‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 286 sur 291 · RÉCAPITULATION. LA DIVINATION ET LE MIRACLE · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION. LA DIVINATION ET LE MIRACLE

même l'action mystérieuse d'un dieu sur la conscience y tiendrait une place réelle.

C'est sans doute un aveu difficile, que celui qui permettrait d'étendre déûnitivement à Tinterprétation des anciens phénomènes de religion les mêmes règles de psychologie et de morale qu'on craint si peu d'appliquer aux phénomènes actuels d'un ordre analogue, envisagés dans les consciences où ils se produisent individuellement. La critique et les bonnes méthodes d'histoire philosophique y conduiront cependant, à moins que le cours de la raison moderne ne subisse quelque grave échec. La religion n'y périra certes point, et je croirais plutôt qu'elle y puisera de nouvelles forces, en faisant un pas nouveau et décisif pour s'éloigner des illusions qui se sont mêlées à ses origines, en s'idéalisant et prenant tout à h fois une conscience plus claire de sa vraie el sincère nature. L'exégèse scientifique, la mt/rAo- /o^2>, au besoin, étudieront, classerontles faits religieux du passé, quels qu'ils soient, comme des faits de conscience, et donneront la théorie des erreurs, des chimères, des vertiges moraux que l'ignorance, l'imagination et la passion de leurs auteurs, se mêlant à la foi, ont engendrées; le sentiment religieux démêlera parmi ces faits ceux où l'inspiration divine, la vérité, la sainteté lui paraîtront avoir imprimé des marques, et, les donnant pour base à la tradition sacrée, les proposera à croire aux générations successives.

Le propre de la foi religieuse^ en efTet, et par où elle diffère des croyances d'ordre général, c'est non seulement qu'elle s'attache à la tradition, encore bien qu'altérée et transformée, au lieu de placer la conscience droit en face des phénomènes physiques et moraux ; mais c'est surtout qu'elle met dans cette conscience et dans l'histoire une influence, une action de Dieu pour révéler et faire croire : elle explique par l'action divine une suite de faits [dont nulle science ne chercherait la source hors de la nature ou de l'homme. Or ce principe des religions, qui domine leurs traditions elles-mêmes, qui les commence et qui aussi les révolutionne, et que, sous le nom de surnaturel^ on oppose à la méthode des sciences et à la critique, on a tort de penser que cette dernière ait le pouvoir ou le droit de le renverser. L'affirmer, sans doute, elle ne le saurait, à moins de se faire elle-même religion et de n'être plus la critique : et si on pense autrement, c'est qu'on n'a pas une idée juste de la foi et de sa manière de saisir les objets. En contester des applications particulières, elle le peut, et elle le doit; et encore ici il faut ne rien soupçonner de l'esprit et de l'utilité de la science, pour ne pas comprendre que l'indémontrable est exclu de l'objet de ses recherches, mais qu'il lui est interdit par Id même de confondre l'indémontrable avec l'impossible. On ne peut pas plus niQvqxx' on ne ^wibX^itmev scientifiquement la possibilité que

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