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FUSION CHALDÉO-BABYLONIENNE

sur les tablettes d'argile qui noua sont parvenues en très grande quantité, — et on ne s'arrêtait pas aux différences d'attribution, eu bien des cas, des divinités, ainsi confondues. L'esprit allait à tout mêler et à tout adorer, bien plus qu'à distinguer, encore moins à opposer. Ce syncrétisme était d'ailleurs favorisé par la commune reconnaissance des dieux patronaux des villes, et par un sentiment semblable à celui qu'éprouvent les catholiques naïfs dans leur culte de Notre-Dame et des saints, et qui fait qu'ils ne s'étonnent point que la dame d'un certain sanctuaire ne réponde pas précisément aux mêmes fonctions que la dame d'un autre, quoiqu'il n'y ait qu'une Sainte vierge au fond.

Si l'on considère l'ensemble de la tranformation, dans une sphère supérieure aux superstitions locales ou générales, qui avaient certainement peu varié, elle se définit par trois grands caiactères. Laissons de côté les cosmogonies systématiquement élaborées et tout ce dogmatisme de classification régulière des dieux, cette doctrine des triades émanées les unes de autres, et toutes d'un principe commun, devant laquelle se sont extasiés les néo-platoniciens d'Alexandrie et d'Athènes jusqu'au siècle de Justinien. Tout ce travail est beaucoup moins ancien, en Asie, que ces philosophes ne l'ont cru, et ne définit nullement Tesprit et la nature de la religion chaldéo-babylonienne. Mais voici ce qu'il faut observer, si nous voulons pénétrer au fond de cet esprit :

i^ La tendance prédominante aux personnifications et aux cultes de nature astrale; les idées d'élévation et de puissance appliquées essentiellement à la divinité, conformément à l'esprit général sémitique (1); les relations établies entre les principaux dieux de la tra-* dition, et patrons des villes principales, et les corps célestes mobiles dont on reconnaissait les orbites, et dont on imaginait douze stations dans la zone du zodiaque ;

2° Le dualisme chaldéen^ caractérisé dans les monuments par ces lions ailés et ces taureaux ailés qui représentent les grands dieux protecteurs des contrées, des rois, de leurs palais, en acte de combattre les esprits mauvais et de leur défendre l'entrée des demeures. Il est manifeste que les superstitions liées au vaste spiritisme des temps les plus anciens s'étaient conservées, tout comme les rites de l'exorcisme et de la divination, auxquels s'étaient ajoutées l'observation et l'interprétation des horoscopes. La protection des dieux spécialement invoqués en faveur de la nation ou du souverain se définissait en rapport avec les dangers créés par les puissances malfaisantes. Les prières et les actions de grâces qu'on lit sur les inscriptions partent constam-

(1) Voyez ei-de8su8, p. 445 sq., 492 sq.

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