LIVRE I. — BUT ET fondement de LA SCIENCE DE L'HIS- TOIRE
Chap. I. — Définition de la Science de l'Histoire. — Signification vulgaire du mot science. — Acception philosophique. — La science doit <tre définie par le but. — Le bai de la science est de prévoir. — Démonstra-
lion que tel est, en effet, le bat réel et que telle est la cause constante des progrès de la science. — Cette déânition est adoptée dans les sciences positÎTes.— Application de ce mode de définition h la science de Thistoire. — Justification de cette proposition : le but de la science est de prévoir l'avenir social de l'espèce humaine dans l'ordre de sa libre activité 53
ChaP. II.— Réponse à cette question : la science de l'histoire
est-elle possible? — La question revient k savoir s'il est possible de connaître l'avenir en ce qui comcerne l'espèce humaine. — La démonstration de cette possibilité se déduit rationnellement des causes des monvemens propres aux sociétés. — Deux espèces de mouvement. — Mouvement de l'ordre fatal ou nécessaire. — Mouvement de l'ordre libre. — L'un et l'autre donnent lien ë un mode particulier de prévoyance. — Donc la science de l'histoire est possible.
Ghap. III. — Principes de la science de l'histoire. — La science
de l'histoire repose sur deux idées : celle d'humanité et celle de progrès.. 73
CHAP. IY. — De l'humanité. — Par humanité, on entend que l'espèce humaine toute entière forme une société ayant les mêmes devoirs et une même responsabilité. — Les preuves de cette vérité sont les suivantes. — L'e»- .pèce humaine est fonction de l'ordre universel, d'où il suit qa*eUe a un même devoir. — ■ L'individu tire sont but d'activité de la nation à laquelle il appartient ; la nation tire son but d'activité d'une fonctic» -qu'elle accomplit vis-ivis des autres nations ou de l'espèce humaine toute entière, d'où il soit que toutes les parties de l'humanité, k quelque temps ou k quelque lieu qu'elles appartiennent, sont en communication 75
CHAP. y. — Du progrès. Histoire de TldeV.— Les anciens n'avaient aucune idée du progrès. — Selon eux, l'espèce humame ^tournait dans un cercle toujours le même. — L'idée progrès est d'origine chrétienne. — Elle a commencée à acquérir une certaine précision dans le seiiième siècle. — Doctrine de Bacon sur le progrès. — Avant cette époque, elle n'avait pas encore été appliquée à l'histoire. — Les doctrines de Machiavel sur l'histoire sont conformes k celles des anciens. — Vico, quoique postérieur k Bacon, est encore fidèle k la
1»* philosophie grecque. — Boulanger est le premier auteur d'an ^tème de progression appliqué k l'esqplication des faits historiques. — Turgot conçoit le plan d'une hbtoire universelle du point de vue du progrès. — Doctrine de Gondorcet, sur le même sujet. — Doctrine de Kant. — Doctrine de H. SaintrSimon.
Chap. VI. — Définition de t idée progrès. — importance de cette
définition. — Définition du mot. — Dffînition de l'idée. — Exemple tiré des mathématiques. — Propriétés de la progression. — Séries croissantes. — Séries décroissantes ou rétrogrades. — Concordance des deux séries vers une même
DES MATIERBS. 499
rëraltanle. — Différences entre la série des mathématiciens et la série humaine. — Dissimilitudes et analogies. -^ Le but^ dans la série humaine , accomplit la même fonction que la raison dans la série arithmétique et géométrique. — Corrollaires logiques et métaphysiques attachés à l'idée progrès. — Ontologie qui en dérive. — Utilité de ces distinctions. Il en résulte que c'est par un abus de langage et contrairement à la logique que le panthéisme a usurpé le mot progrès. — Conditions d'existence et causes du progrès. — De l'activité humaine. — Sujets de l'activité. — But de cette activité. — De l'activité individuelle. — De l'activité sociale. — Sans but, point de progrès. — Dangers des erreurs sur la nature du but. — Tout dépend de l'origine qu'on attribue au but. — Démonstration que l'homme n'est point l'anteur de son but. — Fautes commises en histoire par suite des erreurs commises sur cette question. — Fâcheuses conséquences de cette erreur en morale. — Le but est du nombre des connaissances révélées. — Objection faites an principe du progrès. •— Qu'il est opposé à la doctrine de la chute, qu'il institue une sorte de fatalisme, qu'il est indéfini, etc. — Réponses h ces objections 143
Ghap. VII. — Du progrès dans l'ordre universel. — Signes de
progression dans l'ordre des choses créées étrangères k Tespèce humaine. — Considérations géologiques. — Phénomènes embryogéniques. — Inductions qui résultent de la comparaison de ces ordres de fails. — L'espèce humaine est le fait caractéristique de la période géologique où nous vivons. — Conséquences morales de ce fait. — Il en résulte en outre que le progrès est un fait appartenant k l'ordre universel. — Observations sur l'alliance de cette loi avec la liberté humaine 175