ORIGINES SÉMITIQUES POLYTHÉISTES
de divinité ou de culte qui appartiennent sans aucun doute aux plus anciens Ghamites; le Soleil, le Feu, la Génération, la Gonstruction, la Révélation des arts et des sciences. Les tribus aryennes conquérantes, non civilisées dans ce temps, selon toute apparence, apportaient avec elles l'esprit mythologique, dont le Sémite emprunta peut-être quelque chose, mais sans eflacer la trace de sa conception anthropomorphique à tendance unitaire. Je me suis étendu ailleurs sur la différence radicale du polythéisme aryen et du polythéisme sémitique (v. ci-dessus, c. xxv).
J'ai montré aussi que le fait de la perversion religieuse des Sémites civilisés ne dépend point de la direction polythéiste en elle-même, et réside essentiellement dans le sens brutal ou obscène donné aux attributs divins de puissance et de fécondation, dans les sentiments et usages relatifs aux sacrifices^ et, en un mot, dans le culte du plaisir et de la terreur embrassé passionnément. A cet égard, non seulement les Aryens que nous connaissons, mais l'ancienne Egypte demeurèrent en grande partie étrangers à l'aberration sémitique. 11 est même prouvé que lorsque le paganisme occidental arriva (tardivement) à faire une place à ces cultes infâmes, ou du moins suspects d'infamie, que les prédicateurs chrétiens se plurent (à une époque encore bien postérieure) à confondre avec la vieille religion, c'est de l'Orient qu'ils provenaient tous; et en Orient ils étaient d'origine sémitique, alors même qu'ils avaient leurs principaux sièges dans l'Asie Mineure. Enfin on a de fortes raisons de peuser que, à des époques plus anciennes, la Grèce, l'Italie et les nations celtiques reçurent des navigateurs phéniciens l'initiation des rites cruels dontcertaines contrées furent souillées.
Quoique le commencement des religions de Baal, de Moloch, de Mylitta et d'Astaroth ne nous soit pas connu, et remonte bien haut dans l'histoire, ces sortes de cultes se trouvant communs, aux dénominations près, à beaucoup de nations : Babyloniens, Assyriens, Phéniciens, tribus arabiques et kananéennes ; l'établissement en est trop lié aux effets de la réflexion, à des spéculations sur la nature, à des essais de cosmogonie, pour que je ne les classe pas dans l'époque religieuse que j'appelle secondaire et qui succède partout aux produits spontanés de l'inspiration primitive.il conviendrait donc d'en rejeter l'exposition à une partie suivante de mes études. Malheureusement le détail n'en peut être long, faute de documents. D'autre part, Tantiquilé en est grande. Ges raisons m'engagent à placer ici l'indication de ce qu'on sait de plus général et positif à ce sujet. Et ce me sera une transition à cette seconde époque, dans laquelle on verra des peuples différents, de l'ancien et du nouveau monde, arriver souvent, malgré des origines d'ailleurs si diverses, à des concepts de divinités