‹ Introduction à la Sainte BibleChapitre 2 sur 3 · livre, qui s’adresse davantage à la conscience du peu · texte numérisé non relu

livre, qui s’adresse davantage à la conscience du peu

ple. Il conclut en affirmant que les promesses faites à Abraham et à Jacob seront accomplies.

NAHUM montre l'indignation de Dieu s’élevant contre l’arrogance de la puissance et de la domination humaines : il annonce la destruction de Ninive (FAssyrien) qui ne se relèvera jamais, et Juda sera finalement délivré.

Dans le livre d'HABAKUK oh trouve l'expression : de la foi en l'Éternel en dépit de tout, ainsi que les voies de Dieu dans l’histoire du peuple. Le prophète se plaint de l'iniquité qui l'entoure en Israël, et Dieu lui fait voir les Chaldéens qu'Il amène afin de châtier le pays à cause de cette iniquité; alors l’affection du prophète pour le peuple se réveille, et il Se

plaint des Chaldéens. Dieu lui montre qu'il lui faut vivre par la foi; Il punira ces ennemis violents, dont les passions lui ont servi de verge pour châtier Israël ; mais le fidèle doit attendre. La journée de l'Éternel viendra, et la terre sera remplie de la connaissance de la gloire de l'Éternel comme le fond de la mer est couvert par les eaux. Le prophète rappelle lan og délivrance d'Israël et se réjouit en l'Éternel, ou Ttaucune bénédiction ne paraisse encore de sa ne nee es annonce sur le pays un jugement qui de l'Éternel chapper aucune iniquité : c’est la journée : os , journée de colère, de trouble et de déue € pays sera dévoré par la colère de lÉternel. ee devront rechercher l'Éternel, afin gentils A hi , M, 8) ; Israël d'abord, ensuite les di. nt Jugés, L Assyrien étant le chef de ces

S (car ici Israël est reconnu). Ensuite vient ce

5i qui concerne Jérusalem ; Dieu l'avait avertie, comme s’Il avait dit : Celle-ci se repentira ; maïs elle s’est corrompue, allant de mal en pis. Le prophète en prend occasion pour inviter le résidu à s'attendre à l'Éternel qui allait rassembler toutes les nations afin de les juger dans sa colère, Alors un changement complet aura lieu : toutes les nations invoqueront l'Éternel d’un cœur pur, et Israël étant ramené de cœur à l'Éternel, l'iniquité ne se trouvera plus chez lui ; l'Éternel fera de lui un peuple de renom et de gloire parmi toutes les nations, conclusion en harmonie avec toutes les voies . de Dieu dont parlent les prophètes.

Les prophètes suivants, ayant prophétisé se le retour de Babylone, ont un autre caractère. AGGÉE, quoique simple et court, présente un grand intérêt. Il insiste pour que le peuple pense à l'Éternel et non à ses affaires temporelles; il l’appelle à continuer la construction du temple interrompue par ses ennemis, à le faire en se confiant en l'Éternel et sans attendre la permission du roi de Perse. Les Juifs obéissent à cette parole, et de fait, lorsqu'ils agissent par la foi, ils sont aidés providentiellement, en ce que le roi leur accorde son autorisation. Mais, pour la foi, c'était Dieu qui dirigeait tout, car c’est Lui qui dispose les cœurs des rois. C’est toujours ainsi que la foi agit selon la parole de Dieu, qui, dans le cas présent, venait par les prophètes Aggée et Zacharie, Le prophète annonce ensuite que Dieu allait ébranler les cieux et la terre, en sorte que toute puissance humaine serait mise de côté, ainsi que les puissances spirituelles qui sont dans les airs. Alors aura lieu ce que la multitude des disciples fit entendre par inspiration lors de l'entrée de Jésus dans

EE Jérusalem : « Paix au ciel » ; et la puissance de Christ, chef d'Israël, identifiée avec celle de l’Éternel, sera établie.

ZACHARIE s'occupe du rétablissement de Jérusalem en ce temps-là, mais en donnant l’histoire de la ville jusqu’à la première venue du Christ, et même jusqu’à la seconde. Il ne parle qu'’occasionnellement de la destruction des nations qui ont ravagé Jérusalem. Celle-ci est justifiée, puis bénie par l’administration , de la grâce, selon l’ordre parfait et divin ; les méchants sont relégués et trouvent leur place avec Babylone, puis Christ est introduit. Une seconde prophétie commence au chap. VIL, et introduit, au chap. XI, le rejet de Christ à sa première venue ; Israël est alors livré entre les mains d’un méchant pasteur. Puis Jérusalem doit être le lieu où les nations seront jugées, et l'esprit de grâce et de supplications étant répandu sur le peuple, celui-ci se repentira d’avoir mis à mort l’homme qui est le compagnon de l'Éternel. La ville sera prise, mais l'Éternel sortira pour juger ses ennemis, et tout sera sanctifié dans Jérusalem. ; | :

MALACHIE nous fait voir la décadence morale du peuple après son retour de Babylone ; maïs il y a un résidu au milieu de la ruine. La mission de Jean-Bap-' tiste est prédite, la journée de l'Éternel vient, et la venue d’Élie est annoncée ; le peuple est ramené à la loi,

Remarquez bien que le christianisme ne paraît pas ici, mais le Christ et son rejet ; le pasteur est frappé et les brebis sont dispersées (Zach. XIII), puis le jugement arrive. Dans ces trois prophéties, prononcées après le retour de Babylone, lorsque l’un des empires

| , . + 58 représentés par les « bêtes » de Daniel, avait déjà succombé, et quoiqu'il soit fait allusion aux nations (car c'était leur temps, elles possédaient le monde), on. constate un rétrécissement notable du cadre de la pro- .Phétie, et l'on y rencontré beaucoup plus de détails qui ont une application directe au Christ. On y trouve, il est vrai, l'Égypte et l’Assyrie (Zach. X), ces grands acteurs parmi les nations ; on les y voit jugés, mais attendant encore les derniers jugements ; ils font place aux bêtes de Daniel, toutes associées à la captivité des Juifs, car cette captivité caractérisait la position du peuple. Lorsque l’Assyrien était sur la scène, le trône de Dieu se trouvait au milieu du peuple à Jérusalem ; ici, bien que la captivité sous le pouvoir des nations subsiste encore et soit reconnue, l'horizon, comme nous

‘ l'avons dit, se rétrécit, et la scène est davantage remplie de Christ lui-même et des détails qui se rapportent ‘à Jérusalem restaurée ; puis vient la grande journée de l'Éternel."

Il nous reste à dire quelques mots sur les HAGIO- GRAPHES.

DANIEL en fait partie pour les Juifs. Nous avons parlé de son livre comme prophétie, bien qu'il ait un caractère à part, le trône de Dieu ayant disparu de la terre, et le prophète étant à Babylone. Mais il partage bien le caractère des autres hagiographes, qui renferment des discours moraux, ou des histoires de détail pendant qu’Israël est rejeté, et qui présentent l’expression de l'affection du Christ pour Israël. On y trouve les relations de Dieu avec l’homme, et les soins provi-

dentiels qu’il prend de son peuple lorsqu'Il n'avait point de rapport avec lui comme peuple, et qu'Il ne le reconnaissait pas comme tel.

Les PSAUMES exposent cet état de choses plus complètement qu'aucun autre livre des Écritures. Deux principes sont à la base de tout le livre: le premier, c’est qu'il y a, au milieu des méchants, un résidu qui craint Dieu ; le second, c’est que l'Éternel et son Oint rencontrent l'opposition du peuple et des nations (Ps. I et II). Nous avons ensuite les conseils de Dieu dans l'Oint, Fils de Dieu et Roi en Sion, puis Dominateur de toute la terre. S’Il est rejeté, les fidèles doivent souffrir et charger leur croix (Ps. III-VII). Au Ps. VII, Il est présenté comme fils de l’homme établi sur toutes les œuvres de Dieu. Avec le Ps. IX commence l’histoire du résidu au milieu d'Israël. Quelques principes servi- TORE de fil conducteur dans la lecture de ce livre. On Sait que les Psaumes sont divisés en cinq livres : Ps. I- XLI ; XLII-LXXII: LXXITI-LXXXIX ; XC-CVI; CVIT- CL. La méthode suivie en général dans le livre des Psaumes est de mettre d’abord en avant une pensée première et fondamentale, puis d’y ajouter les expériences du résidu dans les circonstantes présentées comme base. Ainsi les Ps. IX et X sont la base; les Psaumes suivants, jusqu’à la fin du Ps. XVIIL, l'ex- Pression des sentiments qui sont en rapport avec elle ; mais les trois derniers nous présentent plus directe- FRERE le Christ, Le Ps. XVIII est remarquable, en ce nu . aux souffrances de Christ toute l’histoire e Ant l'Égypte jusqu’à la fin. Les Ps. XIX, à , + Sont les divers témoignages de Dieu : la créa-

On, la loi, et Christ. Le Ps. XXI montre l'introduction

de Christ dans la gloire. Le Ps. XXII le présente, non pas en rapport avec les Juifs, mais comme fait péché devant Dieu. On ne trouve pas la confession des péchés avant le Psaume XXV. Il est davantage question du Christ personnellement dans ce premier livre, et le résidu se trouve à Jérusalem, maïs en présence de la puissance des méchants. — Dans le second livre, le résidu est vu hors de Jérusalem. Au Ps. XLV le Messie est introduit, et dès lors nous trouvons le nom de l'Éternel. Lorsque nous rencontrons le nom de Jéhovah, la foi reconnaît la relation du peuple avec Dieu (comp. Ps. XIV et LIIT). Remarquons ici que le premier ou les premiers versets d’un psaume donnent habituellement la thèse, les versets qui suivent décrivant le chemin pour y arriver. Dans ce second livre, les afflictions du Christ tiennent une large place, puis viennent les souhaïts de David pour l’établissement de son fils dans le règne millénaire. — Le troisième livre, tout en faisant mention de Juda et de Sion, embrasse tout Israël, revient ainsi en arrière, repasse l’histoire du peuple et la poursuit jusqu’à l’alliance assurée faite avec David et avec sa semence. — Après avoir rappelé Moïse et dit comment l'Éternel avait été le Dieu d'Israël en tout temps, après avoir parlé du Messie et du sabbat, le. quatrième livre introduit l'Éternel venant établir son règne et décrit sa marche à partir d'en haut, jusqu'à ce qu'Il soit assis entre les chérubins, et que les nations . soient appelées à se prosterner devant Lui et à Lui rendre culte. Nous trouvons dans ce livre les principes du règne de Christ, son rejet, sa divinité et la durée de ses jours comme homme ressuscité, et enfin la bénédiction du peuple et du monde par sa présence. Dieu se rap-

pelle sa promesse faite à Abraham. Israël a été infidèle, mais Dieu, en grâce, s’est souvenu de lui. — Le cinquième livre va jusqu’à la fin ; il expose les principes et les voies de l'Éternel et le retour du peuple dans sa terre (Psaumes des degrés). En attendant, Christ s’est assis à la droite de Dieu, fait Seigneur comme Fils de David. La bonté de l'Éternel demeure à toujours : la loi est écrite dans le cœur d'Israël qui s’était égaré. Ensuite, après les Psaumes des degrés et le jugement de Babylone, vient le grand « Hallel » ou Alléluia, série de cantiques de louanges. Les Psaumes LXXII et CXLV sont les seuls qui décrivent prophétiquement le règne lui-même. . | Le livre des Psaumes commence en montrant ie Christ rejeté ; puis, introduisant son retour pour établir le règne, il donne les voies du peuple et son rétablissement dans sa terre. Remarquons aussi que, dans Îles Psaumes, on ne trouve jamais Dieu comme Père, ni les sentiments qui appartiennent à l'adoption. On y or bien la confiance, l’obéissance, la foi au milieu des difficultés, le dévouement (comme dans le Ps. LXIII), : la foi aux promesses, la fidélité, mais jamais la relation : Le sie un père. Faute de prendre garde à ce point, ae de la piété de plus d'une âme sincère s’est livre. aissé par la lecture même de ce précieux ee mé de JOB nous montre l’homme mis à l'é- He D lui, l'homme renouvelé par la as ne nous le dirions avec notre connaissance DORE Rs juste et intègre dans ses voies, El. Fe er en lui-même la justice, et se mainleu en présence de la puissance du mal ?

Telle est la question posée par ce livre. On y voit encore les voies de Dieu pour sonder les cœurs et leur donner la connaissance de leur véritable état devant Lui. Ce ‘sujet est d'autant plus instructif qu'il nous est présenté en dehors de toute économie, de toute révélation particulière de la part de Dieu. Job est un homme pieux, Comme pouvait l’être un descendant de Noé qui n'avait Pas perdu la connaissance du vrai Dieu, à une époque où le péché se propageait de nouveau dans le monde, et où l’idolâtrie commençait à s'établir, bien que le juge fût prêt à la punir. On voit aussi en Job un cœur qui, tout en étant rebelle à Dieu, compte sur Lui, un cœur qui se tourne vers Dieu qu'il ne trouve pas, un Cœur ” Qui, parce qu'il connaît Dieu, tout en étant insoumis, réclame pour Lui des qualités que les froids rai- Sonnements de ses amis ne savent pas Lui attribuer ; et toutefois il se complaît dans son intégrité et s’en fait. un vêtement dè propre justice qui lui cache Dieu et qui Cache Job à lui-même. Élihu lui reproche ces choses, tout en lui expliquant les voies de Dieu. Enfin Dieu se révèle à Job et son cœur est brisé : puis Dieu le guérit et le comble, en paix, de bénédictions. Ce livre fournit encore un tableau des voies de Dieu à l'égard des Juifs, et aussi l’enseignement de l'Esprit sur le rôle de Satan dans les voies et le gouvernement de Dieu sur la terre. Le PRÉDICATEUR ou « l'Ecclésiaste », se demande s’il est possible de trouver du bonheur sous le soleil. Tout est vanité dans les efforts de l’homme ; maïs il y a une loi, règle parfaite de conduite pour l'homme, et toute œuvre sera pesée au jugement de Dieu. On ne voit pas, dans ce livre, de relation positive avec Dieu ; on y trouve le Dieu créateur, et l'homme dans le

monde tel qu'il est, mais non pas l'Éternel, et encore moins le Père.

Il en est autrement des PROVERBES. Ce livre nous présente la sagesse d’une autorité qui bride la volonté de l’homme, réprime la corruption et la violence, et de plus met un frein à la satisfaction de soi-même, qui est le danger de l’homme ; nous ÿ voyons aussi les conseils de Dieu, révélés en ce que la Sagesse de Dieu (Christ), l’objet de son bon plaisir, trouve ses délices dans les fils des hommes, et cela avant que le monde fût (chap. VIII). Partout, dans ce livre, nous avons l'Éternel ou Dieu qui s’est fait connaître et qui agit par le moyen d’une autorité confiée à l’homme, aux parents, etc. Ensuite Dieu nous y donne les enseignements propres à faire éviter à chacun les pièges tendus dans ce pauvre monde, sans que l’on soit obligé d’apprendre par sa propre expérience toute l'iniquité dans laquelle il est plongé. |

Les livres d'ESDRAS et de NÉHÉMIE renferment l’histoire de la réintégration nationale de Juda, au double point de vue religieux et civil. Esdras vient après Jéshua et Zorobabel. On voit en ceux-ci des hommes qui agissent par la foi : ils dressent un autel pour leur être une défense contre les ennemis qui les entourent ; ils comptent sur Dieu (Esdr. III, 2). Les prophètes Aggée et Zacharie encourageaient les Juifs de la part de Dieu, qui a répondu à leur foi. Plus tard Esdras arrive, homme fidèle, dévoué et se confiant en l’Éternel : instruit dans la loi, il met de l’ordre dans la conduite du peuple. Toutefois il semblerait que, sous l'in. fluence du penchant naturel du cœur humain, cet ordre ait dégénéré en pharisaïsme. Pour le moment, la

fidélité de la part des Juifs consistait à être séparés comme peuple de Dieu, à exiger une généalogie juive connue, spécialement pour les sacrificateurs, et à renvoyer les femmes étrangères. Néhémie rétablit les murailles et la ville ; il est un homme fidèle et dévoué, mais qui aime à parler de sa fidélité; car l'Écriture présente ces deux caractères tels qu'ils se trouvaient en lui.

Le livre d'ESTHER fait voir la manière dont Dieu, dans sa providence, tout en restant caché Lui-même, prend soin d'Israël. On a souvent remarqué que Dieu n’est pas nommé dans ce livre: c’est précisément ce qui convient, puisqu'il s’agit de la providence de Dieu Quand Dieu ne se montre pas ouvertement.

Le CANTIQUE DES CANTIQUES présente le renouvellement des relations du Fils de David avec le résidu fidèle d'Israël aux derniers jours, quand ce résidu sera pour lui < Mon plaisir en elle » (És. LXIT, 4). On remarquera que lui s’adresse toujours à la Sulamithe quand il parle d’elle ; tandis qu'elle parle de lui comme de l’objet de ses affections, mais rarement à lui. L’affection de l'Église est plus calme que celle qui est exprimée dans le Cantique, parce que l'Église jouit déjà de l'amour de Christ comme d’une chose'connue, et se trouve dans une relation fermement établie, bien que les conséquences n’en soient pas toutes accomplies : personnellement, le croyant peut entrer davantage dans les sentiments que ce livre exprime. . |

Il y a deux petites portions des hagiographes qui en sont détachées dans nos Bibles. Ce sont : les LAMEN- TATIONS DE JÉRÉMIE, et RUTH. La touchante histoire de cette dernière place devant nos yeux des

mœurs très primitives, et, en même temps, des traits de caractère admirables, et porte en elle-même un cachet incontestable de réalité. Elle est importante en ce qu’elle retrace la généalogie de David et par consé-. quent du Christ, et nous montre une femme d’entre les gentils admise dans cette généalogie. Les Lamentations ont un caractère de douleur produit par le sentiment que Dieu a frappé son peuple, abattu son autel, détruit sa maison. Pour le moment, sous l’ancienne alliance, c'en est fait de Jérusalem et du peuple de Dieu. Jérémie voit avec l’œil de Dieu, du dedans (là où étaient la maison de Dieu et le siège de son autorité), et il n’y a plus de remède! On doit se rappeler que les livres d’Esdras et de Néhémie racontent le retour d’un résidu des Juifs, ramené par la miséricorde de Dieu, afin qu'il y eût un peuple auquel la grâce pût présenter Celui qui avait été promis.

L'histoire de l'homme, envisagé comme ayant à répondre de sa propre conduite, mis à l'épreuve sans loi et, plus tard, sous la loi, est terminée. Dès la chute, avant que l’homme fût chassé du jardin d’Éden, la bonté de Dieu avait donné la promesse d'un Sauveur qui écraserait la tête du Serpent ; mais, pour le moment, Dieu laissa les hommes à eux-mêmes. Épargnant ce qu'il fallait conserver pour peupler le monde nouveau, le déluge mit fin à une race déchue plongée dans la corruption et la violence. Cependant le cœur de l’homme resta le même (Gen. VI, 5: VIII, 21): dans ce monde renouvelé tous les hommes tombèrent bientôt dans l’idolâtrie. Alors la grâce appelle Abraham, et les

promesses formelles relativement à la semence lui sont données. 430 ans plus tard, cette race d'Abraham, mise à part pour Dieu, est placée sous la loi, règle parfaite de ce que l’homme devrait être, si l’on tient compte du fait que la loi défend la convoîitise. Les prophètes rappellent la loi à la conscience du peuple, mais ils soutiennent en même temps la foi de ceux qui étaient fidèles au milieu de l’infidélité générale, rappelant, confirmant et développant la promesse de la «semence » et celle de la venue de la grande et terrible journée de l'Éternel. On en voit un exemple dans ‘les dernières paroles du prophète Malachie (chap. IV). La promesse de Ja semence et l'appel à la conscience ont été constamment répétés par.les prophètes, jusqu’à ce qu'il n’y eût plus de remède. Dieu cependant a accompli la promesse en envoyant le Christ, semence de David. C’est la grâce de la part de © Dieu. C'était sans doute la fidélité à sa promesse, et, dans ce sens, la justice en Dieu (telle est la portée de 2 Pierre I, 1), mais il ne s’agissait plus de la responsabilité de l’homme à observer une règle qui lui était imposée : il s'agissait de recevoir le Christ. Il y avait plus . encore. Le Christ était la Parole faite chair. Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même, et ne leur imputant pas leurs péchés. Il est venu vers les siens, mais ils ne l’ont pas reçu: le monde n’a pas voulu de Lui, il ne le connaissait pas ; le Père a été manifesté dans le Fils, dans ses paroles et dans ses œuvres, mais le monde ne l’a pas connu : « Ils ont vu », dit le Sauveur, «et ils ont haï et moi et mon Père ». Ainsi les Juifs ont perdu tout droït aux promesses en rejetant Celui en qui elles s’accomplissaient. Bien plus,

l'homme, non seulement a été désobéissant, mais, tout en l’étant, il a montré sa haine contre Dieu manifesté en grâce envers lui dans cet état. Du côté de la responsabilité de l’homme, toute relation avec Dieu était impossible. La croix est la manifestation publique de ce rejet, de cette inimitié contre Dieu ; et, en même temps, elle est la manifestation de l’amour de Dieu pour l’homme tel qu'il était. Elle est plus encore : elle est l'accomplissement d'une œuvre parfaite de propitiation, un sacrifice pour ôter le péché, une base toute nouvelle de relation entre l’homme et Dieu, relation qui dépend non de la responsabilité de l’homme, — sur ce terrain il était perdu — mais de la grâce infinie de Dieu : Il n’a pas épargné son propre Fils qui, par l’Esprit éternel, s’est offert à Lui sans tache, en sorte que la grâce régnât par la justice pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur. Les promesses seront accomplies ; le croyant possède la vie éternelle, et la pos- | sèdera en gloire, lorsqu'il sera rendu semblable au Fils : de Dieu rentré dans la gloire comme homme ; car il faut que le cœur de Dieu, son amour, soit satisfait, sa sainte justice manifestée et honorée ; il faut que son Fils, qui avait quitté la gloire pour nous et qui s’est humilié en étant obéissant jusqu’à la mort, soit exalté selon toute la gloire qui lui est due. Nous sommes ainsi amenés sur le terrain de l'Évangile.

Le NOUVEAU TESTAMENT a un caractère bien différent de l'Ancien. Ce dernier nous apporte la révélation des pensées que Dieu a communiquées à ceux qui ont été les instruments de cette révélation, et nous

fait adorer la sagesse qui s’y développe ; mais Dieu reste toujours caché derrière le voile. Dans le Nouveau Testament, Dieu se manifeste. Dans les Évangiles on le trouve Lui-même, doux, débonnaire, humain, Dieu sur la terre ; ensuite nous le voyons répandant une lumière divine dans les communications subséquentes de l'Esprit Saint. — Auparavant Dieu avait fait des promesses, et avait aussi exécuté des jugements ; Il avait gouverné un peuple sur la terre et avait agi envers les nations en vue de ce peuple auquel Il avait donné sa loi, et à qui Il avait accordé, par le moyen des prophètes, une lumière croissante, annonçant toujours plus clairement la venue de Celui qui devait tout lui dire de la part de Dieu. Mais la présence de Dieu lui-même, homme au milieu des hommes, vient tout changer. Ou bien l’homme aurait dû le recevoir dans la personne du Christ comme couronnement de bénédiction et de gloire, lui dont la présence devait bannir tout mal, développer et amener à la perfection tout élément de bien, et donner en même temps un objet et un centre à toutes les affections rendues parfaitement heureuses par la jouissance de cet objet ; ou bien, en rejetant un tel Christ, notre misérable nature devait montrer ce qu’elle est réellement, c’est-à-dire inimitié contre Dieu, et rendre évidente la nécessité d’un ordre de choses complètement nouveau, où le bonheur de l’homme et la gloire de Dieu seraient fondés sur une nouvelle création. Nous savons ce qui est arrivé : Celui qui était l’image du Dieu invisible a dû dire, après l’exercice d’une parfaite patience : « Père juste, le monde ne t’a pas connu », et bien plus encore, hélas : « Ils ont haï et moi et mon Père » (Jean XVII, 26 ; XV, 24). |

Cependant ce triste état de l'homme n’a pas empêché Dieu d'accomplir ses conseils ; il Lui a fourni, au contraire, l’occasion de se glorifier en les accomplissant. Dieu n’a pas voulu rejeter l’homme avant que l’homme l’eût rejeté. Il en avait été ainsi dans le jardin d'Éden : l’homme, conscient du péché, ne pouvant supporter la présence de Dieu, s’éloigna de Lui avant que Dieu l’eût chassé du jardin. Mais lorsque l’homme, de son côté, eut entièrement repoussé Dieu venu en bonté au milieu de sa misère, Dieu fut libre (si l’on ose parler ainsi, car l’expression est moralement juste) de poursuivre ses desseins éternels. Or, dans ce cas, Dieu n’exécute pas le jugement comme Il le fit en Éden, où déjà l'homme était éloigné de Lui; mais la grâce souveraine, lorsque l’homme est manifestement perdu et s’est déclaré ennemi de Dieu, poursuit son œuvre pour faire éclater sa gloire aux yeux de l’univers dans le salut des pauvres pécheurs qui avaient rejeté Dieu. Cependant, afin que la sagesse de Dieu fût manifestée même dans les détails, cette œuvre de grâce souveraine, dans laquelle Dieu se révélait, dut se coordonner avec toutes ses voies précédentes révélées dans l’Ancien Testament, laissant aussi toute sa place à son gouvernement du monde.

De tout cela il résulte qu’en dehors de la grande idée dominante, il y a, dans le Nouveau Testament, quatre sujets qui se déroulent aux yeux de la foi. Le grand sujet, le fait par excellence, c’est que la lumière parfaite est manifestée : Dieu lui-même se révèle. Cetie lumière “4 manifestée dans l'amour, l’autre nom essentiel de

ieu.

En second lieu, Christ, qui est la manifestation de cette lumière et de cet amour, et qui, s’Il eût été reçu, aurait été l’accomplissement de toutes les promesses, est présenté à l’homme, et en particulier à Israël responsable, avec toutes les preuves personnelles, morales, et de puissance, qui laissent ce peuple sans excuse. . Puis, Christ étant rejeté, son rejet devient le moyen par lequel le salut s’accomplit ; un nouvel ordre de choses (la nouvelle création, l’homme glorifié, l'Église participant avec Christ à la gloire céleste) est plase sous nos yeux.

Troisièmement, les RÉSsonté entre le nouvel et l’ancien ordre de choses, à l'égard de la loi, des promesses, . des prophéties ou des institutions divines sur la terre, sont exposés clairement, soit en ce qu’ils présentent le nouvel ordre comme accomplissement et mise de côté de ce qui avait vieilli, soit en ce qu’ils constatent le contraste qui existe entre l’ancien et le nouvel ordre de choses, soit en ce qu’ils démontrent la sagesse parfaite de Dieu dans tous les détails de ses. voies.

Enfin le gouvernement du monde de la part de Dieu est mis en évidence, et la parole prophétique annonce les jugements et les bénédictions qui accompagneront la reprise des relations de Dieu avec Israël, rompues à l’occasion du rejet du Messie.

On peut ajouter que tout ce qui est nécessaire à l’homme, pèlerin sur la terre, jusqu'à ce que Dieu accomplisse dans sa puissance les desseins de sa grâce, lui est abondamment fourni. Sorti, à l'appel de Dieu, de ce qui est rejeté ou condamné (et non encore mis en possession du lot que Dieu lui a préparé), l’homme qui a répondu à cet appel a besoin d’une direction ; il

lui faut connaître les sources de la force nécessaire pour marcher vers le but de sa vocation, et les moyens pour s’approprier cette force. Dieu, en l'appelant à suivre son Maître que le monde a rejeté, ne l’a pas laissé sans lui fournir toute la lumière et toutes les directions propres à l’éclairer et à l’encourager dans son chemin. ‘ Les ÉVANGILES racontent la vie du Seigneur, et le présentent à nos cœurs, soit par ses actes, soit par ses discours, dans les divers caractères qui, sous tous les rapports, le rendent précieux aux âmes des rachetés, selon l'intelligence qui leur est accordée et selon leurs besoins. Ces caractères forment ensemble la plénitude de sa gloire personnelle, pour autant que nous sommes capables de la saisir tandis que nous sommes dans des vases d'argile ici-bas. Il faut en excepter ce qui concerne les relations de Christ avec l'Église, car, sauf l'annonce du fait que Christ bâtirait une Église sur la terre, c’est par le Saint Esprit, envoyé après son ascension, qu'Il a donné aux apôtres et prophètes la révélation de ce précieux mystère. — Il est évident que le Seigneur a dû réunir en Lui sur la terre, selon les conseils de Dieu et selon les révélations de sa parole, plus d’un caractère pour l’accomplissement de tout ce qui a trait à sa gloire et pour le maintien et la manifestation de celle de son Père. Mais pour que cela eût lieu, il a fallu aussi qu'il fût quelque chose, soit qu’on le considère comme marchant ici-bas, soit au point de vue de sa vraie nature. Christ a dû accomplir le service qu’il Lui appartenait de remplir envers Dieu, comme étant le vrai serviteur par excellence, et comme servant Dieu par la parole au milieu de son peuple. (Voyez, par exemple, Ps. XL, 8, 9, 10 ; És. XLIX, 4, 5, et d’autres passages.)

Une foule de témoignages avaient annoncé que le Fils de David siégerait de la part de Dieu sur le trône de son-père ; et l’accomplissement des conseils de Dieu à l'égard d'Israël se rattache, dans l’Ancien Testament, à Celui qui devait venir ainsi, et qui, sur la terre, devait avoir la relation de Fils de Dieu avec l'Éternel Dieu. Le Christ, le Messie, — où l’Oint, mot qui n’est que la traduction de ce nom — devait paraître, et se présenter à Israël selon la révélation et les conseils de Dieu. Les Juifs bornaient leur attente à peu près uniquement À ce caractère de Christ, Messie et Fils de David, et encore était-ce à leur manière, n’y voyant que l'élévation de leur nation, sans avoir le sentiment de leurs péchés et des conséquences de ces péchés. Cependant ce carac-

‘ tère de Christ n’était pas tout ce que la parole prophétique, qui avait déclaré les conseils de Dieu, annonçait à l'égard de Celui que le monde même attendait. Christ devait être Fils de l’homme. Ce titre que le Seigneur Jésus aime à se donner, est d’une grande importance pour nous. Le Fils de l’homme, selon la parole, est l’héritier de tout ce que les conseils de Dieu destinaient à l’homme, comme devant appartenir à sa position dans la gloire, de tout ce que Dieu devait donner à l'homme selon ces conseils (voyez Dan. VII, 13-14 et Ps. VIII, 5-6 : LXXX, 17). Mais pour être héritier de ce que Dieu destinait à l’homme, Christ devait être homme. Le Fils de l’homme était vraiment de la race de l'homme, précieuse et consolante vérité! Né d’une femme, Il était réellement et véritablement un homme, participant au sang et à la chair, fait semblable à ses frères, à part le péché. Dans ce caractère Il a dû souffrir et être rejeté ; Il a dû mourir et ressusciter pour hériter toutes choses,

pour les posséder dans un état absolument nouveau, l'état d’un homme ressuscité et glorifié ; car l’héritage était souillé, l'homme en rébellion contre Dieu, et les cohéritiers de Christ aussi coupables que les autres. Jésus donc devait être le serviteur par excellence, le grand prophète, fils de David, et Fils de l’homme ; par conséquent vrai homme sur la terre, né d’une femme, né sous la loi, de la postérité de David, héritier des droits de la famille de David, héritier des destinées de l’homme selon l'intention et les conseils de Dieu. Pour cela, il fallait qu'Il glorifiât Dieu selon la position dans laquelle se trouvait l’homme qui avait failli à sa responsabilité, qu’Il satisfît à cette responsabilité en y glorifiant Dieu, et qu’Il rendît, durant sa vie ici-bas, le témoignage d’un prophète, «du témoin fidèle». Qui pouvait réunir dans sa personne tous ces caractères? Cette gloire était-elle seulement une gloire officielle dont l’Ancien Testament avait annoncé qu’un homme devait hé- : riter ? L'état de l'homme, manifesté sous la loi, démontrait l'impossibilité de le faire participer, tel qu'il était, à la bénédiction de Dieu. Le rejet du Christ y ajoutait la dernière preuve. En effet, l'homme avait besoin pardessus tout d’être réconcilié avec Dieu, en dehors de toute économie et du gouvernement spécial d’un peuple sur la terre. L'homme était pécheur ; une rédemption était nécessaire pour la gloire de Dieu et le salut des hommes. Mais qui pouvait l’'accomplir ? L'homme en avait besoin pour lui-même ; un ange devait garder sa place, la remplir, et ne pouvait faire davantage ; autrement il n'eût pas été un ange. Qui donc d’entre les hommes pouvait être héritier de toutes choses, et avoir toutes les œuvres de Dieu placées sous sa domination,

selon la parole ? C'était le Fils de Dieu qui seul devait

‘les hériter ; c'était Celui qui les avait créées qui devait

les posséder. Celui donc qui devait être le serviteur, fils de David, Fils de l’homme, rédempteur, était le Fils de Dieu, le Dieu créateur.

À ces différents caractères de Christ se lie non seulement le caractère particulier de chacun des Évangiles, mais aussi la différence qui existe entre les trois premiers et celui de Jean. Ceux-là montrent Christ présenté à l’homme, afin que l’homme le reçoive, et son rejet par l’homme ; Jean, au contraire, prend dans ce rejet le point de départ de son évangile, et présente la

nature divine manifestée dans une Personne, en pré-

sence de laquelle l’homme et le Juif se sont trouvés et qu’ils ont rejetée : « Il était dans le monde, et le monde fut fait par Lui, et le monde ne l’a pas connu... ». Mais revenons un peu en arrière. MATTHIEU montre l’accomplissement de la promesse et de la prophétie. Nous voyons, dans son évangile, Emmanuel au milieu des Juifs, et rejeté par eux ; ils heurtent ainsi contre la pierre d’achoppement. Puis Christ est présenté comme un semeur de la parole: car il était inutile de chercher du fruit. Viennent ensuite l'Église et le royaume, substitués à Israël qui aurait été béni selon des promesses, mais qui les a refusées en rejetant la personne de Jésus. Toutefois, quand ils recevront le Seigneur après. le jugement, les Juifs seront reconnus comme objets de miséricorde. L’ascension n'est pas mentionnée dans Matthieu ; c’est sans doute pour cette raison que ce n'est pas Jérusalem, mais la Galilée, qui est la scène de l’entrevue du Seigneur avec ses disciples äprès la résurrection. Jésus est avec les pauvres du

troupeau qui ont écouté la parole du Seigneur, dans ce lieu où la lumière s’est levée sur le peuple assis dans les ténèbres. La mission de baptiser part aussi de là, et s’applique aux nations. MARC place devant nous le serviteur-prophète, Fils de Dieu. LUC nous présente le Fils de l’homme ; les deux premiers chapitres nous offrent un délicieux tableau du résidu d'Israël. JEAN, comme nous l'avons dit plus haut, nous fait connaître la personne divine et incarnée du Seigneur, fondement de toute bénédiction, et une œuvre de propitiation qui est la base même de la condition où le péché ne se trouvera plus, de cieux nouveaux et d'une nouvelle terre uù la justice habite. A la fin de l'Évangile nous avons ia promesse du Consolateur ; tout cela en contraste avec le judaïsme. Au lieu de faire remonter le Seigneur à Abraham et à David, souches de promesse, ou à Adam, comme Fils de l’homme qui apporte la bénédiction à l’homme, ou bien au lieu de nous raconter son ministère actif comme le grand Prophète qui devait venir, Jean nous montre dans le monde une Personne divine, le Verbe fait chair.

Paul et Jean nous font connaître que nous sommes dans une position entièrement nouvelle en Christ ; mais le grand objet de Jean est de nous révéler le Père dans le Fils, et ainsi la vie par le Fils en nous, tandis que les écrits de Paul nous montrent le chrétien présenté à Dieu en Christ et nous révèlent ses conseils de grâce. À ne considérer que les épîtres, Paul seul parle de l'Église, sauf que Pierre (1 Pierre If) mentionne l'édification de pierres vivantes pour former un édifice non encore achevé; mais Paul seul parle de l’Église comme < corps » de Christ.

Les ACTES racontent l'établissement de l’Église par le Saint Esprit venu du ciel, ensuite les travaux des apôtres à Jérusalem ou en Palestine, et ceux d’autres ouvriers du Seigneur. Ils nous disent spécialement l’œuvre de Pierre, puis celle de Paul, et se terminent par le récit du rejet de l’évangile de Paul par les Juifs de la dispersion. |

Exposer même sommairement le contenu des épitres nous conduirait trop loin: bornons-nous à dire quelques mots de leur ordre chronologique, faisant seulement remarquer qu'elles développent l'efficacité de l’œuvre de Christ et l'amour du Père révélé en lui.

Il faut placer au premier rang celles dont la date est certaine : la 1° et la 2 aux THESSALONICIENS, la 1° et la 2 aux CORINTHIENS, l’épître aux RO- MAINS, celles aux ÉPHÉSIENS, aux COLOSSIENS, aux PHILIPPIENS, à PHILÉMON, ces quatre dernières écrites durant la captivité de Paul. L'épître aux GALATES fut écrite de 14 à 20 ans après l’appel de l’apôtre, et après qu'il eut travaillé quelque temps dans l’Asie-Mineure, peut-être lors de son séjour à Éphèse, en tous cas peu de temps après la fondation des assemblées de la Galatie. La 1° à TIMOTHÉE fut écrite à l’occasion du départ de l’apôtre d'Éphèse; l’époque exacte n’en peut être fixée ; la 2%® prend place à la fin de la vie de Paul quand il était près de souffrir le martyre. L’épître à TITE se rattache à un voyage de Paul en Crète, sans que nous sachions quand ce voyage s’est effectué (on a pensé que ce pourrait être à l’époque du séjour de l’apôtre à Éphèse) ; moralement elle est synchronique de la 1° à Timothée, l'intention de Dieu n'ayant pas été de nous donner des dates chronologi-

ques. La sagesse divine ne l'a pas voulu, mais l’ordre moral est très clair ; on le voit dans la manière dont la 90e épître à Timothée se rattache à la ruine de la maison de Dieu dont la 1"° établissait l’ordre. |

L'épitre aux HÉBREUX fut écrite à une époque relativement tardive, en vue du jugement qui allait tomber sur Jérusalem : elle appelait les Juifs chrétiens à se séparer de ce que Dieu était sur le point de juger.

L'épître de JACQUES se rapporte à l’époque où cette séparation n’avait eu lieu en aucune manière : des chrétiens juifs y sont envisagés comme faisant encore partie de l’Israël qui n’était pas définitivement rejeté ; ils reconnaissent seulement Jésus comme le Seigneur de gloire. De même que d’autres épîtres catholiques, celle de Jacques fut écrite aux derniers jours de l’histoire apostolique, alors que le christianisme avait trouvé une large entrée au milieu des tribus d'Israël, et que le jugement allait clore leur histoire. Celles de Jean furent écrites plus tard encore.

La 1'° épître de PIERRE nous fait voir que l’ rs gile s'était déjà beaucoup répandu parmi les Juifs ; elle est adressée aux chrétiens juifs de la dispersion. La seconde épître est postérieure, cela va sans dire, et appartient à la fin de la carrière de l’apôtre, quand le : temps de déposer sa tente et de quitter ses frères approchait. Il ne voulait pas les laisser sans les avertissements que les soins apostoliques ne leur fourniraient bientôt plus ; c’est pourquoi, de même que l’épître de . Jude, cette seconde épître de Pierre voit ceux qui avaient renié la foi abandonnant le sentier de la piété, et des moqueurs s’élevant contre le témoignage de la . venue du Seigneur.

: Dans la 1° épître de JEAN, selon le témoignage de -cet apôtre lui-même, nous sommes à «la dernière heure»: des apostats étaient déjà manifestés, des apostats de la vérité du christianisme, niant le Père et le Fils, et y joignant l’incrédulité juive, pour nier que Jésus fût le Christ. |

L’épître de JUDE vient moralement avant celle de Jean. Elle nous montre de faux frères qui s'étaient glissés furtivement au milieu des saints, et nous conduit jusqu’à la révolte finale et au jugement. Elle diffère

. de la 27° épître de Pierre en ce qu’elle n’envisage pas Je mal comme une simple iniquité, mais comme un abandon du premier état. -

L’'APOCALYPSE complète le tableau en montrant Christ comme juge au milieu des églises représentées par les lampes d’or. La première église, ayant abandonné son premier amour, est avertie qu’à moins qu'elle ne se repente et ne retourne à son premier état, sa lampe serait ôtée. Le jugement final de l’Église se trouve dant Thyatire et dans Laodicée. Ce livre montre ensuite le jugement du monde et le retour du Seigneur, le royaume et la cité céleste, et enfin l’état éternel.

Le caractère général d’apostasie et de chute qui se retrouve dans tous les derniers livres du Nouveau Testament, depuis l’épître aux Hébreux jusqu’à l’Apocalypse, est bien remarquable. Les épîtres de Paul, sauf la 2e à Timothée, qui fournit les directions individuelles pour la marche au milieu de la ruine, tout en annonçant à l'avance cet état de choses, nous présentent le travail et les soins du sage architecte. L'intérêt de leurs dates se rattache à l’histoire des Actes ; mais l'épître aux Hébreux, les épîtres catholiques. et l’Apocalypse

nous montrent toutes le déclin déjà arrivé (la 1"° épître de Pierre, qui porte le moins ce cachet, nous dit cependant que le temps était venu pour que le jugement commençât par la maison de Dieu) ; elles nous font voir par conséquent le jugement de l’église professante, ensuite, prophétiquement, celui du monde révolté contre Dieu. Ce caractère final des épîtres catholiques a quelque chose de frappant et d’instructif.

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