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ANTAGONISME DES DROITS NATUREL ET POSITIF

n'apparaissent avec une valeur sociale que sous le règne formel des lois, tenté ou imparfaitement réalisé jusqu'à ce jour par la moindre partie de l'humanité.

L'idée du contrat étant essentiellement liée à celle de la justice, il arrive et doit arriver que l'existence du droit positif est aussi ancienne que la notion du droit ; qu'elle est de toute antiquité. Le droit positif est très loin de s'appliquer dès l'orig-ine et de longtemps aux relations internes d'une famille ou d'une nation : ici tout est livré à la nature, à l'instinct et à l'autorité traditionnelle modifiée par les événements une fois accomplis. Mais, entre deux membres d'une société, entre deux sociétés différentes représentées par leurs chefs, il intervient des conventions formelles pour le règlement défaits particuliers intéressant les deux parties. Or, le principe de ces conventions est renfermé dans l'idée de la justice, c'est-à-dire dans l'idée du contrat, qui en fait partie. Dès qu'en vertu de l'idée générale les hommes se croient liés et mutuellement obligés (contrat social tacite, implicitement reconnu par les consciences), en vertu de cette même idée ils savent qu'ils sont aptes à stipuler entre eux particulièrement. Et parce qu'ils se sentent réciproquement engagés, sans même se l'être dit, ils connaissent la loi des engagements et peuvent l'appliquer expressément par des actes de volonté.

Ainsi le droit positif émane de la notion du droit; il apparaît surtout dans ce principe : que l'homme est lié par sa promesse ; engagé par sa parole. Ensuite toutes les forces de la conscience s'unissent pour consacrer et sanctionner un fait moral si nécessaire à la stabilité des rapporis humains : d'une part, on cherche à constituer une autorité qui assure par la crainte la foi des promesses; de l'autre, s'élève l'institution religieuse du serment qui fait effort vers une sanction supérieure et, pour ainsi dire, absolue. Il n'est pas moins vrai que la justice positive a son fondement dans l'idée générale du juste; mais elle en est une forme si nette et si éclatante, une application si capitale, que souvent l'idée mère en pâlit et paraît aux hommes n'être plus qu'une abstraction qui ne les oblige à rien.

Il faut pourtant que la notion d'une justice universelle, au-dessus de toutes les conventions, subsiste, ensuite se développe, pour que la société puisse progresser. Les évolutions sociales ne sont autre chose, en effet, que des phénomènes de balancement en sens divers entre cette justice universelle, telle qu'elle est sentie à un moment donné, et la sphère des ol)ligations auxquelles on attribue une valeur positive dans ce même temps. Expliquons cette loi.

Nous avons dit que la justice consiste essentiellement en la reconnaissance de droits et devoirs réciproques des hommes engagés dans

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