammaticales, plus voisine du grec et du latin que le sanscrit de l'épopée, était mieux connue de jour en jour, et M. Bopp avait la satisfaction de voir réellement

grecque (Leipzig, 1 858-62). Une seconde édition de cet ouvrage vient de paraître. M. G. Curtius a également publié une Grammaire grecque à l'usage des classes (7e édition, Prague, 1866), où il fait entrer, dans une juste mesure, les faits constatés par la nouvelle méthode. A cette grammaire est joint un volume d'Eclaircissements (Prague, i863).

1 Mommsen. Éludes osques (Berlin, 1 845-60). — Les Dialectes de l'Italie méridionale (Leipzig. i85o).

Aufrecht et Kirchhoff. Les Monuments de la langue ombrienne (Berlin, 1 849-5 1).

Corssen. Prononciation , vocalisme et accentuation de la langue latine (Leipzig, 1 858-59). — Études critiques sur la théorie des formes en latin (Leipzig, i8G3).

2 Schleicher. Grammaire lithuanienne (Prague. 1 856).

Miklosich. Grammaire comparée des langues slaves (Vienne, i85a-56).

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conservées dans ces antiques documents des formes qu'il avait autrefois restituées par conjecture, en s'appuyant sur le zend ou sur les langues classiques *. L'explication des livres sacrés des Parses, laissée malheureusement interrompue par Eugène Burnouf, avait trouvé dans M. Spiegel un infatigable continuateur, pendant que l'ancien perse, c'est-à-dire le dialecte des inscriptions, s'enrichissait par la découverte inespérée du monument de Bisoutoun.

Une si grande abondance de matériaux devait donner la plus vive activité aux travaux de grammaire comparée. Depuis 1862, un excellent recueil, devenu bientôt trop étroit, servait d'organe à ces études et inaugurait l'ère des recherches de détail2. On y trouve, sur les sujets les

1 La première connaissance de la langue védique est due à Fr. Rosen . qui publia en i838 le premier livre du Rik. Les quatre Védas sont entièrement édités aujourd'hui. On a publié également les plus anciens livres grammaticaux des Indous. et M. Ropp a encore pu mettre à profit, pour la seconde édition de sa Grammaire comparée, les belles et pénétrantes études de M. Adolphe Régnier sur le Pràtiçdkluja du Rig-véda (Etudes sur la grammaire védique; Paris. 1807-59). Il a aussi eu entre les mains les premiers volumes du grand Dictionnaire sanscrit, encore inachevé, publié par 1 Académie impériale de Saint-Pétersbourg, sous la direction de MM. Roehtlingk et Roth(i 85^-66).

2 Nous voulons parler de la Revue de philologie comparée dirigée d'abord par MM. Aufrecht et Kuhn, puis par M. Kahn seul (Rerlin, i85-2-i865. îi volumes). Depuis 1806, il se publie, en outre, un recueil dirigé par MM. Kuhn et Schleicher, qui s'occupe plus spécialement des langues celtiques et slaves. Avant ces deux journaux, M. Hœfer avait fait paraître le Journal pour la science du langage (Rerlin, i845-i853). Nous avons déjà cité le journal de M. Renfey, Orient et Occident (Gôttingue, 1 86-3-65). Il y faut encore joindre celui de MM. Lazarus et Steinthal, la Revue pour la psychologie des nations et la science du langage, qui cherche à mettre en lumière le côté philosophique de l'étude des langues (Berlin, i86o-65).

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plus divers, mais surtout sur la phonétique, des travaux souvent cités par M. Bopp dans le cours de sa deuxième édition, et signés des noms de MM. Pott, Benfey, Ahrens, Kuhn, Max Miïller, Aufrecht, A. Weber, G. Gurtius, Corssen, Schleiclier, Léo Meyer1.

Entouré de ces secours, mais consultant par-dessus tout ses propres observations, M. Bopp commença en i85y la publication de la seconde édition de sa Grammaire comparée. Elle porte à ebaque page la marque du continuel travail d'amendement et de correction que M. Bopp n'a jamais cessé de faire subir à ses idées. Elle contient peu de paragrapbes qui n'aient été remaniés ou augmentés2. En même temps, il y fit entrer la substance de ses plus récents écrits, en sorte qu'on peut regarder cet ouvrage comme le dernier mot de l'auteur et comme le résumé de ses travaux.

En parcourant la liste des publications de M. Bopp, <jui toutes concourent au même but, on ne peut s'empêcher d'admirer la persévérance et l'unité de ses eiïorts. Il a passé sa vie entière à confirmer et à développer les principes qu'il avait posés dans son premier livre : poursuivant sans relâche les mêmes études, il s'est attacbé

1 M. Schleicher a publié, en 1861, un Compendium de la grammaire comparée des langues indo-européennes, qui se recommande par l'excellente disposition des matières, par la précision des idées el la nouveauté d'une partie des observations. De son coté, M. Léo Meyer fail paraître une Grammaire comparée du grec et du latin, que distinguent l'abondance des exemples et la hardiesse souvent heureuse des rapprochements.

2 De là les nombreux sous-chiffres, l'auteur, avec raison, n'ayant pas voulu changer les numéros de ses paragraphes.

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pendant cinquante ans a en étendre la portée, à en multiplier les applications el à en assurer les progrès dans l'avenir. Aussi son nom restera -t-il inséparable d'une science dont il est, en un sens, le plus parlait représentant : sa récompense a été de la voir grandir sous ses yeux. Peu de recherches ont pris un accroissement aussi rapide : créée il y a un demi-siècle, la philologie comparative est enseignée aujourd'hui dans tous les pays de l'Europe; elle a ses chaires, ses livres, ses journaux, ses sociétés spéciales; elle a introduit des idées nouvelles sur l'origine cl le développement des idiomes, modifié profondément l'ethnographie et l'histoire, transformé les études mythologiques et éclairé d'un jour inattendu le passe de l'humanité. L'auteur de ce grand mouvement scientifique est un homme modeste jusqu'à la timidité, ne parlant jamais de ses découvertes les plus importantes, mais aimant à citer quelque fait de détail, et laissant voir alors par moments, aux saillies discrètes d'un enjouement candide, la joie intime que lui causent ses travaux.

H nous reste à dire quelques mots de la présente traduction l. Nous avons scrupuleusement respecté le texte d'un livre qui est devenu classique et dont même les points contestables ont besoin d'être conservés, car ils appartiennent à l'histoire de la science, et une quantité d'autres écrits s'y réfèrent. Un examen attentif nous a d'ailleurs

1 Pèst8,">8. M. Vdolphe Régnier, sentant la nécessite d'une traduction française de la Grammaire comparée . avait entame à ee sujet avec M. Bonn des négociations, tjui. pour dos raisons étrangères à leur volonté, ne purent alors aboutir.

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montré que toutes les parties de la Grammaire comparée se tiennent d'une façon étroite : la suite de l'ouvrage révèle l'importance de telle observation dont on ne voit pas, au premier coup d'œil, la valeur ou l'opportunité. Les modifications que je me suis permises sont tout extérieures : elles ont pour objet de rendre le livre d'un usage plus commode et plus facile. xAprès mûre délibération, je me suis abstenu de donner des notes critiques au bas des pages1. Outre qu'il eût fallu, pour répartir ces notes d'une façon égale sur toutes les parties de la Grammaire comparée, un savoir non moins étendu que celui de l'auteur, il eût été impossible de condenser d'une façon intelligible, dans des remarques nécessairement peu développées, des observations qui, pour être utiles, ont besoin d'être accompagnées de leurs preuves. Peut-être essayerai-je plus tard, si nul autre n'entreprend cette tâche, de donner un commentaire critique sur quelques parties de la Grammaire comparée de M. Bopp.

Les précieux encouragements qui m'ont soutenu dans mon travail me faisaient un devoir de n'y épargner aucune peine. Mes premiers remerciements sont dus au Comité des souscriptions aux publications littéraires, qui a rendu possible cette édition française, en la proposant au patronage de Son Exe. M. le comte Walewski, ministre

1 Le petit nombre de notules que j'ai ajoutées n'a d'autre objet que de fournir au lecteur quelques éclaircissements relatifs à la composition ou au texte du livre de M. Bopp. J'ai traduit en français le titre des ouvrages en langue étrangère cités par l'auteur, ne voulant pas augmenter la complication d'une lecture que les rapprochements d'idiome à idiome rendent déjà assez peu aisée. Un index bibliographique sera joint aux tables alphabétiques qui termineront le dernier volume.

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d'Etat. Je suis heureux de nommer ensuite M. Bopp, qui, malgré l'affaiblissement de sa vue, a demandé à relire les épreuves, et ma fourni, avec ses corrections, quelques additions utiles. J'ai trouvé, pour la révision des épreuves, un autre collaborateur dans M. Baudry, bien connu par ses études de linguistique et de mythologie. L'exécution typographique, confiée par M. Hachette à l'Imprimerie impériale, est digne de ce grand établissement. J'ai réservé pour la fin mes remerciements à M. Adolphe Régnier, qui m'a bien voulu aider de sa haute expérience, et à mon ancien maître, M. Egger1, qui a prêté à ce travail , commencé sur son conseil, l'attention affectueuse et le concours efficace que trouvent auprès de lui toutes les entreprises utiles aux lettres.

Epinal, le ier novembre 1 865.

Michel Breal.

1 Le premier enseignement régulier de la grammaire comparée est dû , dans notre pays , à M. Egger, qui introduisit la méthode comparative dans les leçons professées par lui à l'École normale supérieure, de 1889 à 1861. Une partie de cet enseignement se trouve résumée dans les Notions élémentaires de grammaire comparée pour servir à l'étude des trois langues classiques. Paris, i865, 6e édition.

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