DÉFINITION PLUS BXACTB DU PREMIER MAL
lation de la conscience, s'établit et tend à se perpétuer par l'ezempie et par la coutume : je veux dire la guerre, car sa forme la plus saillante est celle que ce nom désigne, et tous ses modes, toutes ses conséquences peuvent se ramener philosophiquement à l'idée de guerre. Ce mal est suivi d'un bien réel, puisque le développement des forces sociales et du lien même de la société procède de la perversion des relations premières et élémentaires des associés. Mais c'est là que se place une erreur. On ne voit pas que, les conditions primitives éfant troublées par des actes injustes, ce qui est un mal, quelles que soient ces conditions, ce mal irait de lui-même en s'aggravant; que le bien qui en sort est reffet, non de ce mal, mais d'une réaction de la conscience; qu'enfin, le reiour aux anciennes conditions n'étant plus possible, de nouvelles s'établissent qui sont une production de la justice et des bons sentiments des hommes, appliqués à l'ordination et à l'amélioration des nouveaux rappofts que le mal a désormais rendus fatals. Ainsi, après la guerre se fait la paix, et à chaque ordre social troublé peut succéder un ordre supérieur et plus conscient de soi. A chaque expansion du mal, le bien est appelé à créer sur un théâtre plus vaste, et il remplit quelquefois (non pas toujours ni en tout) sa mission, en formulant des lois plus élevées, alors même que les consciences sont et demeurent souillées par la solidarité des crimes qui renversèrent les lois antérieures.
Pour apprendre comment le développement du bien se produit en sens divers, et s^assure ou se compromet, j'examinerai maintenant la nature et les rapports principaux de cette idée du Juste dont je n'ai fait guère usage jusqu'ici qu'en me référant à la synthèse confuse qui en est universellement donnée.
Et d'abord je me demande quelle définition précise il faut adopter pour le premier manquement à la loi morale. L'agent a procédé contre sa conscience, autrement le mal moral n'eût point eu d'existence représentative, il n'y eût point eu de mal moral. Mais en quoi la conscience a-t-elle été violée? Est-ce par la négation de l'amour, c'est-à-dire d'une loi de bienveillance mutuelle, que nous supposerions proposée à l'observation de chacun? Est-ce par le renversement de la justice^ autre loi qu'il s'agit alors de distinguer nettement de la première? Dans l'hypothèse où l'homme aurait essentiellement failli à l'amour, tout se fût passé dans la sphère des passions; les mauvais sentiments auraient pris l'empire sur les bons, dans ces cas inévitables de compétition où les plus vifs et les plus pressants intérêts se trouvent en jeu. Mais toutes les passions sont égales en tant que fondées également dans la nature, et si la raison n'intervient pas. On ne voit pas ce qu'il peut y avoir de fondamentalement