MÎ
LES DIEUX nÉnos : iikraklès, dionysos
rent d'eux-mêmes peu à peu des restes des superstitions les plus atroces. C'est presque plus qu'on n'en peut dire d'une autre reli^rion, appelée de douceur, ce catholicisme dont les douze cents ans de domination absolue ont mérité le mrme anathème philosophique.
N'oublions pas non plus, après avoir rappelé et les grands Dieux et les mille formes du mythe se jouant à travers la nature et l'esprit, cette création caractéristique des héros et des demi-dieux, ce lien étroit de l'humanité et de la divinité, du devoir humain et du devoir divin, dont l'anthropomorphisme permit le développement moral. Les dompteurs de monstres, les législateurs, les fondateurs de cités, les inventeurs, les initiateurs du travail furent d'abord et en général des personnages tout mythiques; et leurs noms, leurs Inograplùes révèlent encore au philologue le sens physique ou moral du symbole qui leur donna naissance. De mythiques, ils devinrent de plus en plus formellement légendaires, grâce à la tendance anthropomorphique; c'est-à-dire que leurs vies, telles qu'on les raconta, serrèrent déplus près la forme de la véritable histoire. Quelques-uns purent sans doute se constituer pour la première fois à l'époque et dans le mode des légendes. D'autres, tels que Hèraklès et Perseus, avaient été certainement des mythes naturels ou divins au même titre que les Dieux demeurés Dieux.
Ici, je ne veux pas exclure, comme on le fait souvent, la possibilité que des hommes très réels aient aussi servi de centres à la formation légendaire, de manière à gagner les attributs divins dans les souvenirs du peuple. Ce qui m'intéresse le plus, c'est la fusion de l'homme et du Dieu dans quelque ordre et de quelque façon qu'elle s'opère. Hèraklès est un type curieux des transformations possibles de celte nature de croyances. D'abord \à gloire de l'Ah- féminin {Ilêras-klrr, r , et recevant de Hèra sa mission, il est la puissance purificatrice île l'atmosphère. Plus tard, c'est le héros persécuté, l'invincible athlèîe et le martyr; c'est un homme, et cet homme s'élève au rang dc« immortels par sa vertu, par les services rendus à l'humanité. Plus tard encore, sa nature divine tendra à s'exalter et il assumera le rôle de Dieu-Soleil dans les mystères, au moment même où les rhéteurs le prendront pour thème du Devoir triomphant de la Volupté, et où, par un contraste bizarre, la foule émancipée de la religion rira au spectacle théâtral de la gloutonnerie et des prouesses musculaires du chevalier en ant, grand pourfendeur et coureur d'aventures extraordinaires.
A la nature du héros près, l'histoire de Dionysos (Bacchos) est toute pareille. Ce Dieu éminemment grec, quoique la Grèce ait fini par le diviser en plusieurs personnages originaires de plusieurs lieux, les indices les plus forts nous font croire que sa molécule primitive