‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 189 sur 253 · PEUPLES ET LANGUES IRRÉDUCTIBLES · texte numérisé non relu

PEUPLES ET LANGUES IRRÉDUCTIBLES

Maintenant je ne dois pas omettre de signaler ce que présente de particulier et de frappant le verbe hébreu, avec celle importance singulière accordée à la 3*^ personne du prétérit, et cette absence de temps autres que le futur et le passé tout simples, et cette ricliesse de modes propies à exprimer des rapports personnels et des passions (cause, désir, réciprocité, etc.), mais parmi lesquels le plus indispensable de tous pour l'analyse et les distinctions de raison, le conditionnel fait défaut. Jamais langue ne donna donc révélation plus complète d\iri caractère trùs primitif et très entier, et ce caractère est en opposition avec le caractère aryen. Point d'analyse, point de nuances, une prédominance extrême de la sensation dans les idées, marquée par la puissance de l'onomatopée, par l'emploi le plus soutenu et dirai-je le plus jihysique des métapbores, dont l'acceptitm abstraite ou idéale n'arrive jamais à se dégainer de sa matière. Avec cela, une puissance de concentration extraordinaire, une sorte d'abstraction matérielle ou intuitive, qui ne ressemble pas à la généralisation réfléchie d'où sort le raisonnement; une simplicité brute dans la liaison des idées, attachées, non coordonnées, à l'aide de conjonctions continuelles toujours les mêmes; enfin, la constante et énergique préoccupation de la personnalité, le fanatisme du moi, si éloigné de la sympathie aryenne pour autrui et pour la nature. Mais ici le Sémite trouve dans ses vices mêmes, comme l'Aryen dans les siens, la source de qualités morales particulières.

Tous les philolo^'ues qu'une prévention enracinée, le respect aveugle de la lettre delà Bible ont conduits à chercher une origine commune aux langues indo-européennes, aux langues sémi tiques, ou à cellesci et au copte, qui paraît avoir fait partie d'une vaste famille d'idiomes originairement monosyllabiques, parlés par les peuples du nord et du nord-est du continent africain, tous ont échoué dans leur entreprise, aux yeux de la critique. Ils sont tombés dans l'arbitraire, en tenant moins de compte des lois grammaticales, variées et hétérogènes, qu'ils rencontraient, que des similitudes accidentelles, et que de ces rencontres d'onomatopées comme en ofl'rent des vocabulaires de radicaux. Ils n'ont pas su ou compris, ou peut-être beaucoup d'entre eux ont été bien aises d'oublier que l'instrument étymologique ne donne de résultats rationneis que s'il s'aide de l'histoire authentique des mots et parvient à formuler des lois de dérivation et de passage d'un idiome à un autre.

L'étude des faits a puslerion, 1 analyse historique et philologique conduisent à admettre, dans ce milieu de l'ancien monde dont nous nous occupons en ce moment, trois familles de peuples et de langues irréductibles à une origine commune. Je ne parle pas des

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