‹ Introduction à la médecine de l'espritChapitre 5 sur 23 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

met en eux que d'inutiles haines, peut-être écouterontils le médecin qui viendra chez eux leur apprendre la crainte de l'alcool, l'amour du logis propre, la régularité des heures pour le travail et le repos, la crainte de l'oisiveté, et la science de préserver ses enfants des microbes, la science de moins mourir et de mieux vivre... La sociologie ne s'est constituée que du jour où l'on s'est avisé de comparer l'organisme social à l'organisme humain et d'en faire la physiologie. La poKtique léguée par Gambetta à ses disciples, la poKtique constamment, lentement progressive, à la façon de toute la nature, ne prétend être que la méthode des sciences appliquée à l'art de mener les peuples. Quelle sagesse ne nous faudrait-il pas pour servir ainsi et de tant de façons d'éducateurs aux hommes !

En attendant qu'on se décide à organiser l'enseignement que je réclame et pour lequel un Jules Soury, par exemple, serait tout désigné, je me suis efforcé de grouper dans ce livre quelques-unes des idées capitales mises en circulation, depuis quelques années, par des médecins éminents, et principalement par ceux qui se sont occupés du système nerveux et de ses maladies. Cependant que le monde, assez mal éclairé, s'enthousiasmait unique

Beaumetz, le professeur Gautier et le maître accoucheur P. Budin. On ne sait trop pourcfuoi cette tentative n'a pas été renouvelée. Sans doute l'heure n'est pas encore venue où les travailleurs des grandes villes un peu désabusés de la politique qui les enivre encore, consentiront à écouter la voix amie de ceux qui leur enseigneront les règles pour bien vivre, physiquement et moralement.

AVANT-PROPOS ix

ment sur les progrès — prodigieux du reste — de la chirurgie opératoire, le médecin, moins bruyamment, était conduit, par Tétude du cerveau de riiomme, aux plus hautes conquêtes. En France notamment, la pensée de Charcot suscitait un magnifique mouvement d^esprits, et le médecin devenait notre grand remueur d'idées. En voici quelques-unes, simplement et, je crois, clairement exposées.

Peut-être jugera-t-on que ce livre vient à son heure au moment où le romancier, le journaliste et Fauteur dramatique dépensent des trésors d'indignation ou d'ironie pour mettre en lumière les inévitables abus, les éternels travers, les menus torts de la corporation. On y verra que nous avons semé plus d'une parole utile à l'élargissement, à l'émancipation de la pensée humaine : c'est à montrer cela que je consacre la première moitié de cet ouvrage. On y verra, dans la seconde, que nos études en psychologie physiologique aboutissent à une morale, à une thérapeutique d'âme efficace, vraiment. La connaissance du cerveau de l'homme n'est pas que désillusion et désenchantement : elle mène pratiquement à la raréfaction de la souffrance, à moins de gaspillage, à une utilisation moins imparfaite, à une culture du Moi.

Ce n'est plus guère que dans une heure de découragement passager qu'on peut redire la première et si désolante parole de Faust : « Philosophie, hélas ! jurisprudence, médecine, et toi aussi, triste théologie, j'ai tout approfondi dans mon ardeur laborieuse, et me voilà

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