‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoireChapitre 221 sur 243 · RKCAPTTULATION. LES RACES ÉTHIQUES · texte numérisé non relu

RKCAPTTULATION. LES RACES ÉTHIQUES

la subversion des penliments naturels. Si on refusait d'admettre un argument fondé sur l'existence de ces sentiments, faute de croire leur définition possible en dehors des milieux sociaux dans lesquels ils se produisent, au moins faudrait-il avouer que ceux-là ne tiennent point à un état natif qui cesseraient de se manifester chez un enfant né dans un milieu et élevé dans un autre. Or le bas fétichisme et les hideuses pratiques de la sorcellerie des sauvages, les sacrifices humains et l'anthropophagie, les passions de la guerre en quelque sorte radicale que ces institutions supposent, pourraient bien se trouver en germe, à l'état de semence plus ou moins visible, chez l'enfant transplanté et devenant homme parmi nous : nous-mêmes nous avons de ces germes, et l'histoire de nos crimes en fait voir des développements partiels, et tout ce dont l'homme s'est montré capable doit avoir une existence potentielle dans son cœur; mais cet enfant échapperait à la plus grande partie des contagions de sa race, qui en doute? ou n'en garderait que de mystérieux éléments, tels qu'il peut s'en infuser par une longue transmission du sang. Mais alors l'actif et complet déploiement de la subversion morale n'est un fait, ni de la simple nature et de l'homme comme il naît, ni de la société envisagée dans ses lois nécessaires. C'est un fait social produit de la volonté, transmis, enraciné par la coutume, devenu moral et religieux à sa manière, en ce que les hommes corrompus ensemble se sont fortement tendus pour se faire un idéal dans le mal, pour tirer de leur perversité même quelques notions d'ordre, de vérité et de mérite à leur portée. Cet état d'extrême tension de l'âme explique ce que la religion de la guerre semble avoir de grand et d'héroïque chez certains, surtout vus à distance.

La critique est parvenue à distinguer les principaux traits éthiques de plusieurs des races nobles, pour des époques où il est permis de les regarder comme à l'état primitif : j'entends primitif après l'invasion du mal, lors de la première réaction sociale et de la station plus ou moins longue qui s'ensuivit. La simplicité des mœurs, celle des notions et des procédés de l'entendement, l'intégrité originale des manières de sentir, de penser et de parler, sans trace aucune de comparaison et d'éclectisme, sont des caractères auxquels on ne se trompe pas. Sans doute il faut que le philosophe réfléchisse, si j'ose le dire, avec passion et jusqu'à produire en lui un commencement d'assimilation avec la conscience antique, lorsqu'il veut approfondir les créations intellectuelles de la jeunesse de l'homme. Le sentiment de la vérité est à ce [>rix dans plus d'un problème de religion. Mais un si grand effort n'est pas nécessaire pour reconnaître que les familles des Aryens et des Sémites, en leurs grandes subdivisions, et des Chi-

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nois, etdes Égyptiens ont radiculement différé entre elles par la direction de l'intelligence et les habitudes de l'esprit; que leur vie morale, au contraire, a été presque toute semblable à des époques correspondantes de leurs développements, et qu'aucune d'elles n'avait procédé de l'état sauvage, de celui du moins que nous connaissons sous ce nom et dont la dégradation paraît constituer une maladie spontanément incurable. On serait d'accord sur ces points, si on voulait ne juger que d'après les faits, et si les systèmes matérialistes et la réaction contre le système de l'homme primitif unique, auteur et racine de tout péché, ne favorisaient pas l'opinion qui fait sortir le civilisé du sauvage et le sauvage de la bête.

11 est remarquable, et c'est une confirmation de mon point de vue, que tous les renseignements historiques fixent la déchéance la plus prononcée des races nobles à des temps moins éloignés de nous que ceux que nous appelons primitifs mais sur lesquels nous ne sommes pas ab.solument sans données. L'empire cliinois, les royaumes de l'Inde et de l'Egypte, la période qui précède immédiatement l'histoire en Grèce et en Italie, la partie la moins corrompue du monde sémitique, enfin, offrent des traits de barbarie qui s'effacèrent dans la suite du développement dfs peuples, mais que nous ne saurions faire remonter jusqu'à leurs berceaux, à moins de fausser l'esprit des plus anciens documents et de préférer à des inductions naturelles des hypothèses gratuites. Les hommes de ces races ne déchurent le plus gravement de leur conscience qu'en même temps qu'ils formèrent des sociétés plus étendues et plus compactes. Le mal à ce moment porta son correctif avec lui; la réaction du bien put prendre un instrument puissant à son service. Il y eut des peuples qui firent de cet instrument l'admirable usage que l'on sait; d'autres pallièrent au moins par les bienfaits de l'organisation sociale les funestes effets d'une démoralisation profonde. Enfin, certaines grandes familles poursuivirent très longtemps une existence étrangère à la civilisation, quelquefois même inclinèrent sensiblement à la vie dite sauvage; mais la plupart de celles-ci (Celtes, Germains et autres) avaient conservé de sérieuses vertus des temps patriarcaux, lorsque leur vint le secours moral, il est vrai chèrement payé, des nations qui avaient créé le droit et la cité.

L'esclavage et les castes sont des faits propres à résumer les produits de l'iniquité dans les relations humaines. Or, si ces institutions ne se sont pas toujours trouvées bien visibles chez les races dégradées, c'est seulement en tant qu'elles supposent un état régulier et organisé. Mais le partage le plus monstrueux des droits, ou plutôt le culte de la force pure à peine réglée par la coutume, l'avilissement de la femme, et le mépris, le sacrifice du faible en toute occasion, voilà ce

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