UNE LÉGENDE GBALDÉBNNE DU })ÉLU6E
le sémitisme polythéiste, excepté dans la religion babylonienne, où il se retrouve sous un nom de même signiOcation : nouak^ demeure. C'est Nouah qui, selon la légende du déluge conservée par Bérose, dirige le navire du roi Kharisatra (Xisoutros). Le dieu sauveur a transmis son nom à Thomme sauvé, Noê, de la légende hébraïque dont la formation est probablement postérieure.
L'une des découvertes les plus intéressantes (1) de la littérature chaldéenue est un poème mythologique où se trouve épisodiquement un récit du déluge. Izdubar, le héros du poème, — mais la lecture phonographique de son nom est encore incertaine — est probablement, d'après les signes idéographiques qui le désignent, un dieu, dont ridée première paraît avoir été analogue à celle de VAgni des Aryens ; et ce dieu prendrait, dans l'épopée, la forme d'une personnification solaire, si Ton en juge par ses aventures qui se distribuent en douze parties bien tranchées, relatives aux douze signes, aux douze stations de la division du cercle zodiacal, originaire de la Chaldée. Un monstre à combattre, un danger à surmonter correspondent, comme c'est la coutume des mythes analogues (exemple : les douze travaux d'Hercule), aux différentes significations prêtées aux constellations que traverse le soleil dans sa course annuelle. L'une de ces aventures est motivée, dans le poème, par la menace de la mort suspendue sur le héros, époux d'une déesse (Istar la Grande Dame de Babylone) et à laquelle il lui sera seulement donné d'échapper, s'il parvient à rencontrer Kharisatra et à obtenir de lui la révélation de son secret : le secret de Timmortalité que les dieux lui ont accordée. Voyages, songes, visions, on a déjà là les matériaux que l'imagination a de tous temps mis en œuvre dans le genre épique. La rencontre se fait, après une longue navigation, vers les bouches de TEuphrate, dans un marais inabordable ou Kharisatra fait sa résidence, et c'est ce dernier qui, interrogé par le héros, lui fait entre autres révélations le récit du déluge.
Selon ce récit, le dieu Nouah révèle à Kharisatra homme delà ville de Sourippak, fils d'Oubaratoutou, la résolution que les dieux ont
(1) Due à G. Smith, sur les documents provenant des fouilles de H. Layard en Mésopotamie. Ce « livre » sur briquss, dont on a plusieurs exemplaires, fait partie des copies qui furent faites par ordre d'Assourbanipal (vu* siècle) et sa composition remonte an temps du premier empire chaldéen, vers 1600 ou 1700 ans avant notre ère. 11 est de langue sémitique à formes archaïques. L'exemplaire employé par les scribes d'Assourbanipal provenait de la u biblio thèque » d'Ourouk (I Erech de la Bible), cette môme ville à laquelle ce roi avait rendu, après le sac de Sase, une statue d» la déesse Nana, enlevée de son temple pyramidal, 1635 ans auparavant, par le conquérant élamite Roudoar Nakhounta (v. ci-dessus, p. 529).