‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 159 sur 253 · MANES, LARES ET PÉNATES · texte numérisé non relu

MANES, LARES ET PÉNATES

de batailles. Cependant, si l'on réfléchit à la pente naturelle de la pensée livrée à l'instinct, et aux illusions primitives du langage, on reconnaîtra que le principe de personnification n'a pas dû faire défaut à l'origine. Il s'est déjiagé et développé chez les Latins comme chez les Grecs, par l'eflet d'une première réflexion, et d'autant plus d'ailleurs que les ofl'randes et les saciifices ne saurai» ni s'adresser à de purs symboles. Il s'est enfin (ixé sur celles des divinités dont la forme humaine était la plus acceptable, et qui remontaient aussi à la plus haute antiquité. Les autres sont devenues secondaires, tout en se soutenant quelquefois par la force des traditions et des rites. Enfin, l'assimilation des Dieux de l'Italie aux Olympiens de la Grèce a décidé du classement des premiers . Le Dieu-Père, très-bon, très grand, et la Junon-Reine, idéal corrélatif de la femme, ont pri.s le commandement. Apollon a été amené de Delphes, pctur combler une singulière lacune mythologique. Minerve s'est identifiée avec Pallas ; Neplunus, dieu éfrurien des eaux, avec Poséidon; Vénus, symbole aryen du bonheur et du charme, avec Aphrodite; Vulcanus,qiii tient le marteaU; avec Iléphaistos ; Pluton avec Aidés, Mavors avec Ares, etc.

Il faut remarquer le sens moral de la paternité et de la royauté attribuées à des Dieux qui n'ont pas de tils et qui n'ont pas de cour. C'est là le vrai caractère de la phase anthropomorphique dune religion dont l'ancien caractère physique est si marqué dans la synonymie des noms divins heus, lanus, /uno, />/''y/a, expressions diverses du même phénomène, le Jour. Le progrès de l'idéal romain n'est pas moins remarquable en ce qui regarde le Dieu de la guerre et les divinités infernales ou funestes. Il y a déjà loin du Mars-Père et de la Bellone de Rome consulaire, quelque terribles qu'ils soient, au Quirinus sabin, ce Dieu- Lance qui se plantait dans le camp, et qui, confondu avec Romulus divinisé, resta le protecteur du l'eujili' romain des Quii'ites. Des héros comme les Decius, des politiques aussi armés de patience et de raison que les anciens tribuns, ont un autre culte moral que celui du Dieu-Loup, patron de la communauté sabine primitive; un autre sang doit couler dans leurs veines que celui de la Louve, nourrice des deux frères fondateurs de la ville de la Ikiigion et du Droit.

Les êtres infernaux tenaient une grande place dans la religion de l'Étrurie, cette Mère des superstitions, et de nombreux génies s'y rangeaient sous le Mâne suprême Summanus, divinité nocturne et foudre souterraine. Il y avait même des dieux malfaisants et en quelque sorte négatifs, à en juger par Vejovis ou Vedius, ce Contraire de Dieu. Mais Rome paraît avoir adopté surtout, pour son système des

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