C. — DU CATHÉTÉRISME DE l'oRIFICE IJiTERNE DES Xr.OJIPES
Tyler Smith a proposé, en 1849, de cathétériser les trompes. 11 avait en vue la guérison des oblitérations tubaircs consécutives à un épaississement de la muqueuse. 11 se servait d'une sonde creuse, semblable à l'hystéromètre de Simpson, mais présentant cette particularité de se terminer par une légère courbure. Il pratiquait l'hystérométrie avec cet instrument et il avait soin de diriger l'extrémité recournée dans la direction connue de l'ostium uterinum. Quand il croyait avoir engagé le bec de l'instrument dans l'angle utérin, il enfonçait dans la sonde un mandrin très fin qui s'engageait dans l'orifice utérin de la trompe et pénétrait dans le canal tubaire. Le mandrin était gradué de telle sorte qu'il était facile de calculer à quelle profondeur il pénétrait à partir de l'ostium uterinum.
Tyler Smith disait qu'il n'était pas très difficile d'introduire le mandrin dans la trompe et ajoutait que cette manœuvre ne présentait aucun danger,
Celte innovation fut reçue avec peu d'enthousiasme, comme on le devine aisément. A l'époque où le cathétérisme des trompes fut préconisé, les traumatismes les plus légers des voies génitales exposaient les malades aux infections les plus graves.
Barnes écrivait dans son Traité clinique des maladies des femmes : « Quand Tyler Smith a proposé cette opération qu'il a imaginée, on l'a vivement combattue, on l'a déclarée brutale, dangereuse et inexécutable; la véritable objection, c'est qu'elle est nouvelle et malaisée. Je pense que le l'idicule qu'on veut jeter sur elle et l'opposition qu'on lui fait ne l'empêcheront pas de faire son chemin, et qu'on arrivera à diminuer les difficultés du diagnostic des cas qu'on en sait justifiables et de son manuel opératoire. Un grand nombre de raisons qui font accepter le cathétérisme de l'utérus
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s'appliquent à celui de la trompe. » La prédiction de Barnes ne s'est pas encore réalisée.
En effet, à différentes reprises de nouvelles tentatives ont été faites pour régler cette opération, qui n'a pas reçu une consécration pratique.
On a essayé de dilater au préalable l'utérus pour faciliter la manœuvre d'introduction dans le canal tubaire. Pour notre part, nous n'avons jamais pu découvrir l'ostium uterinum, même en nous éclairant avec un endoscope puissant, comme nous l'avons déjà dit.
L'ostium uterinum est, à l'état normal, un orifice très étroit et qui ne laisse passer que des instruments d'un petit diamètre. Il n'en est pas toujours ainsi à l'état pathologique. L'orifice utérin et la portion interstitielle de la trompe peuvent avoir subi une dilatation assez notable pour laisser passer un hystéromètre. Ce fait est très exceptionnel.
Quoi qu'il en soit, le cathétérisme de la trompe parles voies naturelles est possible. Avec quelque habitude, nous ne doutons pas qu'on ne puisse pénétrer, dans certains cas, dans le canal tubaire. Mais cette intervention, en supposant qu'elle soit un jour bien réglée, ne peut avoir que des applications thérapeutiques fort restreintes.